Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Le maintien des sanctions derrière l'échec du dialogue Irak-ONU

De plus, l’Irak a le sentiment que les Etats-Unis auront beaucoup de mal cette fois-ci à exercer des représailles militaires, ont-il précisé. Le chef de la Commission spéciale de l’ONU pour le désarmement de l’Irak (UNSCOM), Richard Butler, a écourté sa mission à Bagdad en raison de l’échec de ses pourparlers avec les responsables irakiens, car selon l’UNSCOM, le vice-premier ministre irakien Tarek Aziz a demandé à M. Butler d’informer le Conseil de Sécurité que l’Irak était désarmé, à quoi le chef de l’UNSCOM a répondu qu’il ne pouvait pas encore le faire. Il s’agit de la crise la plus grave depuis l’accord du 23 février entre l’Irak et le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, par lequel l’Irak s’était engagé à coopérer avec l’UNSCOM en contrepartie d’une accélération du travail de la commission spéciale. «Je pense que l’accord de février a laissé croire à l’Irak que c’était le début de la fin des sanctions et que sa coopération dans les mois à venir pourrait mener à la levée de l’embargo pétrolier», a estimé Rosemary Hollis, spécialiste du Proche-Orient au Royal Institute of International Affairs, à Londres. «Les Irakiens pensaient que s’ils faisaient preuve de coopération, l’UNSCOM déciderait rapidement de clore les dossiers du désarmement. Mais ils ont dû comprendre qu’ils avaient peu de chance de l’obtenir»; a-t-elle ajouté. L’embargo pétrolier ne peut en effet être levé que si l’UNSCOM certifie que l’Irak ne possède plus d’armes de destruction massive. Lors de sa dernière visite à Bagdad le 14 juin, le chef de l’UNSCOM avait exprimé l’espoir de présenter en octobre au Conseil de Sécurité un rapport favorable qui permettrait la levée de l’embargo pétrolier. Mais dix jours plus tard, M. Butler informait le Conseil de Sécurité que l’Irak avait, avant la guerre du Golfe en 1991, rempli des ogives de missiles de gaz neurotoxique VX. Et la Russie a échoué la semaine dernière à convaincre le Conseil de Sécurité de clore le dossier nucléaire. Calculs «Les Irakiens espéraient après l’accord de février que l’embargo pétrolier serait levé en octobre, mais il semble qu’il ne le sera pas après les révélations de M. Butler», a estimé Neil Partrick, expert du Proche-Orient au Royal United Services Institute, un autre centre de recherche britannique. Le coup d’éclat des Irakiens avec le chef de l’UNSCOM «est leur réaction», a-t-il ajouté. De plus, a-t-il souligné, «l’accord de février a mis en évidence que les Etats de la région (du Proche-Orient) et en Europe ne soutenaient pas une action militaire (américaine), et les Irakiens ont dû calculer qu’il serait encore plus difficile actuellement d’obtenir un soutien à une intervention militaire». Une analyse partagée par Mme Hollis: «Les Irakiens sont assez sûrs d’eux-mêmes et estiment que les Etats-Unis ont été poussés au bord du précipice la dernière fois. De plus, l’opinion publique internationale commence à changer», en faveur de l’Irak, a-t-elle noté. Mais les experts se sont accordés à souligner que les crises entre l’Irak et l’UNSCOM étaient récurrentes, indépendamment des derniers événements. «Tous les quelques mois depuis que les inspections ont commencé, l’Irak a soulevé des problèmes, par exemple au sujet de la composition des équipes d’inspection ou l’inspection des sites présidentiels, dans une tentative de cacher ses programmes d’armements, surtout à chaque fois que les inspecteurs étaient près de découvrir quelque chose», a estimé M. Partrick. «Le régime irakien veut réaliser en même temps deux objectifs contradictoires: obtenir la levée de l’embargo et conserver ses armes de destruction massive», a expliqué pour sa part un responsable de l’opposition irakienne, Mohammad Abdel Jabbar. «C’est pour cela qu’il cherche à gagner du temps en provoquant des crises avec l’UNSCOM. C’est une manœuvre qui dure depuis des années», a-t-il ajouté. (AFP - Reuters)
De plus, l’Irak a le sentiment que les Etats-Unis auront beaucoup de mal cette fois-ci à exercer des représailles militaires, ont-il précisé. Le chef de la Commission spéciale de l’ONU pour le désarmement de l’Irak (UNSCOM), Richard Butler, a écourté sa mission à Bagdad en raison de l’échec de ses pourparlers avec les responsables irakiens, car selon l’UNSCOM, le vice-premier ministre irakien Tarek Aziz a demandé à M. Butler d’informer le Conseil de Sécurité que l’Irak était désarmé, à quoi le chef de l’UNSCOM a répondu qu’il ne pouvait pas encore le faire. Il s’agit de la crise la plus grave depuis l’accord du 23 février entre l’Irak et le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, par lequel l’Irak s’était engagé à coopérer avec l’UNSCOM en contrepartie d’une accélération du...