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Actualités - Chronologie

Des collines de Birmanie aux colonies des territoires

Esther Gomès vivait à la frontière indo-birmane. Elle est aujourd’hui installée en Cisjordanie, comme 300 autres Indiens qui se sont convertis au judaïsme orthodoxe pour venir coloniser des territoires palestiniens. Le rabbin israélien Elyahou Avihaïl œuvre depuis des années à faire venir ces membres de la tribu des Shinlung. Ils revendiquent leur judéité qui n’est cependant pas reconnue par les autorités rabbiniques. Le rabbin Avihaïl les prépare à la conversion orthodoxe dans des instituts talmudiques proches des colons. Ceux qui ont immigré sont installés dans des colonies de la bande de Gaza ou en Cisjordanie, notamment à Beit El, au nord de Ramallah. Esther Gomès, 29 ans, a quitté sa ville de Mizoram en 1989. Depuis, sa mère et son frère l’ont rejointe à Beit El, où elle travaille comme jardinière d’enfants. «Mon père, qui était charpentier, nous a élevés dans le judaïsme, et j’ai toujours su que je voulais venir en terre d’Israël», explique-t-elle. Loin du conflit israélo-palestinien, ces Indiens affirment n’être motivés que par la foi. «Nous sommes venus ici parce que c’est la Terre promise», explique Yitzhak Haokip, arrivé ce mois-ci de Manipour avec sa famille, et qui s’est également installé à Beit El. Le rabbin Avihaïl cherche trace des descendants des 10 tribus juives dispersées, selon la tradition, en 722 avant J.-C., et disparues depuis. En 1979, il a «découvert» la tribu des Shinlung — près de deux millions d’âmes — qui prétend descendre de la tribu biblique de Ménashé. Pour le rabbin Avihaïl, l’installation de ces juifs indiens dans les territoires palestiniens est une évidence. «Ils trouvent ici un monde religieux, chaleureux. Il est naturel pour eux de s’installer dans les implantations, ils savent que c’est leur pays», affirme-t-il. L’immigration des juifs en Israël, qui avait fortement augmenté avec l’ouverture des frontières de l’ex-URSS en 1989, a diminué de 7% au total l’an dernier, avec quelque 66.000 personnes. Pour Esther et Yitzhak, comme pour les 5.000 autres Indiens Shinlung qui revendiquent leur appartenance au judaïsme, le rabbin Avihaïl fait figure de «père». Il se rend régulièrement en Inde, offre des livres sur le judaïsme et des vidéos sur la Terre Sainte et tient une correspondance avec les familles. «Grâce à lui, nous avons compris plus de choses sur Israël», dit Esther. Le rabbin Avihaïl a pris en main tous les détails de leur existence et leur attribue même de nouveaux noms hébreux. Il paye leur voyage d’Inde, leur conversion selon le rite orthodoxe, leurs mariages, et les aide à se loger. Son organisation, Amishav (Mon Peuple Revient), finance ces projets sur fonds privés. Un des bailleurs de fonds est le milliardaire juif américain Irving Moskowitz, qui finance l’extrême-droite israélienne et la colonisation de Jérusalem-Est à coup de millions de dollars. Lors des dernières élections générales en Israël, en mai 1996, Mme Gomès avoue avoir suivi à la lettre les recommandations de son rabbin. Elle a voté pour le chef de la droite Benjamin Netanyahu pour le poste de premier ministre et, au Parlement, pour le Parti national religieux, proche des colons. «Tout ce que le rabbin nous dit de faire, nous le faisons. C’est notre seule famille ici», dit-elle. (AFP)
Esther Gomès vivait à la frontière indo-birmane. Elle est aujourd’hui installée en Cisjordanie, comme 300 autres Indiens qui se sont convertis au judaïsme orthodoxe pour venir coloniser des territoires palestiniens. Le rabbin israélien Elyahou Avihaïl œuvre depuis des années à faire venir ces membres de la tribu des Shinlung. Ils revendiquent leur judéité qui n’est cependant pas reconnue par les autorités rabbiniques. Le rabbin Avihaïl les prépare à la conversion orthodoxe dans des instituts talmudiques proches des colons. Ceux qui ont immigré sont installés dans des colonies de la bande de Gaza ou en Cisjordanie, notamment à Beit El, au nord de Ramallah. Esther Gomès, 29 ans, a quitté sa ville de Mizoram en 1989. Depuis, sa mère et son frère l’ont rejointe à Beit El, où elle travaille comme jardinière...