Trois études apportent une lumière supplémentaire sur les origines de la vie sur terre, brossant un tableau dans lequel des volcans serviraient de couveuses à des «graines» venues de l’espace. Jeremy Bailey et son équipe de l’Observatoire anglo-australien de Nouvelles Galles du Sud, en Australie, annoncent qu’ils ont découvert de nouveaux éléments prouvant que les acides aminés, composants de bases de la vie, venaient de l’espace. Les chercheurs australiens ont utilisé la chiralité, c’est-à-dire la propriété d’une molécule existant dans deux variétés inverses l’une de l’autre, qu’ils nomment droitière et gauchère. Or, dans presque tous les cas, les acides aminés trouvés sur des organismes vivants n’existent que sous la forme gauchère. Des analyses récentes, réalisées sur une météorite tombée sur la terre en 1969 et baptisée météorite de Murchison, ont montré qu’elle contenait des matières organiques (c’est-à-dire contenant du carbone) pleines d’acides aminés gauchers. Acides aminés transformés en peptides L’équipe de Bailey savait que si une substance contenant autant de molécules droitières que de molécules gauchères est exposée à une lumière polarisée d’une façon circulaire, les molécules deviendront soit presque toutes droitières, soit presque toutes gauchères. Ils ont observé l’espace et trouvé beaucoup de lumière polarisée de façon circulaire dans la constellation d’Orion, plus précisément dans la région dénommée OMC-1, où une étoile est en train de se former. Dans le journal Science», l’équipe de Bailey suggère que ce type de lumière a pu produire des tonnes d’acides aminés gauchers, apportés sur terre par des comètes, des astéroïdes ou des météorites. Cela n’explique cependant pas comment ces acides aminés ont pu se transformer en organismes vivants. A la Technische Universitat de Munich, Claudia Huber et Gunter Wachtershauser ont trouvé un moyen de transformer des acides aminés en peptides, l’étape suivante avant l’apparition de la vie, intermédiaire entre l’acide aminé et la protéine, dont la formation dans les conditions naturelles restait un mystère. Toujours dans le magazine «Science», les deux chercheurs allemands expliquent qu’ils ont chauffé les acides aminés jusqu’à température d’ébullition avec des gaz que l’on trouve dans un volcan, comme de l’hydrogène sulfuré ou du méthanethiol, du sulfure de fer du sulfure de nickel et du monoxyde de carbone, ceci pour imiter les conditions près des cheminées volcaniques extrêmement chaudes du fond des océans. Des peptides se sont formées. Dans une troisième étude, l’équipe d’Itaru Nitta, de l’Université de Tokyo, montre que le monde formé aujourd’hui autour des protéines (notamment l’ADN), peut être le résultat de l’évolution d’un monde plus simple formé autour de l’ARN, dans lequel il n’y avait pas encore de protéines. Les cellules utilisent aujourd’hui l’ARN pour lire le code génétique sur l’ADN et le transformer en protéine. Mais de nombreux scientifiques pensent que l’ARN, constituée de molécules de base appelées nucléotides, a pu exister bien avant les protéines. L’équipe de Nitta a montré que certaines parties d’ARN pouvaient, à elles seules, former une liaison peptide. Une nouvelle étape vers la vie. (Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Trois études apportent une lumière supplémentaire sur les origines de la vie sur terre, brossant un tableau dans lequel des volcans serviraient de couveuses à des «graines» venues de l’espace. Jeremy Bailey et son équipe de l’Observatoire anglo-australien de Nouvelles Galles du Sud, en Australie, annoncent qu’ils ont découvert de nouveaux éléments prouvant que les acides aminés, composants de bases de la vie, venaient de l’espace. Les chercheurs australiens ont utilisé la chiralité, c’est-à-dire la propriété d’une molécule existant dans deux variétés inverses l’une de l’autre, qu’ils nomment droitière et gauchère. Or, dans presque tous les cas, les acides aminés trouvés sur des organismes vivants n’existent que sous la forme gauchère. Des analyses récentes, réalisées sur une météorite...