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Actualités - Chronologie

La France révulsée après l'assassinat du préfet de Corse

Crime contre l’Etat, crime contre la Corse, crime contre la république, l’assassinat du préfet Claude Erignac, vendredi soir à Ajaccio, a soulevé une réprobation unanime dans une île malade où policiers et juges se mobilisent pour traquer les auteurs de ce crime sans précédent. Le président Jacques Chirac, le premier ministre Lionel Jospin et plusieurs membres du gouvernement feront aujourd’hui après-midi le voyage d’Ajaccio pour rendre un «hommage solennel» au préfet Erignac, abattu en pleine rue par deux tueurs, un acte qualifié d’abject par l’ensemble de la classe politique nationale et insulaire. Trois suspects qualifiés de «sérieux» — deux selon certaines sources —, interpellés dans la nuit du crime, reconnus par des témoins, étaient toujours interrogés par les policiers, assistés par les juges de la section antiterroriste du Parquet de Paris. Selon des sources policières, il s’agit de «petites frappes» résidant dans la banlieue d’Ajaccio, connues pour des braquages. Le véhicule des tueurs, une Golf blanche, a été retrouvé. Des tests scientifiques ont été pratiqués sur les suspects à la recherche de traces de poudre. Les premiers résultats n’étant pas concluants, d’autres tests devaient être effectués dès samedi soir dans un laboratoire marseillais. «Il nous faut vérifier l’exactitude de certains témoignages qui portent une certaine force. Mais même si ces témoignages étaient véritables, ils ne nous conduiraient pas aux véritables commanditaires», a prévenu le ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement, soulignant qu’un «fait aussi grave ne peut être le fait d’un ou deux individus isolés». Selon une source proche de l’enquête, les policiers n’écartaient pas samedi soir l’hypothèse d’un assassinat perpétré par un groupe dissident des mouvements clandestins armés, auteur de plusieurs attentats en Corse et sur le continent. Claude Erignac, 60 ans, en poste dans l’île depuis deux ans, est mort sur le coup vendredi à 21h15, frappé de quatre balles dans la nuque, alors qu’il se rendait à pied et sans escorte vers un théâtre où il devait assister à un concert avec son épouse. Les tueurs ont laissé sur les lieux un pistolet Beretta calibre 9 mm, qui avait été volé à des gendarmes pris en otage par un groupe encagoulé et armé, à Pietrosella (Corse-du-Sud), au mois de septembre. L’opération avait été revendiquée par un groupe «Sampieru», inconnu jusqu’alors et qui s’était ensuite auto-dissous. Condamnations officielles Plusieurs organisations nationalistes ont clairement condamné l’assassinat, à commencer par la Cuncolta naziunalista, vitrine légale du FLNC-Canal historique, qui avait annoncé voici quinze jours la rupture d’une trêve de ses opérations armées, décrétée en juin au lendemain de la victoire de la gauche aux législatives. Le visage fermé, Jacques Chirac a exprimé samedi matin du haut du perron de l’Elysée sa «détermination à ce que tout soit mis en œuvre pour que l’autorité de l’Etat soit respectée». «Les coupables seront châtiés», y compris ceux qui auraient «inspiré» ou «commandité» cet acte, renchérissait quelques heures plus tard à la préfecture d’Ajaccio le premier ministre Lionel Jospin. Frappée de stupeur, Ajaccio a rendu hommage samedi à la mémoire de ce préfet qui avait su séduire ses administrés et qui qualifiait les attentats de «cancer de la Corse». La dépouille de Claude Erignac repose dans le salon d’honneur de la préfecture. Ses obsèques devraient être célébrées aujourd’hui dans un village de sa Lozère (sud) natale, a-t-on appris de source policière. Son successeur à la préfecture devrait être nommé mercredi en Conseil des ministres. (AFP)
Crime contre l’Etat, crime contre la Corse, crime contre la république, l’assassinat du préfet Claude Erignac, vendredi soir à Ajaccio, a soulevé une réprobation unanime dans une île malade où policiers et juges se mobilisent pour traquer les auteurs de ce crime sans précédent. Le président Jacques Chirac, le premier ministre Lionel Jospin et plusieurs membres du gouvernement feront aujourd’hui après-midi le voyage d’Ajaccio pour rendre un «hommage solennel» au préfet Erignac, abattu en pleine rue par deux tueurs, un acte qualifié d’abject par l’ensemble de la classe politique nationale et insulaire. Trois suspects qualifiés de «sérieux» — deux selon certaines sources —, interpellés dans la nuit du crime, reconnus par des témoins, étaient toujours interrogés par les policiers, assistés par les...