Les nationalistes hindous se sont dits dimanche confiants de pouvoir former un gouvernement, après les législatives marathon lors desquelles ils ont fortement progressé. «Une chose est claire (...): le sentiment général est en faveur du BJP», a déclaré le secrétaire général du parti, Venkaiah Naidu. La presse indienne soulignait cependant que l’Inde, plus grande démocratie du monde, devrait, comme craint avant les législatives, avoir une nouvelle chambre sans majorité solide et rester politiquement instable. Le gouvernement qui sera formé sera le cinquième depuis 1996. Les nationalistes hindous prônent «un peuple, une nation, une culture», et veulent une Inde «forte», dotée d’armes nucléaires. Le «parti safran», couleur sacrée de l’hindouisme, a longtemps été «intouchable», véritable épouvantail nationaliste qualifié de «fasciste» par ses rivaux. Mais, déçus par une instabilité politique chronique, nombre d’Indiens ont semble-t-il voulu lui donner une chance. Pour ratisser large, au-delà de son bastion du nord hindou du pays, des castes supérieures et des classes aisées, le BJP a modéré son ton, tentant d’attirer les musulmans, plus forte minorité d’Inde (125 millions), en promettant l’harmonie communautaire et même la construction de mosquées. Les sondages sortis des urnes ont fait apparaître une progression dans le sud et l’est du pays où il était quasiment absent. Vajpayee candidat Les nationalistes hindous ont mis en avant comme candidat au poste de premier ministre M. Atal Behari Vajpayee, 71 ans, poète à l’image de modéré, plutôt que leur président, K.L. Advani, un radical accusé d’avoir soutenu la destruction d’une célèbre mosquée en 1992. «Les vieilles accusations selon lesquelles le BJP n’est pas laïc ne sont plus valables», a affirmé M. Vajpayee en réponse à ceux qui accusent le BJP de vouloir instaurer un Etat théocratique. Pour ses adversaires, le BJP n’a fait, en proposant M. Vajpayee, que mettre un masque présentable sur le visage d’un nationalisme dur. «Le premier parti d’Inde veut transformer la plus vieille civilisation du monde en une nation forte, prospère et confiante», lit-on en page de garde du site Internet créé par le BJP (www.bjp.com). Il se dit pour la libre-entreprise, mais pour un «nationalisme économique» restreignant les investissements étrangers. Il veut doter le pays d’un arsenal nucléaire, mater les guérillas qui ensanglantent toujours certaines régions, refuse tout compromis sur le Cachemire disputé entre l’Inde et le Pakistan et entend nettoyer le pays de la corruption. C’est le parti le mieux organisé d’Inde, avec quelque 20 millions de militants disciplinés. Il a connu une croissance spectaculaire, bénéficiant du déclin du Parti du congrès et passant de deux députés (sur 545 à la Chambre) en 1984 à 89 en 1989, 119 en 1991 et 162 en 1996 (20,29% des voix). Les sondages lui en prédisent maintenant entre 210 et 244. Il dirige déjà New Delhi et cinq des 25 Etats de l’Union indienne, dont le plus peuplé, l’Uttar Pradesh (au nord du pays). Né en 1980, héritier de la BJS (Société du peuple indien) fondée en 1951, il a oscillé entre des périodes de radicalisme et de modération, mais son idéologie reste nationaliste, corporatiste, attachée à la «famille hindoue». «L’horrible visage fasciste du BJP n’a pas été jugé et dénoncé de façon adéquate», a affirmé le Congrès dans son manifeste électoral, accusant les nationalistes hindous de vouloir «manipuler la démocratie pour finalement la renverser», à la manière des nazis. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les nationalistes hindous se sont dits dimanche confiants de pouvoir former un gouvernement, après les législatives marathon lors desquelles ils ont fortement progressé. «Une chose est claire (...): le sentiment général est en faveur du BJP», a déclaré le secrétaire général du parti, Venkaiah Naidu. La presse indienne soulignait cependant que l’Inde, plus grande démocratie du monde, devrait, comme craint avant les législatives, avoir une nouvelle chambre sans majorité solide et rester politiquement instable. Le gouvernement qui sera formé sera le cinquième depuis 1996. Les nationalistes hindous prônent «un peuple, une nation, une culture», et veulent une Inde «forte», dotée d’armes nucléaires. Le «parti safran», couleur sacrée de l’hindouisme, a longtemps été «intouchable», véritable épouvantail...