Mort de l'écrivain Halldor Laxness, prix Nobel de littérature
le 10 février 1998 à 00h00
L’écrivain islandais Halldor Laxness, prix Nobel de littérature en 1955, est décédé dimanche soir à l’âge de 96 ans à son domicile, dans la banlieue de Reykjavik. Sa mort a été annoncée par son éditeur allemand Steidl Verlag et par la radio publique islandaise. L’itinéraire de Laxness se confond avec l’histoire de la nation islandaise dont il a accompagné, dans ses œuvres, la marche vers l’indépendance. Par son engagement communiste pendant la Guerre froide et ses prises de positions radicales, il fut un témoin controversé de la société islandaise. A 20 ans, après avoir rejeté la religion luthérienne et s’être converti au catholicisme, il avait adhéré aux idéaux socialistes à Hollywood où il s’était exilé entre 1927 et 1929 pour tenter de s’imposer comme scénariste. Par la suite, il fut le compagnon de route des communistes et un admirateur de l’Union soviétique jusqu’à l’invasion de la Hongrie en 1956. Plus, dans les années 60, il avait évolué vers un taoïsme tempéré. Dominant largement la littérature de son siècle en Islande, il avait exalté l’obstination individuelle, la fierté nationale et l’originalité de personnages osant afficher leur différence. Il fut longtemps haï par les paysans, qu’il accusait d’être sales et par les conservateurs et les défenseurs de la langue, car il a toujours refusé de respecter l’orthographe de l’islandais. Mais la jeune république islandaise a vu, depuis 50 ans, le parti qu’elle pouvait tirer de la description que Laxness faisait de la pauvreté passée des Islandais. Ce qui était sacrilège hier devenait faire-valoir de la société actuelle. Laxness avait manifesté son engagement politique dès son premier roman, «Salka Valka» (1931), portrait d’une mère et de sa fille travaillant dans la salaison de morue. Dans «Hommes libres» (1934), il avait montré les efforts désespérés d’un paysan pauvre pour faire renaître une terre désertée et gagner des espaces incultes. Puis, dans «Lumière du monde» (1937), il avait dressé le portrait d’un poète prolétarien et, dans «Cloche d’Islande» (1943-1946), celui d’un homme ayant sauvé de la destruction, au 18e siècle, les manuscrits des fameuses sagas médiévales. Dans «Station atomique» (1948), il avait condamné l’enrichissement immoral de la nation après la guerre. Après un intermède consacré au théâtre, ce fut le couronnement en 1955 avec le prix Nobel. Laxness avait consacré ses dernières années productives jusqu’en 1976 à édifier son propre mausolée dans divers recueils de souvenirs. (AFP)
L’écrivain islandais Halldor Laxness, prix Nobel de littérature en 1955, est décédé dimanche soir à l’âge de 96 ans à son domicile, dans la banlieue de Reykjavik. Sa mort a été annoncée par son éditeur allemand Steidl Verlag et par la radio publique islandaise. L’itinéraire de Laxness se confond avec l’histoire de la nation islandaise dont il a accompagné, dans ses œuvres, la marche vers l’indépendance. Par son engagement communiste pendant la Guerre froide et ses prises de positions radicales, il fut un témoin controversé de la société islandaise. A 20 ans, après avoir rejeté la religion luthérienne et s’être converti au catholicisme, il avait adhéré aux idéaux socialistes à Hollywood où il s’était exilé entre 1927 et 1929 pour tenter de s’imposer comme scénariste. Par la suite, il fut le...
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