Le processus de paix en Angola est bloqué par l’ancien chef rebelle angolais Jonas Savimbi qui craint d’être assassiné en revenant à Luanda, a déclaré un représentant de l’ONU à des envoyés spéciaux de la presse internationale. M. Savimbi «redoute au plus haut point l’éventualité d’un assassinat» alors que son retour à Luanda est «essentiel» pour la remise en route du processus de paix, a dit Behrooz Sadry, représentant spécial de l’ONU pour l’Angola. M. Savimbi, chef de l’UNITA, s’était enfui de Luanda après avoir perdu les élections de 1992. Il avait déclenché une nouvelle phase de la guerre civile contre le MPLA (Mouvement populaire de libération de l’Angola) du président José Eduardo dos Santos, contestant la victoire électorale de ce parti. La guerre civile entre l’UNITA et le MPLA dure depuis l’indépendance du pays du Portugal en 1975. Elle a dévasté un pays riche en pétrole et en diamants dont la superficie dépasse celle combinée de la France, de l’Allemagne et de l’Italie. Malgré la signature en novembre 1994 d’un accord de paix entre les deux parties, connu sous le nom de protocole de Lusaka (du nom de la capitale de la Zambie où le document a été signé), M. Savimbi n’a pas regagné Luanda. Il est resté dans ses bases du centre de l’Angola. Selon M. Sadry, l’ONU est responsable de la sécurité de M. Savimbi et de ses hommes de l’UNITA aux termes du protocole de Lusaka. «Nous nous préoccupons donc aussi de la sécurité de M. Savimbi, mais nullement d’un complot visant à l’assassiner», a dit M. Sadry. M. Savimbi a reconnu, a dit M. Sadry en se référant à sa dernière rencontre avec l’ancien chef de la rébellion, qu’un sommet entre lui-même et le président dos Santos était «crucial» pour la pacification du pays. M. Savimbi estime que ce sommet devrait lui permettre de s’installer définitivement dans la capitale angolaise, a ajouté M. Sadry. Lors d’une rencontre le 9 janvier dernier, UNITA et MPLA étaient convenus que M. Savimbi regagnerait Luanda d’ici fin février et pourrait maintenir une garde personnelle de 400 hommes. Mais l’UNITA continue de refuser une proposition du gouvernement selon laquelle le nombre des gardes de M. Savimbi serait réduit progressivement en cinq mois à 150 hommes. Méfiance Les deux parties avaient également confirmé le 9 janvier que l’administration des territoires sous contrôle de l’UNITA serait «normalisée» et que l’UNITA deviendrait un parti politique «démilitarisé». Aux termes du protocole de Lusaka, plus de 70.000 soldats de l’UNITA auraient dû être démobilisés. Une trentaine de mille ont en fait déserté tandis que des milliers d’autres ont rempli les formalités de démobilisation mais n’ont jamais regagné leur foyer. «Le plus grand obstacle à la paix est la méfiance entre les (deux) parties», a jugé M. Sadry. Selon lui, les escarmouches entre forces des deux camps se poursuivent dans tout le pays. Un diplomate occidental de haut rang a précisé aux envoyés spéciaux à Luanda que M. Savimbi continuait d’entretenir des effectifs armés «considérables» qu’il a chiffrés entre 8.000 et 30.000 hommes. Il est à redouter que les soldats démobilisés soient réintégrés rapidement dans les rangs de l’UNITA, selon cette source. «Le processus de paix est fragile et en aucun cas irréversible», a fait remarquer le même diplomate. La position de M. Savimbi, a-t-il néanmoins estimé, a été «considérablement affaiblie» l’an passé, le dirigeant de l’UNITA perdant après la chute de l’ancien président zaïrois Mobutu Sese Seko l’un de ses plus fermes soutiens. Selon M. Sadry, l’UNITA a été aussi frappée par les sanctions décrétées par l’ONU à son encontre à l’automne dernier en raison du retard pris dans le processus de paix. Ainsi, le nombre de vols de l’assistance humanitaire en faveur des zones contrôlées par l’UNITA a été réduit d’environ 80 par semaine en novembre à 14 par semaine en janvier, a rappelé M. Sadry. Un diplomate occidental de haut rang a jugé que M. Savimbi nourrissait toujours l’ambition de devenir président de l’Angola. Cependant, a-t-il ajouté, M. Savimbi s’apparente plus «à un tatou couché en rond qu’à une bête sauvage prête à fondre sur sa proie». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le processus de paix en Angola est bloqué par l’ancien chef rebelle angolais Jonas Savimbi qui craint d’être assassiné en revenant à Luanda, a déclaré un représentant de l’ONU à des envoyés spéciaux de la presse internationale. M. Savimbi «redoute au plus haut point l’éventualité d’un assassinat» alors que son retour à Luanda est «essentiel» pour la remise en route du processus de paix, a dit Behrooz Sadry, représentant spécial de l’ONU pour l’Angola. M. Savimbi, chef de l’UNITA, s’était enfui de Luanda après avoir perdu les élections de 1992. Il avait déclenché une nouvelle phase de la guerre civile contre le MPLA (Mouvement populaire de libération de l’Angola) du président José Eduardo dos Santos, contestant la victoire électorale de ce parti. La guerre civile entre l’UNITA et le MPLA...