Un ancien agent secret britannique, arrêté à Paris en fin de semaine, a été incarcéré hier à la prison parisienne de la Santé en attendant que la justice statue sur la demande d’extradition des autorités britanniques. David Shayler, 32 ans, avait été arrêté dans un hôtel parisien, dans le cadre d’une demande d’entraide judiciaire, portant sur une arrestation provisoire en vue d’une extradition. Le ministère de l’Intérieur britannique avait indiqué que l’extradition de l’agent serait «demandée pour permettre son jugement en Grande-Bretagne pour violations de l’Official Secrets Act» (la loi protégeant les secrets d’Etat). Après quelques heures de garde à vue dans les locaux de la DST (contre-espionnage français), M. Shayler a été transféré au dépôt du palais de justice de Paris. Il a été présenté hier après-midi devant un magistrat du Parquet général qui l’a soumis à un interrogatoire d’identité avant de lui notifier la demande d’arrestation provisoire en vue d’une extradition dont il fait l’objet. David Shayler était assisté par un avocat commis d’office, a-t-on indiqué de source judiciaire. L’affaire de David Shayler a été directement traitée dans un premier temps par le procureur de la République puisqu’il s’agit d’une demande d’arrestation provisoire en vue d’une extradition. L’affaire sera ensuite instruite par le Parquet général devant la Chambre d’accusation de la Cour de cassation (plus haute instance judiciaire française) qui examinera la demande des Britanniques. La Cour a 45 jours pour se prononcer sur le dossier. Dans une interview à la BBC, en août 1997, David Shayler, officier du MI5 pendant cinq ans, avait fustigé l’«inefficacité, la bureaucratie», l’obsession de l’espionnage et les bévues de ses anciens collègues. Il avait notamment affirmé que les services secrets avaient «complètement raté» l’occasion qui s’offrait à eux, au début des années 90, d’«en finir» avec l’Armée républicaine irlandaise (IRA). Il avait également révélé que deux ministres actuels, Peter Mandelson et, comble de l’ironie, le ministre de l’Intérieur, Jack Straw, avaient été fichés dans le passé en raison de leurs sympathies supposées pour les idées communistes ou socialistes. A la suite de ces révélations, le gouvernement avait obtenu de la justice une injonction pour empêcher la presse de publier les informations de M. Shayler, qui avait fui à l’étranger en continuant à distiller des révélations sur ses anciennes activités. Révélations sur Internet Selon le «Sunday Times», Shayler menaçait de publier des détails sur les opérations des services secrets sur Internet en compagnie d’un autre agent rebelle des services secrets britanniques, Richard Tomlinson, condamné à une peine de prison en 1997, pour avoir tenté de publier un livre en Australie sur son expérience au sein du MI6, qui l’avait congédié il y a trois ans. Le «Sunday Times» affirme que les deux hommes envisageaient d’ouvrir un site accessible à tous sur Internet pour dénoncer le manque d’efficacité des services secrets britanniques. Ils auraient notamment expliqué que des attentats de l’IRA auraient pu être déjoués en Irlande du Nord et en Angleterre si les informations avaient circulé plus efficacement au sein du MI5 et dévoilé des opérations des services secrets en Russie et en Bosnie. Le gouvernement de Tony Blair aurait pu être placé dans une situation délicate si les deux hommes avaient continué leurs révélations, comme l’avait été le Cabinet Thatcher, lors de l’affaire «Spycatcher», un livre publié il y a une dizaine d’années par un ancien agent secret britannique dans lequel il avait révélé que le MI5 était infiltré par le KGB. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un ancien agent secret britannique, arrêté à Paris en fin de semaine, a été incarcéré hier à la prison parisienne de la Santé en attendant que la justice statue sur la demande d’extradition des autorités britanniques. David Shayler, 32 ans, avait été arrêté dans un hôtel parisien, dans le cadre d’une demande d’entraide judiciaire, portant sur une arrestation provisoire en vue d’une extradition. Le ministère de l’Intérieur britannique avait indiqué que l’extradition de l’agent serait «demandée pour permettre son jugement en Grande-Bretagne pour violations de l’Official Secrets Act» (la loi protégeant les secrets d’Etat). Après quelques heures de garde à vue dans les locaux de la DST (contre-espionnage français), M. Shayler a été transféré au dépôt du palais de justice de Paris. Il a été...