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Actualités - Chronologie

Il y a vingt ans mourait Paul VI, le pape triplomate

Il y a vingt ans, le 6 août, le pape Paul VI mourait à Castelgandolfo, au sud de Rome. Bien qu’âgé de 80 ans et de santé fragile depuis des années, sa mort surprit tout le monde, y compris son médecin qui, ce dimanche, avait laissé seul son patient. Jean-Paul II célébrera aujourd’hui sa messe matinale à la mémoire de son prédécesseur, dont il a repris le nom pontifical de Paul uni à celui de Jean XXIII, pour marquer la continuité avec la politique de ces deux papes s’inspirant du Concile Vatican II convoqué par l’un et clôturé par l’autre. Son procès en béatification a été ouvert il y a cinq ans et, selon des prélats du Vatican, Paul VI pourrait parvenir aux honneurs des autels avant même Jean XXIII et surtout Pie XII, accusé par certains d’être resté silencieux face à l’holocauste. Paul VI est considéré comme l’un des grands protagonistes du XXe siècle. Son pèlerinage à Jérusalem et en Terre Sainte en 1964, marqué par une accolade avec le patriarche orthodoxe de Constantinople, Athenagoras Ier, après presque mille ans de séparation, restera dans l’histoire. Tout comme son appel lancé du siège des Nations Unies en 1965: «Jamais plus la guerre!». Connu pour son habileté diplomatique, on l’appelait le pape «triplomate». Avant de devenir pape en 1963, il avait d’ailleurs enseigné l’histoire de la diplomatie à l’Académie ecclésiastique, qui forme les ambassadeurs de l’Eglise, et avait ensuite passé sa vie aux plus hauts niveaux de responsabilité au Vatican, à côté de Pie XI et de Pie XII. Au cours de son pontificat, il a doublé le nombre des représentations du Saint-Siège dans le monde, qu’il entretenait personnellement avec les sommes d’argent offertes par les fidèles pour ses œuvres. Une seule fois, il a mis de côté son style diplomatique. Ce fut à l’occasion d’un entretien historique au Vatican avec le premier ministre israélien Mme Golda Meir en 1974. Le pape et son hôte n’hésitèrent pas à utiliser un franc parler au sujet des rapports difficiles entre catholiques et juifs dans le passé et surtout pendant la Seconde Guerre mondiale. Bien que ce soit Jean XXIII que les Américains avaient surnommé «Johnny Walker» (Jean le marcheur) à cause de ses premières sorties du Vatican et de sa faiblesse pour quelques rares verres de whisky, ce fut Paul VI le premier pape à être vu à bord d’un avion et qui a consacré une partie de son pontificat à de grands voyages intercontinentaux. Il a été en Inde, au Portugal, en Turquie, en Colombie, en Suisse, en Ouganda, en Iran, au Pakistan, aux Philippines, à Samoa, en Australie, en Indonésie, à Hong Kong et au Sri Lanka. Jean-Paul II s’est inspiré de son prédécesseur pour faire de ses visites pastorales dans le monde entier la caractéristique de son pontificat. Considéré comme un homme tourmenté et en proie au doute, qui se remettait en question et souffrait énormément avant de prendre une décision, Paul VI a été en 1968 l’auteur de l’encyclique «Humanae vitae», qui condamne définitivement toute forme de contraception chimique ou mécanique, en dépit de l’avis de la majorité d’une commission de cardinaux, prélats et experts. Les catholiques de gauche qui l’avaient acclamé comme leur porte-parole quand il avait été élu pape, l’ont ensuite violemment contesté notamment pour cette décision. Les Italiens ne sont pas prêts d’oublier ses tentatives désespérées pour sauver son ami Aldo Moro, président de la Démocratie chrétienne enlevé par les Brigades rouges. (AFP-Reuters)
Il y a vingt ans, le 6 août, le pape Paul VI mourait à Castelgandolfo, au sud de Rome. Bien qu’âgé de 80 ans et de santé fragile depuis des années, sa mort surprit tout le monde, y compris son médecin qui, ce dimanche, avait laissé seul son patient. Jean-Paul II célébrera aujourd’hui sa messe matinale à la mémoire de son prédécesseur, dont il a repris le nom pontifical de Paul uni à celui de Jean XXIII, pour marquer la continuité avec la politique de ces deux papes s’inspirant du Concile Vatican II convoqué par l’un et clôturé par l’autre. Son procès en béatification a été ouvert il y a cinq ans et, selon des prélats du Vatican, Paul VI pourrait parvenir aux honneurs des autels avant même Jean XXIII et surtout Pie XII, accusé par certains d’être resté silencieux face à l’holocauste. Paul VI est...