Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a nommé un haut diplomate indien comme son représentant spécial à Bagdad, en dépit des réserves de Washington, pour tenter d’éviter de futures crises avec l’Irak. M. Prakash Shah, un diplomate chevronné de 58 ans, a été nommé pour une période initiale de six mois pour être le représentant politique de M. Annan dans la capitale irakienne, a annoncé jeudi l’ONU. Dans une lettre au Conseil de Sécurité, le secrétaire général a expliqué que son représentant spécial aura pour tâche d’«améliorer la communication» entre le gouvernement irakien et l’ONU «afin d’éviter que des difficultés se transforment en crise majeure menaçant la paix et la sécurité dans la région». Il devrait établir à la fin du mois son bureau à Bagdad, selon l’ONU. Il a déjà rencontré plusieurs ambassadeurs de pays membres du Conseil de Sécurité. La nomination de M. Shah, un diplomate respecté qui fut notamment ambassadeur de son pays aux Nations Unies de 1995 à août 1997, a suscité des réserves de Washington, ont indiqué des diplomates occidentaux. «L’Inde n’est pas connue pour être critique vis-à-vis de l’Irak», a affirmé l’un d’eux, sous-entendant que le représentant de M. Annan pourrait faire preuve de partialité envers Bagdad. Les Etats-Unis favorisaient la candidature d’un ancien ambassadeur d’Argentine à l’ONU, l’Argentin Emilio Cardenas, selon des diplomates. M. Shah s’était attiré les critiques des Etats-Unis en septembre 1996 quand il avait mené bataille à l’ONU contre le Traité d’interdiction totale des essais nucléaires (CTBT). L’Inde, le Bhoutan et la Libye furent les trois seuls pays à voter contre le traité. A cette occasion, il avait été l’adversaire de l’actuel chef de l’UNSCOM, Richard Butler, alors ambassadeur d’Australie à l’ONU et l’un des principaux artisans du traité. Un élément modérateur Spécialiste du désarmement, M. Shah a aussi été ambassadeur à la Conférence sur le désarmement, à Genève, de 1991 à 1992. Il a également occupé plusieurs postes liés aux affaires pétrolières. M. Annan indique que son représentant «apportera son aide aux différentes activités des Nations Unies dans les domaines du contrôle des armements, humanitaire, économique et social, tout en accordant une attention particulière à toute crise ou problème qui requièrerait une intervention du siège de l’ONU». M. Shah n’aura pas autorité sur l’UNSCOM, mais des membres de la Commission spéciale redoutent néanmoins que le représentant spécial exerce une influence politique sur leur travail. Des diplomates, qui ont connu M. Shah à l’ONU et qui le décrivent comme un homme calme et rigoureux, estiment au contraire que sa nomination sera un élément modérateur «très positif». Par ailleurs, Kofi Annan a transmis aux membres du Conseil de Sécurité les procédures d’inspection des sites présidentiels, énoncées dans un document de sept pages. Elles définissent de manière générale le rôle des diplomates qui accompagneront les inspecteurs de l’UNSCOM dans les sites présidentiels. Le document ne précise ni le nombre des ambassadeurs ni leur nationalité ni la capitale dont ils proviendront. Selon des responsables de l’ONU, M. Annan travaillait encore à en établir la liste et en a discuté avec Richard Butler. Pour des raisons pratiques, l’ONU pourrait choisir des diplomates déjà en poste à Bagdad, mais cela excluerait Américains et Britanniques. M. Annan pourrait ainsi désigner en plus des diplomates en poste dans la région, par exemple à Amman et Bahrein. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a nommé un haut diplomate indien comme son représentant spécial à Bagdad, en dépit des réserves de Washington, pour tenter d’éviter de futures crises avec l’Irak. M. Prakash Shah, un diplomate chevronné de 58 ans, a été nommé pour une période initiale de six mois pour être le représentant politique de M. Annan dans la capitale irakienne, a annoncé jeudi l’ONU. Dans une lettre au Conseil de Sécurité, le secrétaire général a expliqué que son représentant spécial aura pour tâche d’«améliorer la communication» entre le gouvernement irakien et l’ONU «afin d’éviter que des difficultés se transforment en crise majeure menaçant la paix et la sécurité dans la région». Il devrait établir à la fin du mois son bureau à Bagdad, selon l’ONU. Il a...