La croûte océanique, notamment dans les zones recouvertes d’une couche épaisse de boues à plus de 4.000 m de profondeur, pourrait accueillir les déchets nucléaires les plus dangereux, suggèrent deux Américains dans le numéro de janvier de Scientific American. Le volume des déchets engendrés par les 434 centrales nucléaires en service ne cesse de croître, auxquels s’ajoutent ceux du démantèlement des missiles balistiques, américains et ex-soviétiques notamment. Plutonium, uranium très enrichi, actinides s’entassent dans les centrales ou dans des centres de stockage toujours provisoires dans l’attente de la construction définitive d’installations souterraines. Confrontés aux campagnes des écologistes, les «politiques» ne sont pas encore prêts à prendre des décisions, d’autant plus que les «techniciens» ne parviennent pas à se faire une religion quant aux avantages respectifs des technologies possibles, tout en soulignant l’urgence du problème. D’où l’intervention de Charles Hollister et Steven Nadis. Vice-président du Woods Hole Oceanographic Institution, le premier étudie le stockage dans les sédiments océaniques depuis 30 ans. Le second, journaliste scientifique, fait partie de l’Union of Concerned Scientists mais s’est penché sur les problèmes du transport des déchets pour le World Resources Institute. Ils admettent que leur solution nécessite encore des études notamment sur l’éventuelle dispersion, au fil des milliers d’années, des produits radioactifs libérés par la lente destruction des verres qui les emprisonneront dans des conteneurs spéciaux. Il faudra sans doute y consacrer 250 millions de dollars, chiffre à comparer aux deux milliards déjà dépensés pour la seule évaluation du site de Yucca Mountain (Nevada) où les Etats-Unis projettent d’installer leur centre de stockage. Des zones sans activité sismique Grâce aux connaissances accumulées dans le cadre du Programme international de forages océaniques (ODP) et lors des études des pétroliers sur les gisements sous-marins, on a localisé, au milieu des plaques tectoniques, des zones sans activité volcanique ou sismique, aptes à ces stockages. Dans ces régions, depuis 50 à 100 millions d’années, les sédiments, sous forme de boues argileuses épaisses de plusieurs centaines de mètres, ayant la consistance du beurre d’arachide, se sont accumulés. Ils constituent un matériau facile à forer dont la plasticité assurerait le rebouchage facile des trous et des éventuelles fissures susceptibles de se former autour des conteneurs en raison de la chaleur dégagée. L’Atlantique comme le Pacifique recèlent des zones de ce genre, affirment les deux auteurs, et il y en a sans doute ailleurs. Creuser des puits de plusieurs centaines de mètres dans ces sédiments, les repérer pour revenir y déposer d’autres conteneurs à vingt mètres les uns au-dessus des autres ne poserait pas de problème particulier. Il y a quelques années, certains avaient proposé de ficher, à l’aide de torpilles téléguidées, les conteneurs de déchets dans ces gisements boueux. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La croûte océanique, notamment dans les zones recouvertes d’une couche épaisse de boues à plus de 4.000 m de profondeur, pourrait accueillir les déchets nucléaires les plus dangereux, suggèrent deux Américains dans le numéro de janvier de Scientific American. Le volume des déchets engendrés par les 434 centrales nucléaires en service ne cesse de croître, auxquels s’ajoutent ceux du démantèlement des missiles balistiques, américains et ex-soviétiques notamment. Plutonium, uranium très enrichi, actinides s’entassent dans les centrales ou dans des centres de stockage toujours provisoires dans l’attente de la construction définitive d’installations souterraines. Confrontés aux campagnes des écologistes, les «politiques» ne sont pas encore prêts à prendre des décisions, d’autant plus que les...