Encore un récital de piano dont on se souviendra longtemps. Invité par le Kulturzentrum, Jefim Gronwald est de ces pianistes de prestation éblouissante qui présentent de fastueuses partitions ardues requérant du sentiment et une technique infaillible, défi que le jeune virtuose relève avec une déconcertante facilité. Né en 1972 en Russie, Jefim Gronwald a fréquenté l’école de musique «Hanns Eisler» à Berlin. Il a étudié avec Renate Scholer et Georg Sava tout en poursuivant des cours de maîtrise à Vienne, Paris, Salzbourg, Moscou et aux Etats-Unis. Pour son étape beyrouthine, le jeune pianiste a offert aux mélomanes libanais un récital incluant J.S.Bach, Rachmaninoff, Beethoven et Chopin. Premières mesures pleines d’élégance, et empreintes de cette grâce inimitable qui caractérise l’écriture du Cantor avec le concert italien BWV 971. Ouverture à la narration subtile où pointe tout ce mélange de maniérisme et d’humanisme qui marquaient une époque où liberté et religion se partageaient les préoccupations du temps. «Andante» gracile comme une image d’aquarelle et «presto» vivace où les notes s’élancent dans une ronde quasi jubilatoire. De Rachmaninoff, trois «études-tableaux» op.39 alternant agitation et grandes images sonores sereines. Qui mieux que cet ancien élève de Liszt peut nous parler du sang slave qui coule dans les veines de Jefim Gronwald? Narrations impétueuses et mélancoliques à la fois traduisant des états d’âme variés et que le pianiste restitue dans leur bouleversante beauté sonore et une incroyable vélocité dans l’interprétation. Après l’entracte, reprise avec une musique moins «nerveuse», moins moderne, moins portée à ces harmonies nouvelles de l’école russe contemporaine.. Place à la voix péremptoire et véhémente de Beethoven avec la sonate de mineur op.31 No.2 connue sous le nom de «La Tempête», inspirée d’un texte de Shakespeare. Musique resplendissante, d’un éclat particulier, à travers une écriture révélant comme à contre-jour une confidence longtemps retenue. Et comme des flots emprisonnés, elle jaillit avec une force sourde et saisissante. Un premier «largo» annonciateur des grandes tornades, agitées et déferlantes. Mues par une sève bouillonnante sont les premières mesures de cet «allegro» singulièrement tourmenté. Lyrisme plus contenu dans cet «adagio» faussement calme pour reprendre avec l’allégretto les passages emportés qui ont précédé… Tel un feu sous la cendre, les notes vont resurgir en une myriade de gerbes sonores. Vélocité à couper le souffle qui s’amplifie telle une lame de fond, telle la redoutable menace d’un orage qui gronde… Moment d’accalmie et heureuse éclaircie avec la ballade en f mineur No. 4 op. 52 de Chopin qui termine ce concert sur les ailes d’un rêve vaporeux. Evanescentes, liquescentes sont ces images sonores portées par la narration romantique et lyrique du prince du clavier. «Ballade» à travers les dédales des souvenirs et de la nostalgie que les doigts d’un pianiste inspiré égrènent en toute douceur comme un songe qu’on porte déjà sur des paupières lourdes de sommeil… Tout en servant en maître incontesté du clavier des partitions où rigueur classique et effusions romantiques se répondent, Jefim Gronwald a révélé et su imposer les subtiles nuances d’œuvres souvent entendues en leur donnant une dimension et une sonorité nouvelles. * Le pianiste donnera ce même concert à l’Abbaye de Balamand ce soir à 19h.
Encore un récital de piano dont on se souviendra longtemps. Invité par le Kulturzentrum, Jefim Gronwald est de ces pianistes de prestation éblouissante qui présentent de fastueuses partitions ardues requérant du sentiment et une technique infaillible, défi que le jeune virtuose relève avec une déconcertante facilité. Né en 1972 en Russie, Jefim Gronwald a fréquenté l’école de musique «Hanns Eisler» à Berlin. Il a étudié avec Renate Scholer et Georg Sava tout en poursuivant des cours de maîtrise à Vienne, Paris, Salzbourg, Moscou et aux Etats-Unis. Pour son étape beyrouthine, le jeune pianiste a offert aux mélomanes libanais un récital incluant J.S.Bach, Rachmaninoff, Beethoven et Chopin. Premières mesures pleines d’élégance, et empreintes de cette grâce inimitable qui caractérise l’écriture du Cantor...
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