L’épopée de Butch et Sundance, deux cochons évadés d’un abattoir anglais et finalement repris, a passionné l’Angleterre pendant toute une semaine, générant un engouement qui en dit long, à en croire la presse londonienne sur l’inconscient collectif des Britanniques. Alors qu’ils allaient être sacrifiés dans un abattoir de Malmesbury, dans le sud de l’Angleterre, tous deux se sont échappés à travers un trou dans le grille avant de franchir à la nage une rivière de cinq mètres et évitant la capture pendant une semaine. Les deux cochons au poil roux, âgés de cinq mois, ont été rapidement affublés des surnoms de Butch Cassidy et de Sundance Kid en mémoire des deux bandits de grand chemin de l’Ouest américain, alors que les appels se multipliaient pour qu’ils soient épargnés en cas de capture. L’affaire n’a pas quitté la Une de la presse britannique qui n’a pas hésité à recourir à des hélicoptères pour les repérer. Elle a quasiment éclipsé le regain de tension dans le Golfe ou l’engagement personnel du premier ministre Tony Blair dans la réforme de l’Etat-providence. Pis encore, après les poupées des Spice Girls, de Diana et des Teletubbies, un fabricant de jouets a annoncé que des peluches Sundance et Butch allaient déferler sur le marché britannique au prix de 10 livres (16 dollars) pièce. Pour le «Times», qui lui consacre un éditorial ironique en «donnant la parole» aux cochons, cette saga constitue «un classique des histoires de presse anglaises». «Notre aventure combine l’humour, avec une excentricité pince-sans-rire et une préférence pour les animaux au détriment des enfants. Notre évasion flatte l’amour des Anglais pour les calembours, la liberté et les opprimés», assure ainsi «Sundance». Au Panthéon Dans un autre éditorial, le «Guardian» appelle à «aimer le cochon qui sommeille en nous (...) parce qu’ils sont exactement comme nous». Le journal assure qu’il faut désormais «clarifier la relation profonde et complexe» qui existe entre les Britanniques et les cochons. «D’un côté, nous utilisons leur nom comme synonyme de saleté et de grossièreté (...) et malgré cela nous aimons nos amis roses», écrit le journal de centre-gauche. Butch et Sundance «vont rejoindre le Panthéon» porcin aux côtés de «Piglet», le cochonnet des aventures de Winnie l’Ourson de A.A. Milne, de Miss Peggy, la cochonne ronchonne du Muppet Show, ou de Babe, le cochon berger, assure le journal. «Ce n’est pas une coïncidence si les cochons sont souvent substitués à des être humains dans des films, dans les expériences scientifiques et autres. Notre attitude face aux cochons est la même que face aux humains: nous ne savons pas s’il faut les aimer ou les haïr», conclut le «Guardian». Quant au journal conservateur «Daily Mail», qui a acheté la paire de cochons à leur propriétaire pour 15.000 livres (24.500 dollars), il assure avoir retrouvé dans l’arbre généalogique de Butch et Sundance l’origine de leur indomptabilité. Butch et Sundance sont en effet les enfants d’Amadeus, un sanglier sauvage qui a été croisé avec Miss Piggy, une truie de la race des Ginger Tamworth, appartenant à Lord et Lady Cairns. Aristocrates par leur mère, ils auraient aussi hérité du côté sauvage et voyou de leur père. De son côté, l’Association britannique des végétariens a été quotidiennement submergée d’appels de personnes qui souhaitaient renoncer à manger de la viande. Triant les leçons de cette affaire, un porte-parole de l’association a estimé: «L’une des belles choses avec les Britanniques, c’est qu’il ne faut pas grand chose pour réveiller leur conscience». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’épopée de Butch et Sundance, deux cochons évadés d’un abattoir anglais et finalement repris, a passionné l’Angleterre pendant toute une semaine, générant un engouement qui en dit long, à en croire la presse londonienne sur l’inconscient collectif des Britanniques. Alors qu’ils allaient être sacrifiés dans un abattoir de Malmesbury, dans le sud de l’Angleterre, tous deux se sont échappés à travers un trou dans le grille avant de franchir à la nage une rivière de cinq mètres et évitant la capture pendant une semaine. Les deux cochons au poil roux, âgés de cinq mois, ont été rapidement affublés des surnoms de Butch Cassidy et de Sundance Kid en mémoire des deux bandits de grand chemin de l’Ouest américain, alors que les appels se multipliaient pour qu’ils soient épargnés en cas de capture....