Le Kivu, région située dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre), est une base privilégiée des groupes armés des pays de la région en lutte ouverte contre leurs gouvernements respectifs. Parmi ces groupes, figurent les combattants Maï-Maï issus de différentes entités ethniques autochtones du Nord et du Sud-Kivu. Leurs cibles sont le régime de Laurent-Désiré Kabila et les Banyamulenges, tutsis congolais d’origine rwandaise, qu’ils considèrent comme des envahisseurs dans le Kivu. Les Banyamulenges, installés dans le Sud-Kivu (est de la RDC), sont depuis plus de 30 ans en conflit larvé avec les autres groupes ethniques de la région. Leur nombre est estimé de 250.000 à 400.000. En mettant fin le 27 juillet «à la présence de militaires étrangers» en RDC, le président Laurent-Désiré Kabila a officialisé sa rupture avec ses alliés militaires rawandais et ougandais, provoquant l’inquiétude des Banyamulenges. Alliés de Kabila au début de la rébellion qui l’a conduit au pouvoir en mai 1997, les Maï-Maï ont pris au fil du temps leur distance vis-à-vis du nouveau régime de Kinshasa pour protester contre la présence et la prédominance des Banyamulenges dans l’administration locale. Retranchés dans les collines du Sud-Kivu, ces combattants mènent des incursions aussi bien contre les troupes gouvernementales que contre les Banyamulenges. Après sa victoire militaire sur les troupes du maréchal Mobutu Sese Seko, Laurent-Désiré Kabila a tenté de mettre fin aux activités des Maï-Maï en recrutant plus de 3.000 d’entre eux dans l’armée. Ces jeunes ont été envoyés en formation militaire dans le camp de Kapalata dans la province orientale (est), où, à la suite d’une épidémie de choléra, le camp a été fermé. Plusieurs autres tentatives de rapprochement ont été amorcées, qui ont toutes échoué puisque les Maï-Maï ont refusé l’appel des autorités à déposer les armes. Malgré la présence dans le Kivu de plusieurs milliers d’hommes, pour la plupart des soldats des anciennes Forces armées zaïroises (ex-FAZ), l’armée congolaise n’est pas encore parvenue à venir à bout des Maï-Maï. Dans leurs activités, les combattants Maï-Maï sont soutenus par les soldats des ex-Forces armées rwandaises (ex-FAR) de l’ancien président Juvenal Habyarimana et des milices extrémistes hutus Interhamwe et des rebelles ougandais qui luttent contre le régime du président Yoweri Museveni. Les ex-FAR et les milices Interhamwe se servent aussi du territoire congolais pour mener des opérations contre l’armée rwandaise dominée par la minorité tutsie qui avait aidé Kabila à s’emparer du pouvoir. Ces derniers mois, la rébellion rwandaise a tué plusieurs personnes au Rwanda. De leur côté, les rebelles ougandais très actifs dans le nord-ouest de l’Ouganda frontalier avec la RDC, bénéficient de l’appui des communautés ethniques qui vivent de part et d’autre de la frontière entre la RDC et l’Ouganda. Au début de 1998, le gouvernement ougandais et celui de la RDC ont mis en œuvre une stratégie commune pour anéantir les groupes armés, sans y parvenir. (AFP)
Le Kivu, région située dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre), est une base privilégiée des groupes armés des pays de la région en lutte ouverte contre leurs gouvernements respectifs. Parmi ces groupes, figurent les combattants Maï-Maï issus de différentes entités ethniques autochtones du Nord et du Sud-Kivu. Leurs cibles sont le régime de Laurent-Désiré Kabila et les Banyamulenges, tutsis congolais d’origine rwandaise, qu’ils considèrent comme des envahisseurs dans le Kivu. Les Banyamulenges, installés dans le Sud-Kivu (est de la RDC), sont depuis plus de 30 ans en conflit larvé avec les autres groupes ethniques de la région. Leur nombre est estimé de 250.000 à 400.000. En mettant fin le 27 juillet «à la présence de militaires étrangers» en RDC, le président Laurent-Désiré...
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