La Turquie, qui craint une nouvelle confrontation entre les Etats-Unis et l’Irak, veut à tout prix éviter une répétition du scénario catastrophe de l’après-guerre du Golfe: l’afflux de centaines de milliers de réfugiés kurdes à sa frontière. Une certaine confusion a régné tout au long de la semaine dernière autour d’informations selon lesquelles entre 5.000 et 7.000 membres des troupes turques auraient pénétré pendant le week-end dans le nord de l’Irak, afin d’y établir une zone tampon pour éviter un tel afflux de réfugiés en cas de frappes américaines contre l’Irak. Plusieurs organes de presse turcs ont affirmé que ces troupes étaient entrées en Irak mais l’information a été démentie par les ministères de la Défense et des Affaires étrangères, ainsi que par le Parti démocratique du Kurdistan (PDK), le groupe kurde d’Irak qui contrôle la frontière côté irakien. Quoi qu’il en soit, il est clair, à la lumière des récentes déclarations officielles, que l’armée turque est prête à intervenir, au moment choisi, à l’intérieur du territoire irakien, pour établir une sorte de cordon sanitaire en vue d’une éventuelle vague de réfugiés. «Nous avons effectivement des plans pour le nord de l’Irak pour éviter un afflux de réfugiés», a déclaré le ministre de la Défense, Ismet Sezgin, confirmant des propos tenus la semaine dernière par le premier ministre, Mesut Yilmaz. De toute façon, la Turquie, qui mène des incursions fréquentes dans le nord de l’Irak pour combattre le PKK, y dispose déjà d’unités d’élite, aux effectifs estimés à quelque 5.000 hommes, qui n’étaient pas ressortis d’Irak après la dernière opération contre le PKK en octobre dernier. Le porte-parole de la diplomatie turque, Necati Utkan, a souligné qu’en cas d’afflux de réfugiés, l’armée turque serait impliquée dans un «programme d’aide humanitaire», mais que cela ne se ferait pas par le biais de la création d’une zone tampon. La presse turque avait affirmé que la création d’une zone tampon avait été décidée en Conseil des ministres. Selon la presse, les mesures prévues pourraient consister en l’installation de villages de tentes et d’une aide humanitaire intensive coordonnée par l’armée turque. Ces préparatifs sont destinés à empêcher la répétition d’une situation similaire à celle d’avril 1991. A cette date, près de 500.000 Kurdes d’Irak s’étaient précipités en désordre vers la frontière turque, fuyant les troupes du président irakien Saddam Hussein, à l’issue de leur insurrection avortée contre Bagdad après la guerre du Golfe. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Turquie, qui craint une nouvelle confrontation entre les Etats-Unis et l’Irak, veut à tout prix éviter une répétition du scénario catastrophe de l’après-guerre du Golfe: l’afflux de centaines de milliers de réfugiés kurdes à sa frontière. Une certaine confusion a régné tout au long de la semaine dernière autour d’informations selon lesquelles entre 5.000 et 7.000 membres des troupes turques auraient pénétré pendant le week-end dans le nord de l’Irak, afin d’y établir une zone tampon pour éviter un tel afflux de réfugiés en cas de frappes américaines contre l’Irak. Plusieurs organes de presse turcs ont affirmé que ces troupes étaient entrées en Irak mais l’information a été démentie par les ministères de la Défense et des Affaires étrangères, ainsi que par le Parti démocratique du...