Les fonctionnaires sierra-léonais ont été appelés lundi à reprendre le travail alors que les officiers nigérians de l’ECOMOG, la force ouest-africaine qui a renversé la junte, annonçaient que le désarmement était en cours. «Tous les fonctionnaires et employés des compagnies publiques doivent reprendre leurs activités immédiatement», a annoncé la station 92,1, émettant jusqu’à présent clandestinement en modulation de fréquence. «Tous les établissements commerciaux, y compris les banques, doivent reprendre leurs opérations normales dès que possible» a ajouté cette radio qui a toujours reflété le point de vue de l’ECOMOG ou du gouvernement civil d’Ahmad Tejan Kabbah, en exil à Conakry depuis le coup d’Etat militaire du 25 mai dernier. Alors que la normalisation était en cours lundi à Freetown après les dernières salves d’artillerie entendues en début de week-end, le numéro deux de la police, Kande Bangura, a annoncé que 3.000 à 4.000 de ses hommes avaient été affectés à différentes positions dans la capitale pour des «missions civiles». «Nous faisons appliquer la loi et l’ordre et nos hommes ont entrepris des patrouilles à pied et en voiture pour combattre le crime», a-t-il déclaré. Depuis la prise du pouvoir, en mai dernier, par des jeunes officiers, renversés après une semaine d’offensive du contingent nigérian de l’ECOMOG, la plupart des administrations n’avaient pas rouvert leurs portes et les deux principales banques commerciales du pays étaient restées fermées depuis le coup d’Etat. Arrestations Le commandant de l’ECOMOG en Sierra Leone, le colonel nigérian Maxwell Kobe, a annoncé que «le désarmement a commencé». «Tous ceux qui sont en possession d’armes, de munitions et d’explosifs sont priés de les remettre aux forces de l’ECOMOG avant le 22 février, date à laquelle la force commencera une fouille au porte-à-porte», a indiqué un communiqué radiodiffusé de cet officier. Après cette date, tout détenteur d’armes sera arrêté et poursuivi, a indiqué le colonel. Plusieurs centaines de militaires, partisans et responsables de la junte auraient été arrêtés ou se seraient rendus à l’ECOMOG, selon de bonnes sources. D’autres sont en fuite, dont l’ancien chef de la junte, le lieutenant-colonel Johnny Paul Koroma. Le colonel Kobe a également affirmé que ses troupes n’ont tiré sur aucun objectif civil pendant leur offensive lancée la semaine dernière sur Freetown. «S’il y a des zones où les dégâts civils sont importants, cela a dû être fait délibérément par les rebelles. Ils l’ont déjà fait dans le passé», a dit l’officier nigérian, pour qui tous les partisans de la junte en déroute sont des «rebelles». Selon les travailleurs humanitaires, une centaine de civils ont trouvé la mort et environ un millier ont été blessés depuis le début de l’offensive, mais aucun bilan précis n’a pû être établi, les employés de la morgue ayant procédé à des enterrements rapides. Le commandant en chef de l’ECOMOG, le général nigérian Timothy Shelpidi, basé au Liberia voisin, a estimé sur les ondes d’une radio captée à Freetown que le déploiement de l’ECOMOG en Sierra Leone ne «devrait pas dépasser trois ou quatre mois». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les fonctionnaires sierra-léonais ont été appelés lundi à reprendre le travail alors que les officiers nigérians de l’ECOMOG, la force ouest-africaine qui a renversé la junte, annonçaient que le désarmement était en cours. «Tous les fonctionnaires et employés des compagnies publiques doivent reprendre leurs activités immédiatement», a annoncé la station 92,1, émettant jusqu’à présent clandestinement en modulation de fréquence. «Tous les établissements commerciaux, y compris les banques, doivent reprendre leurs opérations normales dès que possible» a ajouté cette radio qui a toujours reflété le point de vue de l’ECOMOG ou du gouvernement civil d’Ahmad Tejan Kabbah, en exil à Conakry depuis le coup d’Etat militaire du 25 mai dernier. Alors que la normalisation était en cours lundi à Freetown après...