WASHINGTON-Irène MOSALLI Mieux qu’un hommage solennel ou qu’une commémoration grandiloquente, ce fut une très belle «Soirée avec Gébran» que celle qui a eu lieu à l’ambassade du Liban à Washington, et qui était organisée par Samia Nassar et le Dr Souheil Bushruï, en collaboration avec le «Centre de recherches et d’étude Gébran» de l’Université de Maryland. Souheil Bushruï, ayant à son actif trente-cinq ans de travaux de recherches et d’écriture sur Gébran, l’a fait revivre avec passion, l’espace d’une heure et demie dans toute son assimilation du mysticisme oriental et du matérialisme occidental. Il l’a fait à travers un choix de textes judicieux lus et commentés en anglais. Une lecture rendue encore plus captivante car il avait joint à sa voix, ample et intense, celle des plus expressives d’une jeune femme, nommée Paria Akhavan, qui a donné aux mots toute leur portée et leur vision. L’ambassadeur du Liban, M. Mohammed Chatah, économiste de formation, a commencé par accueillir l’audience en termes simples: «Loin d’être un littéraire, j’ai néanmoins une grande admiration pour l’expérience et le talent de Gébran Khalil Gébran qui, à l’instar de beaucoup de nos concitoyens, a pu couler ses propres racines dans le moule d’un autre monde». Ce soir-là, la «lecture» du célèbre écrivain a mis en relief les préoccupations qu’il avait eues au début de ce siècle et qui sont devenues aujourd’hui d’une actualité brûlante: l’écologie, les droits de l’homme, la condition féminine. Et il a ainsi tenu son auditoire en suspens. Une «salle Gébran» à l’ambassade du Liban Une pensée brillamment restituée donc à deux voix, la sienne et celle de Paria Akhavan, qui ont tenu l’auditoire en haleine, tant elles coulaient de source. Sans emphase aucune et avec une diversité d’accents, touts deux ont notamment dit: «Du tréfonds des tréfonds nous t’appelons ô liberté...», tiré d’«Al-Arwah Al-Moutamarrida»); «La femme est à la nation ce que la flamme est à la lampe», («Al-Ajnihah Al-Moutakassirah); «Je me suis réveillé un jour d’un sommeil profond et m’aperçus que tous mes masques avaient été volés, les sept masques que j’avais façonnés et portés dans sept vies. C’est ainsi que je suis devenu fou. Et j’ai retrouvé ma liberté et ma sécurité dans la folie...» («L’Homme fou»); «Parlez-nous de la raison et de la passion...», («Le Prophète»). Au cours de cette soirée ce fut un Gébran revisité avec un plaisir à la fois profond et revigorant. Ce soir aussi, on a visité «la salle Gébran», à la résidence même de l’ambassadeur du Liban ainsi nommée par son épouse Nina Chatah. Celle-ci, ayant découvert dans la cave plusieurs portraits et reproductions des toiles de l’écrivain, peintre et poète, de même que des calligraphies de plusieurs de ses réflexions, les a regroupés dans un même lieu dont elle compte garder le thème. Ou l’art et la manière d’exploiter les moyens de bord. I.M.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats WASHINGTON-Irène MOSALLI Mieux qu’un hommage solennel ou qu’une commémoration grandiloquente, ce fut une très belle «Soirée avec Gébran» que celle qui a eu lieu à l’ambassade du Liban à Washington, et qui était organisée par Samia Nassar et le Dr Souheil Bushruï, en collaboration avec le «Centre de recherches et d’étude Gébran» de l’Université de Maryland. Souheil Bushruï, ayant à son actif trente-cinq ans de travaux de recherches et d’écriture sur Gébran, l’a fait revivre avec passion, l’espace d’une heure et demie dans toute son assimilation du mysticisme oriental et du matérialisme occidental. Il l’a fait à travers un choix de textes judicieux lus et commentés en anglais. Une lecture rendue encore plus captivante car il avait joint à sa voix, ample et intense, celle des plus expressives...