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Actualités - Chronologie

La construction d'une nouvelle station internationale sonne le glas de Mir

La construction à partir de 1998 de la station spatiale internationale marquera le début d’une longue cérémonie d’adieux à la station Mir, dernier bastion de la suprématie russe dans l’espace. Pourtant Mir, qui a déjà fait preuve d’une extraordinaire longévité avec 12 ans d’exploitation ininterrompue au lieu de cinq ans initialement prévus, ne s’arrêtera pas de tourner en juin 1998, avec la mise en orbite du premier élément de la nouvelle station. Les responsables de l’agence spatiale russe prévoient qu’elle continuera à être exploitée — et donc que des cosmonautes russes continueront à l’occuper en permanence au moins jusqu’à la mi-99, date prévue pour le premier vol habité sur la nouvelle station internationale. «La décision définitive d’arrêter l’exploitation de Mir ne sera prise qu’une fois que le premier vol habité sur la station internationale aura eu lieu, et qu’on sera sûr qu’elle tourne bien», a indiqué Sergueï Gorbounov, assistant au directeur de l’agence spatiale russe Iouri Koptev. Mais si la décision formelle reste à prendre, le renoncement de principe de la Russie à sa propre station spatiale est entériné depuis longtemps, de même que la technique qui sera utilisée pour ramener la station en douceur depuis 400 km d’altitude jusqu’au fond du Pacifique. Les multiples accidents survenus à bord de la station russe ces derniers mois n’ont fait que la confirmer. Dès 1990, explique M. Gorbounov, l’avancement des discussions sur la construction d’une station internationale rendait caducs les plans soviétiques de lancement de Mir-2, qui devait initialement succéder à Mir. «On ne pouvait pas ne pas participer au projet international. Et si on y participait, on ne pouvait pas maintenir nos plans pour Mir-2. Cela n’avait plus de sens, pour des raisons d’argent comme pour des raisons scientifiques». Les raisons financières ont été primordiales: les fonds octroyés au secteur spatial russe, autrefois l’enfant chéri du régime soviétique, ont été diminués par plus de 10 en termes constants depuis 10 ans, rappelle M. Gorbounov. Le budget annuel de l’agence spatiale russe, d’environ 600 millions de dollars en 1997, est aujourd’hui 20 fois inférieur au budget américain, selon lui. L’argent manque à tous les niveaux. La construction des éléments russes de la station internationale a pris du retard faute de fonds, les deux tiers des satellites militaires russes en orbite ont épuisé leurs ressources, les recherches sur les technologies du futur ont été gelées, soulignait récemment le quotidien Kommersant. A bord de Mir, les cosmonautes usent désormais les pièces jusqu’à la corde avant de les remplacer. Sans le génie des Russes, habitués sur terre à improviser n’importe quelle réparation, on voit mal comment la station pourrait continuer à fonctionner. Mais aussi rationnelle que soit la décision d’arrêter Mir, et même si l’expérience accumulée depuis 12 ans profitera énormément à la station internationale, l’amertume est réelle pour les cosmonautes russes. Eux qui ont battu tous les records de longévité dans l’espace, qui furent formés dans l’idée de poursuivre l’épopée du Spoutnik et de Iouri Gagarine, ont du mal à avaler l’idée d’un commandement américain — même partiel — de la future station internationale. «On les comprend, ils ne veulent pas qu’on les traite comme des enfants, avec toute l’expérience qu’ils ont», explique M. Gorbounov. (AFP)
La construction à partir de 1998 de la station spatiale internationale marquera le début d’une longue cérémonie d’adieux à la station Mir, dernier bastion de la suprématie russe dans l’espace. Pourtant Mir, qui a déjà fait preuve d’une extraordinaire longévité avec 12 ans d’exploitation ininterrompue au lieu de cinq ans initialement prévus, ne s’arrêtera pas de tourner en juin 1998, avec la mise en orbite du premier élément de la nouvelle station. Les responsables de l’agence spatiale russe prévoient qu’elle continuera à être exploitée — et donc que des cosmonautes russes continueront à l’occuper en permanence au moins jusqu’à la mi-99, date prévue pour le premier vol habité sur la nouvelle station internationale. «La décision définitive d’arrêter l’exploitation de Mir ne sera prise...