Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Pégase : une mission spatiale franco-russe

Lorsque la fusée transportant l’équipage de la mission spatiale franco-russe Pégase s’élèvera jeudi vers le ciel kazakh au-dessus de Baïkonour, elle produira un spectacle auquel le général Charles de Gaulle fut le premier Occidental à assister, il y a plus de trente ans. En effet, les débuts de la coopération entre la France et l’ancienne Union soviétique remontent à 1966, date à laquelle, malgré la guerre froide, Paris et Moscou signaient un premier accord inter-gouvernemental ouvrant un champ d’action dans l’exploration spatiale. Après avoir permis aux scientifiques français de réaliser au fil des ans toute une série d’expériences sur des satellites soviétiques — coopération qui se poursuit toujours aussi bien dans le domaine de l’observation de la Terre et de l’observation astronomique que dans la biologie spatiale et l’expérimentation en microgravité —, un pas hautement symbolique fut franchi en 1982. Le 24 juin de cette année-là, le Français Jean-Loup Chrétien devint le premier Occidental à effectuer un vol à bord de la station orbitale soviétique d’alors, Saliout-7, dans le cadre de la mission d’une semaine PVH (Premier Vol Habité). Jean-Loup Chrétien est retourné dans l’espace six ans plus tard à l’occasion de la mission Aragatz grâce à laquelle il découvre la nouvelle station Mir, mise en orbite entre-temps, en 1986. A noter qu’au cours de ce vol d’un mois, entre novembre et décembre 1988, le Français devint le premier étranger autorisé à effectuer une sortie extra-véhiculaire aux côtés d’un cosmonaute soviétique. Chrétien retrouvera par ailleurs Mir en septembre 1997, en y débarquant depuis la navette américaine Atlantis. L’éclatement de l’URSS fut sans conséquence sur cette coopération bien entrée dans les mœurs. Ainsi, à la fin juillet 1992, Michel Tognini (mission Antarès) partit pour dix jours vers Mir, désormais aux couleurs russes. En juillet 1993, Jean-Pierre Haigneré passa trois semaines à bord de Mir (mission Altaïr). En août 1996, ce fut le tour de la première Française, Claudie André-Deshays, chargée de mener à bien la mission Cassiopée (deux semaines). La mission suivante, Pégase, fut fixée à la mi-1997. Toutefois, les conséquences de la collision entre un vaisseau de transport de fret Progress et l’un des modules accrochés à Mir, Spektr, survenue en juin, ont obligé en août le Français Léopold Eyharts à céder sa place dans le Soyouz au matériel de réparation et à retarder son vol jusqu’en janvier 1998. L’année prochaine, la septième et dernière mission habitée franco-russe de cette série devrait être celle du retour dans l’espace de Jean-Pierre Haigneré pour un séjour de trois mois. Il sera parmi les derniers à se rendre dans la vieille station Mir qui, selon le programme initial, aurait dû être abandonnée depuis 1991. Dernière grande réalisation spatiale mise en œuvre par l’URSS pour rivaliser avec les Etats-Unis, Mir aura finalement joué un rôle de choix dans le renforcement de la coopération internationale et servi de banc d’essai à la construction de la Station spatiale internationale (ISS), qui doit être mise en chantier prochainement. (AFP)
Lorsque la fusée transportant l’équipage de la mission spatiale franco-russe Pégase s’élèvera jeudi vers le ciel kazakh au-dessus de Baïkonour, elle produira un spectacle auquel le général Charles de Gaulle fut le premier Occidental à assister, il y a plus de trente ans. En effet, les débuts de la coopération entre la France et l’ancienne Union soviétique remontent à 1966, date à laquelle, malgré la guerre froide, Paris et Moscou signaient un premier accord inter-gouvernemental ouvrant un champ d’action dans l’exploration spatiale. Après avoir permis aux scientifiques français de réaliser au fil des ans toute une série d’expériences sur des satellites soviétiques — coopération qui se poursuit toujours aussi bien dans le domaine de l’observation de la Terre et de l’observation astronomique que dans...