L’homme des glaces «Hibernatus» a rejoint, 5.300 ans après sa mort et six ans et demi après sa découverte, sa dernière demeure: le Musée d’archéologie de Bolzano, dans le Haut-Adige (nord de l’Italie), où il va être exposé au public. Au grand dam des Autrichiens, il a été prouvé que l’homme des glaces avait été découvert sur un glacier des Dolomites italiennes, à 92,5 mètres de la frontière autrichienne et qu’il revenait donc aux Italiens de l’accueillir définitivement. Conservé depuis sa découverte en 1991 à l’université d’Innsbruck (ouest de l’Autriche), la momie est partie vendredi matin pour Bolzano. Placée pour ce transport routier délicat dans un conteneur frigorifique, elle a franchi la frontière au col du Brenner près d’une heure après son départ. L’homme des glaces a bénéficié de mesures de sécurité particulières, accompagné jusqu’à la frontière par des policiers autrichiens et un hélicoptère du ministère de l’Intérieur, puis pris en charge par les carabiniers italiens armés. Son transfert n’a en effet pas fait l’unanimité: un responsable de l’université d’Innsbruck (ouest de l’Autriche) a récemment rendu publique une lettre de menace visant à empêcher ce transfert. De nombreux Autrichiens ont souhaité que «Oetztaler Alpen») reste en Autriche. L’homme des glaces sera exposé à partir du 28 mars au Musée d’archéologie de Bolzano. Le professeur Konrad Spindler, directeur du département préhistorique de l’université d’Innsbruck qui a travaillé depuis le début sur ce corps, a estimé que cela relevait du «sensationnalisme» visant à attirer les foules grâce à «un objet le plus macabre qui soit». Mort d’épuisement La polémique sur ce transfert est à la hauteur de la sensationnelle découverte de cette momie, le 19 septembre 1991 par un couple de randonneurs allemands, à 3.200 mètres d’altitude. La glace et la moisissure ont étonnamment bien conservé le corps. «Jamais encore on n’a retrouvé un corps datant de cette époque en aussi bon état. La peau est apparente sur le squelette et le corps présente encore quelques muscles», commentait à l’époque le professeur Spindler. Cette momie de l’âge de bronze a été trouvée entourée d’un carquois en cuir, d’une hâche, d’un couteau, d’une pierre à feu et de chaussures fourrées de foin ainsi que 14 flèches de 75 cm de long dont les pointes sont en os. Etudiant sans relâche ce corps, les scientifiques ont émis l’hypothèse, en 1995, que «Hibernatus» était affamé avant sa mort et qu’il est décédé d’épuisement à 45 ans, mesurant 1,60 mètre. Au moment de sa mort, il avait plusieurs côtes récemment cassées. Il a été déterminé qu’il fuyait des poursuivants et qu’il est mort recouvert de la neige qui tombait ce jour-là. On suspecte également qu’il est mort fin septembre début octobre, en raison des traces de prunelles retrouvés près de lui, et qui sont des fruits de cette saison. Une fois déshydraté, ce corps ne pesait plus que 13 kilos. La cellule de glace où doit maintenant reposer «Hibernatus» à Bolzano a été spécialement fabriquée par une firme italienne et testée depuis octobre 1996. L’aménagement de cette cellule a coûté environ un million de dollars, selon des experts italiens. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’homme des glaces «Hibernatus» a rejoint, 5.300 ans après sa mort et six ans et demi après sa découverte, sa dernière demeure: le Musée d’archéologie de Bolzano, dans le Haut-Adige (nord de l’Italie), où il va être exposé au public. Au grand dam des Autrichiens, il a été prouvé que l’homme des glaces avait été découvert sur un glacier des Dolomites italiennes, à 92,5 mètres de la frontière autrichienne et qu’il revenait donc aux Italiens de l’accueillir définitivement. Conservé depuis sa découverte en 1991 à l’université d’Innsbruck (ouest de l’Autriche), la momie est partie vendredi matin pour Bolzano. Placée pour ce transport routier délicat dans un conteneur frigorifique, elle a franchi la frontière au col du Brenner près d’une heure après son départ. L’homme des glaces a...