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Actualités - Conferences Internationales

Davos : pas de solution miracle pour éviter les crises financières

Les responsables politiques et économiques réunis à Davos ont estimé qu’il fallait revoir le rôle des institutions internationales pour éviter de nouvelles crises financières mais n’ont pas réussi à dégager d’orientations claires sur une meilleure surveillance des marchés. Incapables de prévoir l’an dernier la crise asiatique dont les ondes de choc de sont propagées à l’ensemble des places financières internationales, les dirigeants politiques et économiques réunis dans le cadre du Forum économique mondial ont pris la mesure des risques posés par les mouvements erratiques de capitaux spéculatifs. Mais «il y a plus de questions que de réponses», a reconnu l’ancien premier ministre norvégien Gro Harlem Bruntland, qui résumait les discussions très privées d’un groupe de décideurs politiques et financiers connu sous le nom d’IGWEL, en marge du programme officiel du Forum. «Le principal danger de cette crise c’est qu’elle risque de conduire à des réactions protectionnistes», a-t-elle averti. Le financier américain George Soros a ouvert le débat en appelant à la création d’un nouveau mécanisme de régulation des marchés financiers, estimant que les institutions financières internationales n’étaient pas suffisamment armées face à la mondialisation et à la sophistication des marchés financiers. M. Soros a plaidé en faveur d’un nouvel accord de Bretton Woods, dans une allusion à l’accord fondateur de la Banque mondiale et du FMI au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. «Il n’y a pas de marchés parfaits sauf dans les théories abstraites des économistes», a de son côté estimé dimanche la «First Lady» américaine Hillary Clinton. Elle a exhorté les responsables économiques à faire pression sur leurs gouvernements afin qu’il y ait une évolution vers «un certain consensus sur la façon de traiter les problèmes posés par les marchés». Pour le président brésilien Fernando Henrique Cardoso «un nouveau Bretton Woods... qui inclurait des éléments en matière de transparence et de régulation, est nécessaire», mais pas forcément sous la forme d’un nouvel organisme international de surveillance. Les institutions internationales (FMI, Banque mondiale, OCDE ou OMC) ont de leur côté rejeté l’idée qu’il fallait créer une nouvelle organisation, tout en reconnaissant qu’elles devaient assouplir leur fonctionnement et mieux se coordonner. Le directeur général adjoint du FMI Stanley Fischer a aussi relevé que si la surveillance des marchés financiers «se fait dans une large mesure au travers du FMI», il fallait aussi «trouver le moyen d’amener le secteur privé à partager le fardeau dans les situations de panique». Selon un représentant d’une banque suisse basée à Hong Kong, «Il faut attribuer au FMI un rôle beaucoup plus agressif» car il n’a pas de mandat pour forcer les gouvernements à assainir leur secteur financier. Dans le cas de la Thaïlande, le FMI avait tiré la sonnette d’alarme depuis plus d’un an en multipliant les missions discrètes auprès du gouvernement thaïlandais, mais il s’est heurté à l’incrédulité de ses interlocuteurs et n’a pu obtenir qu’ils redressent la barre à temps. Tous les participants s’accordent en effet à considérer que chaque pays doit d’abord commencer par mettre de l’ordre dans son secteur financier en mettant en place des autorités de surveillance et en faisant respecter par les institutions financières des règles de prudence en matière de risques. Les maîtres-mots sont «transparence et crédibilité» si l’on veut éviter les inconvénients de la mondialisation, a souligné Mme Bruntland. Des dirigeants syndicaux présents à Davos ont de leur côté accusé le FMI d’utiliser l’argent des contribuables «pour renflouer les responsables de la catastrophe» et d’aggraver les difficultés de millions d’ouvriers qui vont perdre leur travail. Les leçons de la tempête asiatique seront en tout cas au centre de la réunion du G7 Finances le 21 février à Londres. La France entend y faire des propositions pour une meilleure régulation internationale des mouvements des capitaux et pour associer le secteur privé à la prévention des crises. (AFP)
Les responsables politiques et économiques réunis à Davos ont estimé qu’il fallait revoir le rôle des institutions internationales pour éviter de nouvelles crises financières mais n’ont pas réussi à dégager d’orientations claires sur une meilleure surveillance des marchés. Incapables de prévoir l’an dernier la crise asiatique dont les ondes de choc de sont propagées à l’ensemble des places financières internationales, les dirigeants politiques et économiques réunis dans le cadre du Forum économique mondial ont pris la mesure des risques posés par les mouvements erratiques de capitaux spéculatifs. Mais «il y a plus de questions que de réponses», a reconnu l’ancien premier ministre norvégien Gro Harlem Bruntland, qui résumait les discussions très privées d’un groupe de décideurs politiques et...