La police chinoise a arrêté hier un militant démocrate à Shanghai à la suite de l’interpellation d’un dissident revenu clandestinement sur le territoire chinois dans l’intention de créer un parti politique d’opposition, a annoncé le Centre des droits de l’homme et du mouvement démocratique en Chine. Yang Qinheng, âgé de quarante-quatre ans, a été emmené hier matin par des agents qui se sont présentés chez lui avec un mandat d’arrestation. L’association, basée à Hong Kong, ajoute qu’un autre dissident de Shanghai est porté disparu depuis dimanche matin et que lui aussi se trouve très probablement en détention. Déjà condamné en 1990 pour publication clandestine de documents, Zhang Rujuan a purgé une peine d’un an et demi de prison. «Nous pensons qu’il y aura davantage d’arrestations», ajoute le centre d’information dans un communiqué. Ces arrestations, poursuit le centre, sont vraisemblablement liées à celle de Wang Bingzhang, un exilé vivant aux Etats-Unis qui a été incarcéré la semaine dernière après être revenu clandestinement en Chine pour y créer une formation politique d’opposition. Agé de cinquante ans, Wang Bingzhang est détenu depuis vendredi à Bengbu, dans la province du Anhui (centre de la Chine). Selon des sources proches de la dissidence chinoise, Wang, réfugié politique aux Etats-Unis, devait participer quelques jours plus tard à une réunion secrète qui devait aboutir à la création d’un parti politique d’opposition, le Parti de la justice. Fu Shenqi, dissident chinois en exil à New York, a dit que son interpellation contrariait les projets de congrès inaugural du Parti de la justice à la fin du mois dans «une ville du nord» de la Chine. La police chinoise pas plus que le ministère des Affaires étrangères ni les autorités locales n’ont confirmé ni démenti l’arrestation de Wang, indiquant que des vérifications étaient encore en cours. Le régime communiste chinois prohibe la constitution de partis politiques dont les fondateurs sont passibles de condamnation pour sédition. A Pékin, l’ambassade des Etats-Unis a annoncé lundi qu’elle se saisissait de son cas. «L’ambassade et le consulat général à Shanghai s’occupent activement de la question et tentent d’obtenir confirmation du statut et de la situation de cette personne auprès des autorités», a déclaré William Palmer, porte-parole de l’ambassade. Mais pour Frank Lu, du Centre d’information sur les droits de l’homme et le mouvement démocratique en Chine, Wang Bingzhang se trouve en «très mauvaise posture». «Il n’est pas citoyen américain (Wang ne dispose que d’une carte verte, ndlr) et, par conséquent, le gouvernement américain ne peut pas le protéger», a-t-il dit. «Il est très célèbre en Chine et donne la migraine au Parti communiste. Le Parti communiste sera probablement déterminé à le punir pour dissuader d’autres dissidents, notamment de l’étranger, de revenir clandestinement», poursuit-il. Wang, ajoute Frank Lu, voulait «créer un parti en Chine». «Pour le Parti communiste chinois, c’est une action visant clairement à renverser le gouvernement. C’est probablement ce qu’ils utiliseront pour l’accuser». Des militants du Groupe d’action du 5-Avril, une organisation radicale de Hong Kong, ont défilé hier jusqu’au siège décentralisé du ministère des Affaires étrangères aux cris de «Libérez Wang Bingzhang et les autres dissidents!». Un professeur de mathématiques de quarante-trois ans, Wang Tingjin, a été interpellé en compagnie de Wang Bingzhang. (Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La police chinoise a arrêté hier un militant démocrate à Shanghai à la suite de l’interpellation d’un dissident revenu clandestinement sur le territoire chinois dans l’intention de créer un parti politique d’opposition, a annoncé le Centre des droits de l’homme et du mouvement démocratique en Chine. Yang Qinheng, âgé de quarante-quatre ans, a été emmené hier matin par des agents qui se sont présentés chez lui avec un mandat d’arrestation. L’association, basée à Hong Kong, ajoute qu’un autre dissident de Shanghai est porté disparu depuis dimanche matin et que lui aussi se trouve très probablement en détention. Déjà condamné en 1990 pour publication clandestine de documents, Zhang Rujuan a purgé une peine d’un an et demi de prison. «Nous pensons qu’il y aura davantage d’arrestations»,...