Pour le Japon, empêtré dans une crise de confiance sans précédent, pour le Comité international olympique aussi, déstabilisé par les Jeux d’Atlanta, les XVIIIes Jeux d’hiver de Nagano font figure de Jeux de la rédemption. La compétition, qui aura lieu du 7 au 22 février dans les Alpes japonaises, à cinq heures de car de Tokyo, est une occasion unique, pour le pays-hôte comme pour l’instance sportive la plus puissante de la planète, de redorer son blason à l’aube du troisième millénaire. Lorsque le CIO a choisi Nagano pour organiser ces Jeux, il y a six ans et demi, le Japon ne montrait pas encore les signes de faiblesse financière qui ont ébranlé depuis la deuxième nation la plus riche du monde. La vie politique, traditionnellement mouvementée, était assez calme. Depuis, cinq hommes et quelques scandales se sont succédé à la tête du gouvernement. La corruption a touché de plein fouet certains des hommes d’affaires les plus éminents du pays. En raison de ses problèmes financiers, le pays a annoncé qu’il ne paierait pas, comme promis, les frais de voyage des athlètes. Malgré le succès des Jeux d’été de Tokyo en 1964, de ceux d’hiver de Sapporo en 1972, le doute s’installa: le pays du Soleil levant était-il encore capable d’organiser une manifestation gigantesque comme les Jeux, et ce sans anicroche? Un premier satisfecit Les mauvaises langues, parmi lesquelles certains responsables du CIO, s’inquiétèrent ouvertement de savoir si la bureaucratie et la rigidité nippones ne nuiraient pas aux Jeux. Leurs craintes furent alimentées par la polémique à propos de la piste olympique de descente de ski alpin. Il fallut cinq ans pour fixer l’emplacement du départ de la course, en raison de problèmes d’environnement locaux. La question ne fut réglée qu’il y a six semaines. Globalement pourtant, les organisateurs japonais, n’en déplaise aux Cassandre, ont reçu un satisfecit du CIO, à deux jours de la cérémonie d’ouverture. Les dirigeants olympiques, très échaudés par l’exemple d’Atlanta, où la plus grande confusion avait régné dans les transports et les transmissions, ont vu leurs craintes dissipées. Tout semble pour l’instant fonctionner, des navettes au système informatique. La seule grande crainte que partagent les organisateurs et le CIO demeure celle du terrorisme, le souvenir de la bombe d’Atlanta étant encore très présent, qu’un attentat au mortier à l’aéroport de Tokyo-Narita n’a fait que raviver. Il y a en outre la peur de voir la trêve olympique rompue par la crise irakienne latente. Le ministère des Affaires étrangères a annoncé jeudi qu’il demanderait aux gouvernements américain et irakien de respecter cette trêve, bien que très symbolique. Les Jeux en valent la chandelle pour Tokyo, dont la petite ville de Nagano, la plus au sud jamais choisie pour organiser des Jeux d’hiver, avec ses palmiers, sera métamorphosée par le passage du cyclone olympique. Il y a de nouveaux hôtels, de nouvelles routes, un nouveau train qui relie Tokyo en une heure et demie, deux fois moins de temps que les trains précédents. L’ensemble de ces installations a coûté 13 milliards de dollars. Mais 1,5 million de spectateurs sont attendus, et trois milliards de téléspectateurs. (Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Pour le Japon, empêtré dans une crise de confiance sans précédent, pour le Comité international olympique aussi, déstabilisé par les Jeux d’Atlanta, les XVIIIes Jeux d’hiver de Nagano font figure de Jeux de la rédemption. La compétition, qui aura lieu du 7 au 22 février dans les Alpes japonaises, à cinq heures de car de Tokyo, est une occasion unique, pour le pays-hôte comme pour l’instance sportive la plus puissante de la planète, de redorer son blason à l’aube du troisième millénaire. Lorsque le CIO a choisi Nagano pour organiser ces Jeux, il y a six ans et demi, le Japon ne montrait pas encore les signes de faiblesse financière qui ont ébranlé depuis la deuxième nation la plus riche du monde. La vie politique, traditionnellement mouvementée, était assez calme. Depuis, cinq hommes et quelques scandales...