L’ancien chef du gouvernement espagnol Felipe Gonzalez va endosser la robe d’avocat pour défendre son ancien ministre de l’Intérieur José Barrionuevo dans l’affaire des GAL, alors que les soupçons sur son implication dans ce scandale continuent d’être entretenus par une partie de la classe politique. Selon l’édition dominicale du quotidien «El Pais», M. Gonzalez, licencié en droit par l’université de Séville en 1964, s’est réinscrit au barreau de Madrid où il n’exerçait plus depuis le milieu des années 1970, époque à laquelle il avait abandonné sa profession d’avocat spécialiste du droit du travail pour se consacrer entièrement à la politique. Cette réinscription va permettre à l’ancien président du gouvernement socialiste, au pouvoir de 1982 à 1996, de défendre lui-même son ancien ministre José Barrionuevo et son ex-secrétaire d’Etat à la Sécurité Rafael Vera dans l’affaire des Groupes antiterroristes de libération (GAL). MM. Barrionuevo et Vera ont été condamnés, le 29 juillet, à dix ans de prison chacun par le tribunal suprême espagnol pour avoir, selon les juges, autorisé la première action revendiquée par les GAL: l’enlèvement en 1983 du Français Segundo Marey, confondu avec un membre de l’organisation armée basque ETA et retenu captif pendant dix jours. Spectacle insolite Les GAL ont par la suite été responsables de 28 assassinats dans la mouvance indépendantiste basque, avant de disparaître en 1987. L’incarcération de l’ex-ministre et de l’ex-secrétaire d’Etat, qui clament leur innocence et s’estiment victimes d’une machination politique, est prévue pour le mois de septembre. D’ici là Felipe Gonzalez va, en tant que nouvel avocat des condamnés, présenter un recours devant le Tribunal constitutionnel, puis éventuellement devant la Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg. D’après «El Pais», le recours devant le Tribunal constitutionnel — qui ne devrait pas empêcher la mise en détention de MM. Barrionuevo et Vera — pourrait être examiné en audience publique. Les Espagnols assisteraient dans ce cas au spectacle insolite de leur ancien président du gouvernement, vêtu d’une robe noire, jouant le rôle d’avocat de la défense dans l’affaire des GAL, dans laquelle une partie de la classe politique et des médias le considèrent impliqué. S’il a été formellement mis hors de cause par le Tribunal suprême lors de l’instruction, M. Gonzalez n’en a pas moins été constamment accusé par la droite, par les communistes et par les nationalistes basques d’être le «grand instigateur» des GAL. «Le jugement finira par être annulé et, par conséquent, la vérité finira par éclater d’un point de vue juridique», avait affirmé vendredi l’ancien chef de l’exécutif, en accusant son successeur conservateur José Maria Aznar de baser sa politique «sur la destruction et l’élimination de l’adversaire». D’après «El Pais», M. Gonzalez a été très affecté par la condamnation de deux anciens membres de son gouvernement, qu’il a qualifiés de «grands serviteurs de l’Etat», et a décidé de prendre personnellement en main leur défense pour être à leurs côtés «humainement, politiquement et juridiquement». Outre MM. Barrionuevo et Vera, dix autres accusés ont été condamnés à des peines allant de deux ans et quatre mois à dix ans de prison. La plupart d’entre eux ont affirmé, au cours du procès, que l’ancien ministre de l’Intérieur et l’ancien secrétaire d’Etat étaient impliqués dans les GAL. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’ancien chef du gouvernement espagnol Felipe Gonzalez va endosser la robe d’avocat pour défendre son ancien ministre de l’Intérieur José Barrionuevo dans l’affaire des GAL, alors que les soupçons sur son implication dans ce scandale continuent d’être entretenus par une partie de la classe politique. Selon l’édition dominicale du quotidien «El Pais», M. Gonzalez, licencié en droit par l’université de Séville en 1964, s’est réinscrit au barreau de Madrid où il n’exerçait plus depuis le milieu des années 1970, époque à laquelle il avait abandonné sa profession d’avocat spécialiste du droit du travail pour se consacrer entièrement à la politique. Cette réinscription va permettre à l’ancien président du gouvernement socialiste, au pouvoir de 1982 à 1996, de défendre lui-même son ancien...