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Actualités - Chronologie

Netanyahu veut mettre au pas les médias publics israéliens

Le gouvernement israélien vient de nommer à la tête de l’Office de la radio-télévision (ORTI, public) M. Uri Porat, proche du premier ministre Benjamin Netanyahu, pour mettre au pas les médias publics, accusés par le pouvoir de faire le jeu de l’opposition de gauche. «Je ne veux pas faire tomber des têtes, mais l’ORTI a besoin d’une direction professionnelle», a récemment expliqué M. Netanyahu, qui ne manque jamais d’épingler la presse israélienne. M. Porat, nommé dimanche par le Conseil des ministres, remplace le PDG sortant Mordehaï Kirschenbaum, dont le départ sera effectif dans deux mois. M. Kirschenbaum avait été nommé en 1993 par la gauche. La droite, aujourd’hui au pouvoir, l’accuse de parti pris contre Netanyahu, notamment depuis que la télévision publique a révélé il y a un an un scandale portant sur la nomination avortée d’un conseiller juridique du gouvernement. L’affaire avait affecté le prestige du premier ministre, mais n’a eu en fin de compte aucune retombée politique ni juridique. A 63 ans, M. Porat est censé incarner «la révolution médiatique» annoncée par M. Netanyahu, mais il a déjà dirigé l’ORTI de 1984 à 1989 sous les gouvernements de droite. Membre du conseil d’administration du groupe de productions cinématographiques Globus, ce journaliste a été conseiller de presse du fondateur historique de la droite israélienne Menahem Begin. Lié à la droite, il a gardé cependant des liens avec des hommes politiques de l’opposition de gauche et il promet de maintenir l’indépendance de l’institution. Lors de son premier mandat, il avait licencié pour raisons économiques plus de 200 employés malgré une spectaculaire grève du personnel de plusieurs semaines. Il avait pu ainsi présenter des comptes en ordre, soit un bilan positif de 60 millions de dollars contre un solde négatif de 20 millions six ans auparavant. Interdiction «Avec M. Porat à sa tête, l’ORTI va probablement perdre son indépendance d’esprit», estime Mme Tamar Liebes, professeur en communication à l’Université hébraïque de Jérusalem. «Le revers de la médaille, c’est que le retour de ce gestionnaire annonce un vent glacial», estime un journaliste de la radio sous couvert de l’anonymat. Il rappelle que M. Porat avait interdit d’utiliser sur les ondes publiques le mot «Intifada» (soulèvement), celui de «troubles» étant jugé plus approprié. Le terme «Cisjordanie», à connotation géo-politique, était proscrit au profit de l’appellation biblique «Judée-Samarie». On ne pouvait faire référence à l’OLP qu’en soulignant son caractère «terroriste» et une interview de M. Yasser Arafat réalisée par le journaliste-vedette Ehud Yaari avait été interdite d’antenne. Les contacts entre les Israéliens et la centrale palestinienne étaient d’ailleurs prohibés par une loi de 1986. C’est à cette époque que le journaliste David Grossman devient écrivain après avoir claqué la porte de l’ORTI en la qualifiant de «machine à laver linguistique». Le paysage audiovisuel, alors monolithique, est aujourd’hui en pleine mutation. Les radios locales et pirates se comptent par dizaines et la première chaîne publique de télévision partage l’audience avec une chaîne privée et un important réseau câblé. Deux commissions publiques d’experts ont recommandé la privatisation de certains départements de l’ORTI et diverses mesures de rentabilisation. M. Netanyahu, quant à lui, s’est dit favorable à la création d’une autre chaîne privée de télévision, qu’il souhaite proche du Likoud (droite). (AFP)
Le gouvernement israélien vient de nommer à la tête de l’Office de la radio-télévision (ORTI, public) M. Uri Porat, proche du premier ministre Benjamin Netanyahu, pour mettre au pas les médias publics, accusés par le pouvoir de faire le jeu de l’opposition de gauche. «Je ne veux pas faire tomber des têtes, mais l’ORTI a besoin d’une direction professionnelle», a récemment expliqué M. Netanyahu, qui ne manque jamais d’épingler la presse israélienne. M. Porat, nommé dimanche par le Conseil des ministres, remplace le PDG sortant Mordehaï Kirschenbaum, dont le départ sera effectif dans deux mois. M. Kirschenbaum avait été nommé en 1993 par la gauche. La droite, aujourd’hui au pouvoir, l’accuse de parti pris contre Netanyahu, notamment depuis que la télévision publique a révélé il y a un an un scandale...