D’une côte à l’autre des Etats-Unis, les Américains ont la même réaction face au scandale Lewinsky: ils ne se font guère d’illusion sur l’intégrité de Bill Clinton, mais font la différence entre l’homme privé et un président qu’ils créditent des bons résultats de l’économie. L’affaire «ne semble pas affecter sa capacité à faire son travail. Ce qu’il fait dans sa chambre, c’est son problème», affirme John Sawatzki, un passant interrogé à Amarillo (Texas). Comme lui, 68% des Américains souhaitent que M. Clinton reste à son poste, selon le nouveau sondage, et 62% pensent qu’il est capable de poursuivre sa tâche. «C’est sa vie personnelle. Ce qui m’intéresse, c’est les impôts, l’éducation et la couverture sociale», explique Ingrid Robinson, une employée de Miami. «Il devrait rester président, parce qu’il a fait du bon travail», renchérit Steve, qui travaille dans un restaurant français de Los Angeles. «Son job n’est pas celui de «premier époux», il est président des Etats-Unis, et c’est sa réussite à ce poste qui doit nous intéresser», explique Mitsu Hadeishi, dans un forum de discussion Internet de la côte ouest. Moins d’un Américain sur quatre (22%) pense que M. Clinton a commis quelque chose d’illégal, à savoir qu’il a conseillé à Monica Lewinsky de mentir à la justice pour cacher leur liaison. Mais sur ce point, nombreux sont ceux qui ne sont pas prêts à lui pardonner. De la folie «Il ment, explique George Holcomb, mais aucun tribunal ne le condamnera». «Mon seul problème, c’est s’il a menti. S’il a menti, il doit être destitué et quitter ses fonctions», ajoute Kathleen, une assistante judiciaire de Los Angeles. Un quart des Américains se disent d’ailleurs persuadés que le plus tôt sera le mieux pour le départ de M. Clinton. «Il doit démissionner. Le pays ne peut pas rester entre les mains d’un tel homme», affirme Wilfredo Prelaes, un Américain d’origine cubaine, commerçant à Miami. Mais le scandale n’a pas ébranlé la confiance de 25% des Américains, qui n’accordent aucune foi aux cassettes dans lesquelles Monica Lewinsky, 24 ans, raconte sa présumée liaison avec le président. «Je suis dégoûtée par ce que la presse a écrit et dit sur le président, mettant à nu sa vie privée avant que la justice ne passe», s’offusque Ileana Valdez, une Cubaine de 45 ans. Un homme a même décidé de riposter, écrivant au procureur indépendant Kenneth Starr. Il lui a réclamé, invoquant la liberté d’information, «toutes les informations possibles sur (ses) préférences sexuelles, ses intérêts et ses activités durant les 12 dernières années». «Je veux aussi les noms, les adresses et les téléphones de toutes ses partenaires sexuelles, et le téléphone de leurs avocats», a ajouté dans sa lettre Robert Ambrose, 50 ans, un démocrate de Concord (Massachusetts). «Je n’attends pas de réponse», a-t-il confié. Mais ajoute-t-il, «c’est de la folie. Personne ne devrait avoir le droit légal de poser des questions comme» celles que pose M. Starr concernant Clinton. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats D’une côte à l’autre des Etats-Unis, les Américains ont la même réaction face au scandale Lewinsky: ils ne se font guère d’illusion sur l’intégrité de Bill Clinton, mais font la différence entre l’homme privé et un président qu’ils créditent des bons résultats de l’économie. L’affaire «ne semble pas affecter sa capacité à faire son travail. Ce qu’il fait dans sa chambre, c’est son problème», affirme John Sawatzki, un passant interrogé à Amarillo (Texas). Comme lui, 68% des Américains souhaitent que M. Clinton reste à son poste, selon le nouveau sondage, et 62% pensent qu’il est capable de poursuivre sa tâche. «C’est sa vie personnelle. Ce qui m’intéresse, c’est les impôts, l’éducation et la couverture sociale», explique Ingrid Robinson, une employée de Miami. «Il devrait...