Le commandant nigérian de la Force ouest-africaine (ECOMOG), le général Timothy Shelpidi, a assuré hier qu’il était déterminé à prendre Freetown. «Nous pouvons prendre la ville quand nous voulons», a-t-il ajouté sans préciser quand serait menée cette attaque. «Croisez les doigts et vous verrez», a-t-il lancé. «La junte a attaqué les forces de l’ECOMOG, et quand nous sommes attaqués nous répliquons», a-t-il affirmé. Hier, de violents combats entre les troupes de la junte et les soldats de l’ECOMOG ont repris aux abords de la capitale. «Les bruits se déplacent autour de la ville et l’ECOMOG semble se rapprocher», ont ajouté des résidents. Des tirs à l’arme lourde étaient entendus aux abords de l’aéroport international de Lungi, située de l’autre côté de la péninsule de Freetown et où est basée l’ECOMOG. Des obus, lancés depuis Lungi, semblent avoir atterri sur Kissy, dans la périphérie est de la ville. A l’intérieur de la capitale, dont la population est estimée à quelque 650.000 habitants, l’atmosphère était tendue. Certains civils se sont toutefois aventurés dans les rues pour faire quelques provisions dans les rares boutiques ouvertes. La radio d’Etat ne diffusait que de la musique, à la grande déception des habitants, anxieux de connaître les dernières nouvelles et d’entendre les recommandations du gouvernement militaire. Faisant référence aux accords de Conakry d’octobre dernier entre la junte et le gouvernement renversé, prévoyant un cessez-le-feu et le retour du pouvoir aux civils le 22 avril prochain, le général Shelpidi a estimé que les «négociations ont échoué». Interrogé sur le risque de faire des victimes civiles, le général Shelpidi a rétorqué: «Et bien, je pense que d’ici là la majorité des gens auront quitté la ville». Freetown est située à l’extrémité d’une péninsule et toutes les routes d’accès à l’intérieur du pays sont coupées depuis le début des combats. Aucune opération d’évacuation n’est envisagée. «C’est malheureux, mais je pense qu’ils vont bien trouver un chemin», a simplement commenté le commandant de l’ECOMOG. «Nous ne nous arrêterons que s’ils (les putschistes) déposent les armes», a-t-il poursuivi. Le général Shelpidi a accusé la junte, au pouvoir depuis le coup d’Etat du 25 mai, d’avoir profité du cessez-le-feu pour accumuler un stock d’armes, en violation de l’embargo décrété par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et approuvé par les Nations Unies. «Quand ils se sont sentis armés jusqu’aux dents, ils ont monté une embuscade en utilisant une mine, qui a blessé un soldat de l’ECOMOG», a affirmé le général. Selon lui, cette attaque a déclenché les combats, au cours desquels au moins 12 civils et treize soldats de la junte ont été tués. Le plan de paix de Conakry prévoyait le désarmement de tous les belligérants, mais la junte a refusé de rendre les armes à l’ECOMOG qu’elle juge partie au conflit. «Ce ne sont pas des gens raisonnables. Tout ce qu’ils savent dire c’est ouvrez le feu, tirez», a commenté le général Shelpidi. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le commandant nigérian de la Force ouest-africaine (ECOMOG), le général Timothy Shelpidi, a assuré hier qu’il était déterminé à prendre Freetown. «Nous pouvons prendre la ville quand nous voulons», a-t-il ajouté sans préciser quand serait menée cette attaque. «Croisez les doigts et vous verrez», a-t-il lancé. «La junte a attaqué les forces de l’ECOMOG, et quand nous sommes attaqués nous répliquons», a-t-il affirmé. Hier, de violents combats entre les troupes de la junte et les soldats de l’ECOMOG ont repris aux abords de la capitale. «Les bruits se déplacent autour de la ville et l’ECOMOG semble se rapprocher», ont ajouté des résidents. Des tirs à l’arme lourde étaient entendus aux abords de l’aéroport international de Lungi, située de l’autre côté de la péninsule de Freetown et où est...