Les Banyamulences , pasteurs tutsis devenus combattants
le 05 août 1998 à 00h00
Les Banyamulenges, Tutsis d’origine rwandaise installés dans le Sud-Kivu (est de la RDC), sont depuis plus de 30 ans en conflit larvé avec les autres groupes ethniques de la région, la tension actuelle révélant une aggravation de la situation politique. A l’origine pasteurs, les Banyamulenges se sont installés dans le Sud-Kivu à la fin du XVIIIe siècle, cependant que s’installaient dans le Nord-Kivu d’autres pasteurs tutsis rwandais, notamment dans la région du Masisi, au nord de Goma. Actuellement, le nombre de ces Tutsis, qui parlent le kinyarwanda (la langue du Rwanda) et restent très liés au régime de Kigali, est estimé entre 250.000 et 400.000 dans le Sud-Kivu. La paix relative dans laquelle vivaient ces pasteurs est rompue en 1964, lorsque la tribu Mulele du Sud-Kivu entre dans une rébellion de type communiste, préconisant le partage des terres et des troupeaux. Les Banyamulenges, inquiétés dans leurs possessions, prêtent alors main-forte à l’armée zaïroise pour mater cette rébellion. Ils deviennent des combattants. En 1981, le Parlement de Kinshasa adopte une nouvelle législation sur la nationalité. La loi de 1972 est annulée, qui accordait la nationalité zaïroise à tous les habitants installés dans le Kivu avant le 1er janvier 1950. Les papiers zaïrois ne sont plus accordés que sur une base individuelle et selon des critères fluctuants. Les Banyamulenges, de fait, deviennent apatrides. La tension s’exacerbe en 1993, avec l’assassinat du président hutu burundais, Melchior Ndadaye. L’attentat provoque des massacres au Burundi et l’arrivée dans la région de nombreux réfugiés hutus, qui se rangent aux côtés de la population locale zaïroise, contre les Banyamulenges. L’équilibre, déjà très précaire, est définitivement rompu avec l’arrivée massive, en 1994, de réfugiés hutus rwandais. Ils fuient la victoire à Kigali du Front patriotique rwandais (FPR, dominé par la minorité tutsie), qui a mis un terme au génocide rwandais, au cours duquel entre 500.000 et 800.000 Tutsis et Hutus modérés ont été massacrés. Parmi ces réfugiés se trouvent des acteurs et des organisateurs des tueries. (AFP)
Les Banyamulenges, Tutsis d’origine rwandaise installés dans le Sud-Kivu (est de la RDC), sont depuis plus de 30 ans en conflit larvé avec les autres groupes ethniques de la région, la tension actuelle révélant une aggravation de la situation politique. A l’origine pasteurs, les Banyamulenges se sont installés dans le Sud-Kivu à la fin du XVIIIe siècle, cependant que s’installaient dans le Nord-Kivu d’autres pasteurs tutsis rwandais, notamment dans la région du Masisi, au nord de Goma. Actuellement, le nombre de ces Tutsis, qui parlent le kinyarwanda (la langue du Rwanda) et restent très liés au régime de Kigali, est estimé entre 250.000 et 400.000 dans le Sud-Kivu. La paix relative dans laquelle vivaient ces pasteurs est rompue en 1964, lorsque la tribu Mulele du Sud-Kivu entre dans une rébellion de type...
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