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Actualités - Chronologie

Superstitions, traditions et voyage dans l'espace

Le spationaute français Léopold Eyharts, qui décolle le 29 janvier vers la station Mir, a sacrifié dans le «bureau de Gagarine» à la première des traditions quasi superstitieuses qui précèdent chaque vol d’un équipage russe depuis plus de trente-cinq ans. C’est le commandant de bord de la mission, l’expérimenté Talgat Moussabaev, qui a signé le premier le livre d’or de la Cité des Etoiles, le centre d’entraînement des cosmonautes enfoui dans la neige à 40 kilomètres au nord de Moscou. Ses équipiers Nikolaï Boularine et Léopold Eyharts ont aussi apposé leurs paraphes, imités ensuite par leurs doublures. «C’est ici, depuis presque trente ans, que tous les cosmonautes en partance pour l’espace sont venus signer le livre d’or, à cette table même», lance un peu cérémonieusement un officier de l’armée de l’air aux cosmonautes, qui posent pour une traditionnelle photo. La cérémonie réunit à peine dix personnes, dans une petite pièce sobre du musée de la Cité des Etoiles: une reconstitution minutieuse du bureau personnel de Iouri Gagarine, le premier cosmonaute de l’humanité. Sur la table de travail trônent quelques objets simples, un porte-plume, un presse-livre. Deux globes terrestres et un portrait de Sergueï Korolev, le père du programme spatial russe, décorent la salle. Derrière le bureau, une carte géante de l’ex-URSS couvre tout le mur. Dans la semaine, les trois voyageurs de l’espace se rendront aussi à Moscou pour fleurir la tombe de Iouri Gagarine, au pied de la muraille du Kremlin, comme l’ont fait tous leurs devanciers. «Nous ne sommes pas vraiment superstitieux, mais nous nous efforçons de respecter les traditions pour ne pas tenter le mauvais sort», affirme avec un sourire Léopold Eyharts, dont les équipiers russes, tout scientifiques qu’ils soient, sont issus néanmoins d’un peuple où les superstitions font partie de la vie quotidienne. «Dans notre salle de sport, l’armoire de Iouri Gagarine porte toujours son nom, et l’on peut y voir son survêtement et ses chaussures de tennis», que l’on vénère comme des reliques, ajoute le Français. Cérémonial Le 24 janvier, l’équipage sera transféré au cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan. «Là nous attend une autre tradition incontournable», raconte Jean-Pierre Haigneré, le spationaute français qui vola sur Mir en 1993 et joue cette fois le rôle de double de Eyharts: «Avant chaque décollage, les cosmonautes visionnent le film soviétique ‘Le soleil blanc du désert’, un film de guerre dont le héros russe se sort de toutes les situations les plus difficiles». A Baïkonour, chaque mise en place d’une fusée donne lieu au même immuable cérémonial: le chef ingénieur, malgré les températures de 30 degrés en dessous de zéro qui règnent en janvier, précède à pied sa fusée sur les rails qui la conduit du hall d’assemblage jusqu’au pas de tir. Comme le faisait le légendaire Korolev. Le matin du décollage, enfin, les cosmonautes laisseront leur autographe sur la porte de leur chambre, dernière trace de leur séjour terrestre avant le grand saut. En arrivant sur Mir, ils seront accueillis par l’actuel équipage selon la plus vieille des traditions russes: l’offrande du pain et du sel. Léopold Eyharts, qui se plie avec plaisir à ces cérémoniaux, emporte lui aussi dans ses bagages personnels quelques objets symboliques, qu’il remettra ensuite aux proches qui les lui ont confiés pour un «baptême de l’espace»: «Je suis né à Biarritz (ville de la région basque dans le sud-ouest de la France), et j’emporte une petite chistera» (raquette de pelote basque), confie-t-il. «De même qu’un petit quelque chose évoquant l’école de l’air de Salon-de-Provence (sud de la France), où j’ai été formé comme pilote de chasse», ajoute-t-il soucieux de ne pas trop en dire. (AFP)
Le spationaute français Léopold Eyharts, qui décolle le 29 janvier vers la station Mir, a sacrifié dans le «bureau de Gagarine» à la première des traditions quasi superstitieuses qui précèdent chaque vol d’un équipage russe depuis plus de trente-cinq ans. C’est le commandant de bord de la mission, l’expérimenté Talgat Moussabaev, qui a signé le premier le livre d’or de la Cité des Etoiles, le centre d’entraînement des cosmonautes enfoui dans la neige à 40 kilomètres au nord de Moscou. Ses équipiers Nikolaï Boularine et Léopold Eyharts ont aussi apposé leurs paraphes, imités ensuite par leurs doublures. «C’est ici, depuis presque trente ans, que tous les cosmonautes en partance pour l’espace sont venus signer le livre d’or, à cette table même», lance un peu cérémonieusement un officier de...