Monica Lewinsky, l’ancienne stagiaire de la Maison-Blanche au cœur du scandale politico -sexuel qui secoue la présidence, pourrait être appelée à témoigner cette semaine devant la chambre de mise en accusation qui vient d’entendre sa mère. Aucune date n’a officiellement été annoncée pour l’éventuelle comparution de la jeune femme devant le «grand jury», dans le cadre d’une enquête sur ses liens avec Bill Clinton. Selon plusieurs médias américains, Mlle Lewinsky pourrait être entendue à partir de mardi. Un témoignage de Monica serait déterminant pour l’avenir de M. Clinton: un mot de la jeune femme, avec qui le président aurait eu une relation sexuelle pendant qu’elle travaillait à la Maison-Blanche, et son mandat s’achèvera dans la disgrâce. Jusqu’à présent, les opposants républicains au président ont observé une grande retenue sur le sujet, bien qu’ils aient discuté en coulisses d’un recours à un fonds spécial de 4,4 millions de dollars constitué pour une éventuelle procédure de destitution. Ils ont commencé de chercher dans le Capitole une pièce où seraient gardés, sous haute protection, les documents sur lesquels s’appuierait une telle procédure, selon des sources proches de ces élus. L’affaire repose sur des conversations téléphoniques enregistrées à l’insu de Mlle Lewinsky par une collègue et confidente, où Monica affirmerait non seulement avoir eu une relation sexuelle avec le président mais aussi et surtout de s’être parjurée à sa demande. Linge sale de famille… Dans ces épanchements téléphoniques, dont la presse a publié de larges extraits, Monica affirmerait que M. Clinton l’a pressée de masquer la nature de leurs relations lors d’un témoignage dans le cadre de l’affaire Paula Jones, une ex-employée de l’Etat de l’Arkansas qui accuse l’ancien gouverneur Clinton de harcèlement sexuel. Le président a nié à plusieurs reprises avoir eu une relation de nature sexuelle avec Mlle Lewinsky comme lui avoir demandé de mentir. Monica Lewinsky, 24 ans, est revenue jeudi soir à Washington en compagnie d’un de ses avocats, William Ginsburg. Elle se cloîtrait depuis le 3 février chez son père, un médecin cancérologue de Los Angeles. M. Ginsburg a promis de dénoncer la citation à comparaître, et souligné que le traitement imposé à la mère de sa cliente avait mis cette dernière «en colère». La mère de Monica, Marcia Lewis, a été contrainte de témoigner sous serment pendant deux jours la semaine dernière devant le «grand jury» de 23 personnes qui doit décider d’une éventuelle mise en accusation. Vendredi, Mme Lewis est sortie de cinq heures d’interrogations épuisée et à bout de nerfs. «Les citoyens américains devraient prendre le temps de se demander si cela est vraiment une procédure normale», a dit M. Ginsburg. «Parce qu’alors, il est effrayant d’être Américain», a-t-il dit. «Les gens sont mis sur la sellette pendant neuf heures. Les mères sont forcées de dire ce qu’elles savent sur leurs filles. Des filles peuvent être forcées de tout raconter sur leurs pères. Que sommes-nous devenus?» La loi américaine ne dispense que les époux de témoigner les uns contre les autres, mais il est très rare qu’un procureur exige d’entendre un parent contre son enfant. Selon un sondage de l’hebdomadaire «Newsweek» à paraître lundi, 47% des Américains estiment qu’il est «mal» d’obliger des parents à témoigner contre leurs enfants. 40% pensent que c’est «une bonne chose». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Monica Lewinsky, l’ancienne stagiaire de la Maison-Blanche au cœur du scandale politico -sexuel qui secoue la présidence, pourrait être appelée à témoigner cette semaine devant la chambre de mise en accusation qui vient d’entendre sa mère. Aucune date n’a officiellement été annoncée pour l’éventuelle comparution de la jeune femme devant le «grand jury», dans le cadre d’une enquête sur ses liens avec Bill Clinton. Selon plusieurs médias américains, Mlle Lewinsky pourrait être entendue à partir de mardi. Un témoignage de Monica serait déterminant pour l’avenir de M. Clinton: un mot de la jeune femme, avec qui le président aurait eu une relation sexuelle pendant qu’elle travaillait à la Maison-Blanche, et son mandat s’achèvera dans la disgrâce. Jusqu’à présent, les opposants républicains au...