La Russie vient d’annoncer qu’elle relançait les recherches sur l’utilisation de l’énergie nucléaire dans l’espace tant dans le domaine de la production d’électricité que dans celui de la propulsion des engins spatiaux, aussi bien à des fins civiles que militaires. Cette nouvelle annonce de «schéma général» de développement de l’«énergétique nucléaire spatiale» est tout à la fois destinée «à préserver et à accroître le leadership» russe dans un domaine où les laboratoires de l’ex-URSS ont travaillé pendant des années mais qui avait été arrêté en 1990, faute d’argent, et à lancer éventuellement une collaboration internationale. Destiné «à résoudre des problèmes à caractère stratégique dans l’intérêt de la défense, de l’économie nationale et de la science», ce schéma définit une série de travaux visant à réaliser des sources d’énergie et des moteurs nucléaires d’une puissance de 10 kw, dont la durée de vie serait de 5 à 7 ans. Si les spécialistes russes parviennent, en 2010, à fournir une puissance de 10 kw avec un tel engin, la durée de vie d’un robot martien du type de Sojourner — le petit engin qui a exploré cet été la planète rouge grâce à ses panneaux solaires — en serait largement prolongée. Mais, a priori, un tel réacteur serait trop peu puissant pour alimenter, par exemple, une base sur Mars. Cette annonce intervient quelques jours après le 20e anniversaire de la chute, dans le grand nord canadien, des débris de Cosmos-954, satellite espion doté d’un réacteur nucléaire à uranium, et quinze ans après celle de Cosmos-1402, satellite d’observation maritime équipé de même. Ces deux «affaires« avaient à l’époque provoqué une levée de boucliers dans le monde, d’autant que la «guerre froide» se poursuivait. Mais dans les milieux spécialisés, chacun savait alors que les Américians avaient lancé un satellite doté d’un générateur du même type en 1965, sans succès, et qu’ils s’étaient depuis tournés, avec une réussite certaine, dans la mise au point et l’utilisation de générateurs isotopiques. La plupart des sondes de la NASA à destination des planètes en furent dotées. Ce type de sondes utilise des générateurs radio-isotopiques au plutonium beaucoup moins lourds que les réacteurs russes à uranium qui fournissent 4 kilowatts et qui ont équipé une trentaine de satellites radar. En remontant dans l’histoire, on constate qu’Américains et Russes avaient dès la fin de la Seconde Guerre mondiale lancé des recherches dans l’espoir de parvenir à propulser leurs missiles balistiques à l’énergie nucléaire. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Russie vient d’annoncer qu’elle relançait les recherches sur l’utilisation de l’énergie nucléaire dans l’espace tant dans le domaine de la production d’électricité que dans celui de la propulsion des engins spatiaux, aussi bien à des fins civiles que militaires. Cette nouvelle annonce de «schéma général» de développement de l’«énergétique nucléaire spatiale» est tout à la fois destinée «à préserver et à accroître le leadership» russe dans un domaine où les laboratoires de l’ex-URSS ont travaillé pendant des années mais qui avait été arrêté en 1990, faute d’argent, et à lancer éventuellement une collaboration internationale. Destiné «à résoudre des problèmes à caractère stratégique dans l’intérêt de la défense, de l’économie nationale et de la science», ce schéma...