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Actualités - Communiques Et Declarations

L'Afrique a la capacité de maîtriser ses crises régionales, selon Paris

Le ministre français de la Défense, Alain Richard, a affirmé samedi à Bakel que l’Afrique avait «la capacité de maîtriser ses crises régionales» et que la France restait sur le continent africain pour lui «apporter un soutien logistique». Le ministre français s’exprimait devant des journalistes à Bakel — localité située à 700 km à l’est de Dakar, à la frontière sénégalo-malienne — où se déroule du 20 février au 2 mars l’exercice multinational de maintien de la paix «Guidimakha». M. Richard venait d’assister, en compagnie du chef d’état-major des armées françaises, le général Jean-Philippe Douin, de ses homologues malien, sénégalais et mauritanien, et de leurs chefs d’état-major, à un exercice de mise en sécurité de réfugiés mené par le bataillon africain de maintien de la paix, formé d’unités maliennes, sénégalaises et mauritaniennes. Précédée de deux passages de Mirage F1 français, une section du bataillon africain a été héliportée depuis quatre hélicoptères de transport PUMA pour mettre en sécurité une trentaine de réfugiés menacés. Les manœuvres de Guidimakha 98, auxquelles assistent également des observateurs militaires des grands pays occidentaux, de l’ONU et de l’Union de l’Europe occidentale (UEO), ont pour objectif de tester un nouveau concept, celui de Renforcement des capacités africaines pour le maintien de la paix (RECAMP), sous l’égide de l’ONU et de l’OUA. Soutenu par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France, RECAMP a été présenté officiellement le 5 décembre à l’ONU par ces trois pays. Selon M. Richard, l’accord sur ce concept est «presque acquis» au Conseil de Sécurité et RECAMP sera également examiné par l’Organisation de l’unité africaine (OUA). M. Richard a rappelé à la presse que le resserrement du dispositif militaire français en Afrique, qui doit passer de quelque 8.000 hommes à 5.500 d’ici 2002 sur 5 bases, après la fermeture de celle de Bangui (Centrafrique), ne constituait pas, pour la France, un retrait de l’Afrique. Le ministre de la Défense a souligné que les méthodes de la coopération franco-africaine «n’ont pas fini d’évoluer» et que la France n’entendait plus maintenir, sauf exception, des officiers français dans les états-majors des armées africaines. Le «pré carré français» Interrogé sur l’évolution de la politique africaine de la France, Alain Richard a fait remarquer que cette évolution, qui se faisait en «plein accord» avec le président de la République, était «normale». «Ceux qui pensent en France que l’Afrique doit demeurer son pré carré sont maintenant partis à la retraite», a estimé le ministre de la Défense. Par contre, a affirmé M. Richard, il y a «un élargissement du champ d’intérêt de la France» en dehors de sa zone d’influence traditionnelle et elle ne s’interdit pas de regarder du côté de l’Afrique de l’Est. Interrogé sur les rapports avec les Etats-Unis, M. Richard a noté que «le niveau d’intérêt sincère» des Etats-Unis pour l’Afrique s’était élevé. «Ce n’est pas crédible, a par ailleurs affirmé le ministre, pour la France de parler de prééminence pour l’Afrique, comme ce n’est pas crédible pour les Etats-Unis de parler de prééminence pour l’Amérique latine». L’intérêt américain pour l’Afrique, et particulièrement pour Guidimakha 98, à laquelle les Etats-Unis ont participé symboliquement avec une section de marines (30 hommes) a été marqué par la présence à Bakel de l’amiral Bill Cross, directeur des opérations au haut commandement américain pour l’Europe à Stuttgart, accompagné d’un forte délégation diplomatique. L’amiral américain a déclaré aux journalistes que les Etats-Unis s’intéressaient à l’Afrique parce qu’«il est important de construire la démocratie en Afrique» et parce que 50.000 américains vivent sur le continent. Bill Cross a souligné la complémentarité américaine avec la France pour le renforcement des capacités africaines à maintenir la paix, mais a indiqué que si les Etats-Unis ne prépositionneraient pas de troupes en Afrique ils réfléchissaient à la possibilité d’y prépositionner du matériel. (AFP)
Le ministre français de la Défense, Alain Richard, a affirmé samedi à Bakel que l’Afrique avait «la capacité de maîtriser ses crises régionales» et que la France restait sur le continent africain pour lui «apporter un soutien logistique». Le ministre français s’exprimait devant des journalistes à Bakel — localité située à 700 km à l’est de Dakar, à la frontière sénégalo-malienne — où se déroule du 20 février au 2 mars l’exercice multinational de maintien de la paix «Guidimakha». M. Richard venait d’assister, en compagnie du chef d’état-major des armées françaises, le général Jean-Philippe Douin, de ses homologues malien, sénégalais et mauritanien, et de leurs chefs d’état-major, à un exercice de mise en sécurité de réfugiés mené par le bataillon africain de maintien de la paix,...