La presse et les milieux politiques du Proche-Orient continuent de s’interroger sur les conséquences éventuelles du scandale sexuel touchant le président américain Bill Clinton sur la crise irakienne et le processus de paix israélo-arabe. l A BAGDAD, la presse officielle se déclare convaincue que la meilleure sortie pour M. Clinton, empêtré dans le plus sérieux scandale sexuel de sa présidence, est une attaque contre l’Irak. «Pour détourner l’attention (...), il est possible que le président Clinton commette une nouvelle folie militaire contre L’Irak», écrivait dès samedi l’influent quotidien Babel dirigé par le fils du président Saddam Hussein, Oudaï. Tout en maintenant le silence sur le scandale, le président Clinton avait réuni samedi ses conseillers en matière de sécurité nationale pour examiner les derniers développements de la crise entre l’ONU et Bagdad, née du refus de l’Irak d’autoriser les experts internationaux d’inspecter ses palais présidentiels. l A JERUSALEM, un haut responsable israélien a estimé que ce scandale n’affecterait pas les efforts des Etats-Unis pour relancer le processus de paix. «La machine du pouvoir à Washington est construite de façon à ne pas être affectée par ce genre d’affaires», a affirmé M. Uzi Arad, le conseiller diplomatique du premier ministre Benjamin Netanyahu. l Le quotidien officiel syrien «Syria Times» a accusé le «lobby sioniste au Congrès» américain, d’avoir orchestré le scandale sexuel contre le président américain pour qu’il prenne des décisions favorables à Israël. «Comme toujours, lorsque les vues entre Israël et les Etats-Unis diffèrent au sujet du conflit du Proche-Orient, le lobby sioniste et notamment le Congrès font fonctionner la machine du chantage et des pressions» contre le président américain, écrit le quotidien de langue anglaise. «Les sénateurs et les membres de la Chambre des représentants — qui appuient le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et qui surpassent en nombre les membres du Parlement israélien —, ainsi que des institutions sionistes s’activent fébrilement pour influer sur la décision des Etats-Unis pour qu’elle soit favorable au sionisme et serve les propres intérêts d’Israël», a poursuivi le quotidien syrien. M. Netanyahu a été personnellement accusé samedi par le quotidien officiel «as-Saoura» d’avoir organisé le scandale sexuel contre M. Clinton, pour «ligoter l’administration américaine» et l’empêcher d’exercer des pressions réelles contre Israël. L’analyse est partagée par le mouvement intégriste palestinien Hamas, dont le guide spirituel cheikh Ahmed Yassine avait déclaré dès vendredi n’avoir aucun doute sur «l’implication du lobby sioniste dans ce scandale». «Ils (les Israéliens) suscitent des désastres pour quiconque leur cause des problèmes», a-t-il affirmé. l Pour sa part, l’Iran semble prendre au sérieux le scandale qui touche le président Clinton. La radio d’Etat a estimé que l’affaire était de nature à «compromettre l’avenir et même susciter le départ» du chef de l’exécutif américain. Un journal ironise lundi sur le couple Clinton. Selon «Iran News», le président Bill Clinton a donné une nouvelle signification au mot «union» à la veille de son important discours devant le Congrès. «Tous les regards du monde, et non pas seulement aux Etats-Unis, sont braqués sur l’état des unions passées du président», écrit l’éditorialiste de ce journal proche du ministère des Affaires étrangères. A propos de l’épouse de Bill Clinton, le journal écrit: «Depuis sa plus tendre enfance, Hillary a toujours voulu être la «première dame» (des Etats-Unis). Au dernier décompte et comme nous mettons sous presse, elle figure aujourd’hui en quatrième position». La question d’une éventuelle reprise des relations diplomatiques entre Téhéran et Washington, poursuit «Iran News», «(...) ne pourrait être évoquée qu’après avoir fait cadeau au président des Etats-Unis d’une solide ceinture métallique à cadenas dont Hillary aura la clé». Plus sérieusement, le journal de langue farsi «Qods» ne croit pas à l’hypothèse avancée, notamment, par une partie de la presse arabe selon laquelle l’affaire Lewinsky aurait été montée de toutes pièces par le «lobby sioniste». «L’immoralité fait partie des cultures occidentale et américaine, et les milieux sionistes n’ont fait qu’exploiter dans le temps l’immoralité du président des Etats-Unis pour servir leurs intérêts politiques». (Reuters, AFP)
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