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Actualités - Chronologie

Israël en proie à ses vieux démons ethniques

Le conflit entre juifs européens et orientaux en Israël, occulté ces dernières années, a rejailli brusquement cette semaine à la suite de propos offensants d’un dirigeant travailliste sur les juifs marocains. L’affaire, qui continuait à faire les manchettes des journaux vendredi, a éclipsé les autres sujets à l’ordre du jour en Israël, en particulier le blocage du processus de paix avec les Palestiniens. Elle a d’ores et déjà porté un sérieux dommage à l’opposition travailliste, à l’heure précisément où elle marquait des points contre le premier ministre de droite Benjamin Netanyahu au Parlement. Le député Ori Orr, un ancien général de 59 ans, a lancé l’affaire mercredi en estimant que l’importante communauté juive marocaine — près d’un demi-million de personnes — était la «plus problématique d’Israël», dans une déclaration au quotidien «Haaretz». M. Orr a été sanctionné vendredi par le groupe parlementaire travailliste. Il ne pourra plus prendre la parole au nom de son parti à la tribune du Parlement et ne pourra plus siéger au sein de la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Parlement, a indiqué le parti. «Les propos d’Ori Orr témoignent indéniablement d’un racisme latent», a déclaré le député Yéhouda Lancry, du parti de centre-droit Guésher. «Mais s’ils ont provoqué un tel tollé, c’est que la société israélienne est hystérique sur tout ce qui touche à son identité collective», a ajouté M. Lancry, un universitaire d’origine marocaine, ancien ambassadeur à Paris. «Les blessures causées par la discrimination qu’ont subie les juifs sépharades (venant des pays d’Orient) à leur arrivée en Israël il y a plus de quarante ans ne se sont pas cicatrisées», note-t-il. Crever l’abcès Selon lui, la politique économique des différents gouvernements a accentué les disparités sociales et «maintenu une discrimination», même si ce n’est pas intentionnel. Les classes pauvres sont toujours peuplées de Sépharades en Israël alors que les Ashkénazes, originaires d’Europe, sont plus nombreux dans les classes supérieures de la société. Toutefois, les différences s’estompent et quelques Sépharades ont pu ces dernières années acquérir des positions-clé dans l’appareil politique, au gouvernement et même à l’état-major de l’armée: aujourd’hui, le ministre de la Défense, le chef d’état-major, le chef des renseignements militaires et le chef de l’armée de l’air sont tous juifs orientaux, relève M. Lancry. Du coup, des Ashkénazes se sentent menacés dans leur traditionnelle position dominante, ce qui est reflété par les propos de M. Orr. Le chef du Parti travailliste Ehud Barak, lui-même Ashkénaze et ancien général, a refusé de contraindre à la démission un homme dont il est proche. «C’est regrettable pour une société démocratique que M. Orr reste député», a déclaré à la radio un autre dirigeant travailliste, le député Shlomo Ben Ami, originaire du Maroc. Le Parti travailliste craint que cette controverse ne lui aliène encore davantage les juifs orientaux, qui constituent la moitié de l’électorat juif et qui votent majoritairement à droite. (AFP)
Le conflit entre juifs européens et orientaux en Israël, occulté ces dernières années, a rejailli brusquement cette semaine à la suite de propos offensants d’un dirigeant travailliste sur les juifs marocains. L’affaire, qui continuait à faire les manchettes des journaux vendredi, a éclipsé les autres sujets à l’ordre du jour en Israël, en particulier le blocage du processus de paix avec les Palestiniens. Elle a d’ores et déjà porté un sérieux dommage à l’opposition travailliste, à l’heure précisément où elle marquait des points contre le premier ministre de droite Benjamin Netanyahu au Parlement. Le député Ori Orr, un ancien général de 59 ans, a lancé l’affaire mercredi en estimant que l’importante communauté juive marocaine — près d’un demi-million de personnes — était la «plus...