Les Arméniens auront un choix difficile à faire lors de l’élection présidentielle du 15 mars, en l’absence de vraies différences entre les trois principaux candidats qui se sont tous prononcés notamment en faveur de l’autodétermination du Nargorny-Karabakh, une région séparatiste azerbaïdjanaise peuplée en majorité d’Arméniens. Robert Kotcharian (43 ans), premier ministre et président par intérim, qui avait dirigé l’administration de l’enclave du Karabakh, sécessionniste depuis la guerre de 1988-94, devrait pouvoir compter sur les voix de l’aile nationaliste dure. Ses principaux rivaux, parmi les onze autres en lice, sont Vazguen Manoukian, ancien premier ministre (51 ans) qui avait déjà été candidat à l’élection de 1996, remportée par Levon Ter-Petrossian, et Karen Demirtchian (65 ans) qui avait dirigé le Parti communiste d’Arménie à l’époque soviétique. Robert Kotcharian avait été le fer de lance de l’opposition au président Ter-Petrossian. Ce dernier avait démissionné le 4 février après avoir perdu le soutien du Parlement pour sa politique de concessions, jugées inadmissibles, dans les négociations avec l’Azerbaïdjan. Selon le sociologue Gevorg Pogossian, la société arménienne est aujourd’hui «bien moins polarisée qu’elle ne l’était lors de l’élection de 1996» et beaucoup d’électeurs — sur les 2,2 millions — de cette république caucasienne sont encore indécis. Les élections de 1996 avaient été marquées par la violence lorsque Ter-Petrossian avait fait sortir les chars et les soldats dans les rues d’Erevan pour disperser des manifestations organisées par des partisans de Vazguen Manoukian, qui criaient au truquage du scrutin. Chômage record En matière économique, les programmes de Robert Kotcharian et de Vazguen Manoukian ne diffèrent guère, les deux hommes affirmant vouloir relancer l’industrie en accélérant les privatisations et en réduisant les impôts. Karen Demirtchian, en revanche, souligne la nécessité de combattre la corruption et appelle de ses vœux une libéralisation économique mais sans mesures radicales. Il préconise en outre un renforcement des liens économiques avec la Russie. Il pourrait obtenir les voix des nostalgiques de la stabilité de l’époque soviétique. Un observateur politique, Guevorg Khoubenian, estime cependant qu’il ne faut pas sous-estimer l’influence d’un autre des 12 candidats à la présidence — le leader du Parti communiste Sergueï Badalian. «Il n’a aucune chance d’être élu, mais il peut prendre des voix aux autres candidats», souligne-t-il. Pour devenir président, un candidat devra réunir 50% des voix. Si ce score n’est atteint par aucun des candidats, les deux premiers iront à un second tour 15 jours plus tard. Toujours selon M. Khoubenian, Karen Kotcharian symbolise l’unité de l’Arménie et du Nagorny-Karabakh, qui s’est forgée durant la guerre contre l’Azerbaïdjan. D’autre part Vazguen Manoukian, qui était également opposé aux concessions de Ter-Petrossian, se déclare disposé à poursuivre les négociations de paix sous l’égide de l’OSCE, estimant nécessaire de trouver des compromis avec l’Azerbaïdjan. M. Manoukian est considéré en outre comme un contrepoids pro-occidental à la politique pro-russe suivie par Ter-Petrossian. MM. Kotcharian et Manoukian réclament tous deux des amendements à la Constitution pour réduire le pouvoir du président au profit du Parlement, mais ils n’ont encore fait aucune proposition concrète. Tous les candidats sont unanimes à constater qu’il reste encore beaucoup à faire en Arménie, qui est une des plus pauvres parmi les anciennes républiques soviétiques, avec presque la moitié de la population active au chômage. Privée d’accès à la mer, l’Arménie attend sa part des retombées du boom pétrolier dans la région, ainsi que de la construction d’un oléoduc entre la capitale azerbaïdjanaise Bakou et un terminal sur la côte géorgienne de la mer Noire. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les Arméniens auront un choix difficile à faire lors de l’élection présidentielle du 15 mars, en l’absence de vraies différences entre les trois principaux candidats qui se sont tous prononcés notamment en faveur de l’autodétermination du Nargorny-Karabakh, une région séparatiste azerbaïdjanaise peuplée en majorité d’Arméniens. Robert Kotcharian (43 ans), premier ministre et président par intérim, qui avait dirigé l’administration de l’enclave du Karabakh, sécessionniste depuis la guerre de 1988-94, devrait pouvoir compter sur les voix de l’aile nationaliste dure. Ses principaux rivaux, parmi les onze autres en lice, sont Vazguen Manoukian, ancien premier ministre (51 ans) qui avait déjà été candidat à l’élection de 1996, remportée par Levon Ter-Petrossian, et Karen Demirtchian (65 ans) qui avait...