Le puissant syndicat NUM, les grandes compagnies minières et le gouvernement sud-africain se sont réunis jeudi pour un «sommet de l’or» convoqué pendant deux jours à Johannesburg pour discuter de la restructuration d’une industrie en pleine crise. «Nous voulons qu’un plan social soit adopté, non comme une aide pour les pauvres ou comme une assistance à l’industrie, mais comme un investissement pour le futur», a déclaré James Motlatsi, le président de la NUM à l’ouverture des débats. Les experts gouvernementaux prévoient plus de 100.000 licenciements pour cette année. Plus de 65.000 emplois ont été déjà supprimés depuis janvier l’an dernier, selon la NUM. Le syndicat ne nie pas la nécessité de moderniser l’industrie mais dénonce la mauvaise foi des grandes compagnies minières qui, selon lui, prennent prétexte de l’effondrement du cours mondial de l’or pour imposer des dégraissages structurels massifs. A l’ouverture du sommet, la NUM a présenté un plan social en dix points demandant notamment un moratoire de 12 mois sur tous les licenciements, une plus grande intervention du gouvernement, la création d’une commission nationale pour superviser la restructuration du secteur minier et le déblocage d’aides pour les régions rurales où furent recrutés les mineurs. Aujourd’hui, chaque emploi supprimé affecte au moins six personnes, selon des experts. Le plan de la NUM demande aussi une assistance gouvernementale pour les mines dites «marginales» — en fin d’exploitation — et la création de structures appropriées pour le recyclage des travailleurs licenciés. Après lui, le président de la Chambre des Mines, Bobby Godsell, a donné le ton en souhaitant un «débat réaliste et dur». Il a expliqué en substance que les mines étaient prêtes à adoucir les modalités de licenciements, mais pas à renoncer aux restructurations prévues. «Nous ne pourrons pas arrêter les pertes d’emplois (...) mais c’est notre responsabilité de faire tout notre possible pour aider les travailleurs» à se recycler, a-t-il dit. Selon lui, les compagnies minières doivent impérativement améliorer leur compétitivité et leur productivité pour survivre sur un marché «sérieusement touché» par la chute des cours, l’appauvrissement des ressources minières et par la hausse des coûts de production. M. Godsell a en particulier rappelé que l’Afrique du Sud, premier producteur mondial d’or, avait désormais «les coûts les plus élevés» de production au monde — du fait des réajustements sociaux imposés par le gouvernement de Nelson Mandela, au pouvoir depuis 1994. A ce sujet, il a souligné que la collaboration des mineurs avec le patronat pour améliorer la productivité était vitale pour la survie du secteur. Il s’est félicité des accords signés l’an dernier avec la NUM et qui lient les augmentations salariales à des quotas de production. Décidé à jouer les arbitres, le gouvernement a de son côté appelé «mineurs et patronat à trouver ensemble les moyens de doper la production et de réduire les coûts». «Nous devons accepter la réalité qui veut que les mines soient un secteur en déclin sur le long terme», a déclaré Tito Moboweni, le ministre du Travail, en affirmant que le gouvernement ne «maintiendrait pas artificiellement la production et l’emploi» dans le secteur. Insistant néanmoins sur «l’impact humain», il a préconisé la création urgente d’un «comité de crise de l’or» qui superviserait tous les plans de licenciements pour les mines qui comptent réduire leurs effectifs de plus de 10%. Il a aussi appelé les compagnies minières à suspendre toutes les suppressions d’emploi jusqu’à la création de ce comité. La NUM, qui regroupe 285.000 membres, a plusieurs fois menacé de lancer une grève générale si les grandes compagnies minières poursuivaient leurs campagnes de licenciements pendant les négociations. (AFP)
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