La panique créée par la guerre dans l’Est et le Sud-Ouest de la République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre) à la suite de la rébellion des soldats banyamulenge, a provoqué une hausse des prix des produits de première nécessité à Kinshasa. Les provinces du Nord et du Sud-Kivu dans l’Est ainsi que celle du Bas-Congo au Sud-Ouest, pourvoyeuses de produits alimentaires, sont coupées de la capitale. Goma, chef-lieu du Nord-Kivu et Bukavu, du Sud-Kivu, sont sous contrôle des Banyamulenge, Tutsis congolais d’origine rwandaise, ainsi que le port de Banana dans le Bas-Congo. Le trafic aérien entre la capitale et le Kivu est arrêté tandis que la chute de l’important port côtier de Banana a entraîné l’interruption de l’approvisionnement de Kinshasa à partir de la côte. Le trafic ferroviaire entre la capitale et Matadi, chef-lieu du Bas-Congo frontalier de l’Angola et du Congo-Brazzaville, n’a par contre pas été interrompu. Mais son volume a considérablement baissé à cause de la suspension des relations entre Banana, port de transit et celui de Matadi, d’où sont chargés dans des wagons des produits destinés à la capitale. Pour le moment, aucune pénurie alimentaire n’a été signalée dans la capitale. Selon le ministère congolais de l’Economie, Kinshasa dispose de trois mois de réserves alimentaires. Toutefois, mus par l’appât du gain, des «grossistes» ont commencé à stocker leurs produits pour créer plus tard la rareté et se livrer alors à la spéculation. D’où, déjà, une hausse du prix des produits. Ainsi la boîte de tomate qui coûtait 25 francs congolais (1,4 franc congolais équivaut à 1 dollar) avant le soulèvement des Ban-yamulenge est passé à 30 francs congolais. Les prix d’autres produits comme le haricot, l’oignon, la pomme de terre, le choux et la farine de blé sont passés du simple au double. Cette augmentation des prix s’est accompagnée de la hausse du taux de dollar par rapport au franc congolais. Commerçants véreux Officiellement, le dollar s’échange contre 1,08 franc congolais. Lundi matin, la parité s’établissait à un dollar pour 1,45 franc congolais. Face à la dépréciation du franc congolais, plusieurs commerçants ont fermé leurs boutiques lundi matin. «Nous avons été amenés à baisser pavillon parce que nous ne savons pas faire des prix. Nous ignorons ce qui est à la base de cette brusque montée de la devise américaine», a expliqué Karim, commerçant de nationalité libanaise responsable d’une alimentation. Michel, gérant d’une chambre froide, accuse les «commerçants véreux» d’être à la base de la hausse des prix des produits de première nécessité. «Certes, si la situation de guerre perdure, nous allons connaître assurément une rupture de stock. Mais nous n’en sommes pas encore là», ajoute Michel, qui souligne que la fermeture du port en eau profonde de Banana risque d’exacerber les craintes, déjà réelles, des opérateurs économiques. (AFP - Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La panique créée par la guerre dans l’Est et le Sud-Ouest de la République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre) à la suite de la rébellion des soldats banyamulenge, a provoqué une hausse des prix des produits de première nécessité à Kinshasa. Les provinces du Nord et du Sud-Kivu dans l’Est ainsi que celle du Bas-Congo au Sud-Ouest, pourvoyeuses de produits alimentaires, sont coupées de la capitale. Goma, chef-lieu du Nord-Kivu et Bukavu, du Sud-Kivu, sont sous contrôle des Banyamulenge, Tutsis congolais d’origine rwandaise, ainsi que le port de Banana dans le Bas-Congo. Le trafic aérien entre la capitale et le Kivu est arrêté tandis que la chute de l’important port côtier de Banana a entraîné l’interruption de l’approvisionnement de Kinshasa à partir de la côte. Le trafic ferroviaire entre la capitale...