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Actualités - Chronologie

Nicosie s'efforce d'atténuer l'hégémonie militaire turque au nord de Chypre

Les forces turques stationnées au nord de Chypre disposent d’une domination militaire écrasante, malgré la volonté du gouvernement chypriote-grec d’atténuer cette hégémonie en développant son propre armement. Selon une estimation occidentale, la Turquie entretient dans la partie nord de l’île — à majorité chypriote-turque — 33.000 hommes doublés d’une force chypriote-turque de 2.500 conscrits. La Garde Nationale chypriote-grecque est composée de 13.000 hommes alors que la Grèce entretient entre 1.500 et 2.500 hommes sur l’île. «Ce qui signifie que le long de la ligne verte (qui divise l’île depuis 1974), il y a 180 soldats turcs par km contre 70 chypriotes-grecs», selon un expert militaire tenant à garder l’anonymat. Sur le plan de l’armement, le déséquilibre est tout aussi flagrant avec 400 chars turcs contre 180 pour la Garde nationale chypriote. La Turquie est à environ cinq minutes de vol de l’île contre 45 minutes pour la Grèce. «Un équilibre des forces est impossible, tout simplement pour des raisons géographiques», selon Mustafa Akinci, président du parti chypriote-turc de Libération communale (opposition de gauche). Néanmoins, cette hégémonie a été remise en cause en 1997 avec l’annonce de la commande par Nicosie de missiles sol-air russes S-300 disposant d’un rayon d’action de plus de 100 km. Selon des experts militaires, ils pourraient interdire l’accès de l’espace aérien chypriote aux avions turcs. Négociations bloquées «Jusqu’à présent notre défense anti-aérienne nous permettait d’atteindre des objectifs à 14 km alors que les avions turcs sont dotés d’équipements capables de frapper à 80 km», souligne le président de la commission de Défense à l’Assemblée nationale chypriote-grecque, Dakis Hadjidemetriou (ADEL, opposition communiste). Selon lui, les missiles russes sont purement «dissuasifs». «Mais récemment il y a eu un changement chez les Turcs», assure Andréas Hadjikyriakos, spécialiste des relations entre les deux parties de l’île au quotidien Philefteros (indépendant). Alors qu’Ankara avait évoqué en septembre la perspective de frappes militaires, le «ministre» chypriote-turc de la Défense Taner Etkin s’est montré beaucoup plus vague, se bornant à parler de «contre-mesures» sans autre précision. M. Hadjidemetriou estime «important le changement de terminologie». Même «si une frappe ne peut être complètement exclue», les rétorsions turques pourraient être l’installation de nouveaux armements sur l’île dont des avions sur la base de Lefkoniko, selon lui. Selon les responsables chypriotes, la seule chance pour que les missiles n’arrivent pas serait un retrait substantiel des forces turques. Mais selon M. Akinci, «les militaires turcs n’accepteront jamais que les missiles servent de moyen de marchandage pour réduire leurs forces». Les négociations entre les deux parties, actuellement bloquées du fait des élections chypriotes, reprendront vraisemblablement en mars, sous l’égide de l’ONU, dont la force d’interposition est composée de 1.100 hommes. (AFP)
Les forces turques stationnées au nord de Chypre disposent d’une domination militaire écrasante, malgré la volonté du gouvernement chypriote-grec d’atténuer cette hégémonie en développant son propre armement. Selon une estimation occidentale, la Turquie entretient dans la partie nord de l’île — à majorité chypriote-turque — 33.000 hommes doublés d’une force chypriote-turque de 2.500 conscrits. La Garde Nationale chypriote-grecque est composée de 13.000 hommes alors que la Grèce entretient entre 1.500 et 2.500 hommes sur l’île. «Ce qui signifie que le long de la ligne verte (qui divise l’île depuis 1974), il y a 180 soldats turcs par km contre 70 chypriotes-grecs», selon un expert militaire tenant à garder l’anonymat. Sur le plan de l’armement, le déséquilibre est tout aussi flagrant avec 400...