La Chambre des représentants a approuvé mercredi une proposition de loi visant à élargir le partenariat économique des Etats-Unis avec l’Afrique à quelques jours de la tournée africaine de Bill Clinton, la première en 20 ans d’un président américain. La loi, qui vise notamment à éliminer la plupart des droits de douane pour les produits africains importés aux Etats-Unis, a été approuvée par 233 voix contre 186 et a bénéficié du soutien de la direction républicaine de la Chambre. Le président de la Chambre des représentants, le républicain Newt Gingrich, a pesé de tout son poids pour l’approbation de la loi, premier pas américain vers une zone de libre-échange avec l’Afrique. «Cette loi est très importante, a-t-il dit, quelques minutes avant le vote, car elle permet de passer de l’aide au commerce et aidera les pays (d’Afrique) à se développer». La loi qui porte le titre de «la loi pour la croissance et l’opportunité en Afrique» veut libéraliser le commerce et dynamiser l’investissement américain sur le marché africain. Le président Bill Clinton a également apporté son soutien à la loi dont il pourra se réclamer lors de sa tournée africaine débutant le 22 mars courant. Il doit se rendre notamment en Afrique du Sud, au Botswana, en Ouganda, au Rwanda, au Sénégal et au Ghana. La loi recommande également l’établissement d’un sommet économique et commercial américano-africain inspiré du modèle de l’APEC (Forum de coopération économique Asie-Pacifique) et, à terme, à la mise en place d’une zone de libre- échange. Les promoteurs de la loi notent que l’Afrique est la seule région du monde avec laquelle il n’existe pas un tel forum de contacts. «Europe, Canada, Amérique du Sud, Mexique, Asie, ce qui manque lorsque nous évoquons le commerce international est un magnifique et riche continent», a relevé un des promoteurs du texte, le représentant démocrate de New York, Charles Rangel. Le représentant républicain de l’Illinois Phil Crane, président de la sous-commission de la Chambre sur le commerce et également un des promoteurs de la loi, a indiqué que «pour la première fois les Etats-Unis proposent de traiter les pays d’Afrique comme des partenaires et non comme des assistés». Entre 600 et 700 millions d’Africains, a-t-il ajouté, ont été jusqu’ici «négligés de manière éhontée». Les partisans du projet de loi notent qu’au cours des dernières années 25 des 48 pays d’Afrique sub-saharienne ont tenu des élections démocratiques et plus de 30 d’entre eux ont institué des réformes vers une économie de marché. Plusieurs ambassadeurs africains en poste à Washington ont apporté leur soutien au projet de loi. Mais le projet de loi avait également des opposants, notamment dans l’industrie textile américaine qui craint une invasion d’importations et veut protéger ses emplois. Les produits textiles africains ne représentent toutefois pour l’instant que 1% du total des importations textile et habillement américaines (46 milliards de dollars). Les échanges entre l’Afrique et les Etats-Unis sont encore maigres. Les importations américaines venant d’Afrique n’ont pesé que 16,4 milliards de dollars en 1997. Quant aux exportations vers les pays d’Afrique, elles ne représentent pour l’instant que 6 milliards de dollars environ, cinq fois moins que celles de l’Union européenne vers le continent noir. La tournée que doit effectuer dans deux semaines en Afrique le président Bill Clinton concrétise le nouvel intérêt des Etats-Unis pour une partie du monde jusqu’ici largement ignorée. M. Clinton sera le premier président américain à se rendre sur le continent africain depuis Jimmy Carter qui se rendit en voyage officiel en 1978 au Liberia et au Nigeria. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Chambre des représentants a approuvé mercredi une proposition de loi visant à élargir le partenariat économique des Etats-Unis avec l’Afrique à quelques jours de la tournée africaine de Bill Clinton, la première en 20 ans d’un président américain. La loi, qui vise notamment à éliminer la plupart des droits de douane pour les produits africains importés aux Etats-Unis, a été approuvée par 233 voix contre 186 et a bénéficié du soutien de la direction républicaine de la Chambre. Le président de la Chambre des représentants, le républicain Newt Gingrich, a pesé de tout son poids pour l’approbation de la loi, premier pas américain vers une zone de libre-échange avec l’Afrique. «Cette loi est très importante, a-t-il dit, quelques minutes avant le vote, car elle permet de passer de l’aide au commerce et...