Il y a deux ans, le gendre du président irakien, le général Hussein Kamel Hassan qui avait fait défection en Jordanie, retournait à Bagdad. Un choix suicidaire qui provoquera sa mort. Après avoir été un des piliers du régime de Bagdad, sa défection, le 8 août 1995, l’avait mis sur le devant de la scène mondiale. L’événement avait pris encore plus de résonance du fait de ses liens de parenté avec Saddam Hussein dont il avait épousé la fille aînée, Raghad. Son frère, Saddam Kamel, également gendre de Saddam Hussein et époux de Rana, leur jeune frère Hakim, leur sœur et son époux Ezzedine Hassan, ainsi que leurs enfants, avaient tous opté pour l’exil en Jordanie. Le palais Hachémieh à Amman où il avait élu résidence avec les membres de sa famille, a rapidement vu défiler des responsables de la sécurité, notamment américains, britanniques et séoudiens, avides d’informations que l’architecte du programme d’armement irakien pouvait leur donner. Ministre de l’Industrie et de l’Industrialisation militaire avant l’invasion irakienne du Koweit en 1990, Hussein Kamel avait bâti les arsenaux chimiques et biologiques de l’armée, développé le programme balistique et lancé un ambitieux projet de recherches nucléaires. Mais, bien que les renseignements fournis à des services, ou directement au chef de l’époque des experts en désarmement de l’ONU, le Suédois Rolf Ekeus, aient été salués comme «vitaux», le général transfuge a très vite été ignoré dans sa cage dorée. Son tempérament difficile et une arrogance acquise pour avoir été très longtemps l’enfant chéri d’un régime autoritaire ont rendu impossibles les contacts de Hussein Kamel tant avec l’opposition irakienne, qu’avec ses hôtes. Oublié des médias, devenu encombrant pour la Jordanie, pressé par les deux filles de Saddam Hussein, nostalgiques de Bagdad, Hussein Kamel a commencé à envisager son retour en Irak, ont indiqué des personnalités arabes qui le rencontraient à Amman. Les conditions irakiennes Un homme d’affaires irakien, puissant par ses relations connues avec le régime, et ancien proche de Hussein Kamel, jouera l’intermédiaire avec le président irakien. Il effectuera «six navettes entre Bagdad et Amman portant des messages et ramenant des réponses», selon une de ces personnalités. Les conditions irakiennes stipulaient un «repentir public», «le retour de tout le groupe» et surtout «le rapatriement en Irak des millions de dollars en possession de Hussein Kamel»,d’après la même source. Le général transfuge a alors tenté de se rendre en Allemagne, où il avait déposé sa fortune, mais les autorités allemandes lui ont refusé un visa. «Il a alors remis des procurations à des hommes d’affaires irakiens qui se sont rendus en Allemagne et lui ont ramené des valises pleines de devises», a indiqué une source qui côtoyait Hussein Kamel au palais Hachémieh. «Le gendre de Saddam Hussein a envoyé une lettre au président irakien dans laquelle il s’engageait à remplir toutes les conditions requises», a-t-on précisé de même source. Sur la base de cette lettre, le Conseil de commandement de la révolution (CR) et la direction du parti Baas, les plus hautes instances du pouvoir, ont décrété dans un communiqué «l’amnistie dont peuvent jouir les repentis». Ce texte a été rendu public dès l’arrivée en Irak des gendres de Saddam Hussein, le 20 février 1996. Hussein Kamel a ramené avec lui les valises remplies de devises qui arrivaient d’Allemagne, ont affirmé des témoins. Selon eux, il a menacé d’un revolver son frère Hakim qui refusait de l’accompagner, et a en outre forcé sa sœur et les quatre enfants de cette dernière à prendre place dans le convoi, alors que son mari Ezzedine Hassan se trouvait en Turquie. Les trois frères Hassan, leur père qui se trouvait en Irak, leur sœur et ses enfants ont été assassinés trois jours après leur retour à Bagdad, par des membres de leur tribu, selon la version officielle. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Il y a deux ans, le gendre du président irakien, le général Hussein Kamel Hassan qui avait fait défection en Jordanie, retournait à Bagdad. Un choix suicidaire qui provoquera sa mort. Après avoir été un des piliers du régime de Bagdad, sa défection, le 8 août 1995, l’avait mis sur le devant de la scène mondiale. L’événement avait pris encore plus de résonance du fait de ses liens de parenté avec Saddam Hussein dont il avait épousé la fille aînée, Raghad. Son frère, Saddam Kamel, également gendre de Saddam Hussein et époux de Rana, leur jeune frère Hakim, leur sœur et son époux Ezzedine Hassan, ainsi que leurs enfants, avaient tous opté pour l’exil en Jordanie. Le palais Hachémieh à Amman où il avait élu résidence avec les membres de sa famille, a rapidement vu défiler des responsables de la...