Le «lider maximo» Fidel Castro, qui recevra Jean-Paul II du 21 au 25 janvier, a été élevé dans une famille catholique et éduqué dans des collèges religieux avant de devenir l’un des plus ardents – aujourd’hui l’un des derniers – défenseurs du communisme. La maison de son enfance à Biran, dans l’est de Cuba, était remplie d’images pieuses de la Vierge de la Charité, patronne de l’île, de Saint Joseph, du Christ et de Saint Lazare. «Ma mère (Lina Ruz) était une croyante pleine de ferveur, elle priait tous les jours, elle mettait des cierges à la Vierge et aux saints et les harcelait constamment de demandes et de faveurs», racontait-il dans une longue interview sur la religion donnée en 1985 au père dominicain Frei Betto. «A côté de ma mère, mes tantes et ma grand-mère étaient aussi croyantes», avouait Castro, qui a été baptisé à l’âge de 6 ans. Enfant, il a connu et célébré les fêtes chrétiennes de Noël – qu’il rayera du calendrier officiel à son arrivée au pouvoir – ou de l’Epiphanie, la fête des rois célébrée dans tout le monde hispanique. «Les vacances de Noël étaient des périodes heureuses. La Semaine Sainte était une autre occasion merveilleuse, parce que ça nous donnait une semaine de vacances», racontait-il. A 6 ans, Fidel entre au collège des frères de La Salle, où il apprend «systématiquement le catéchisme, les choses de la religion et l’histoire sainte», avant de passer chez les jésuites. Il respecte ses maîtres jésuites pour leur rigueur, leur discipline et leur esprit militaire, mais il les critique pour «leur idéologie de droite, franquiste et réactionnaire». Toujours dans la même interview, il avouait avoir été influencé par ses professeurs jésuites «surtout par le jésuite espagnol qui sait inculquer un grand sentiment de dignité personnelle, indépendamment de ses idées politiques». Le mot Christ a été «l’un des plus familiers, pratiquement depuis que j’ai eu l’âge de raison», disait-il il y a douze ans, alors que le Parti communiste cubain excluait de ses rangs tous les croyants et que la Constitution définissait comme «athée» l’Etat cubain, situation qui a changé au début des années 90. Malgré toute cette ambiance religieuse de l’enfance, Castro avouait aussi n’avoir jamais eu la foi religieuse. «Tous mes efforts, toute mon attention, toute ma vie ont été consacrés au développement de la foi politique», dit-il. Fidel Castro expliquait encore les différends de son gouvernement avec l’Eglise catholique par la divergence des intérêts entre la révolution naissante des années 60 et la hiérarchie catholique cubaine, qui passa, selon lui, à la «contre-révolution», dès la mise en place des premières grandes réformes. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le «lider maximo» Fidel Castro, qui recevra Jean-Paul II du 21 au 25 janvier, a été élevé dans une famille catholique et éduqué dans des collèges religieux avant de devenir l’un des plus ardents – aujourd’hui l’un des derniers – défenseurs du communisme. La maison de son enfance à Biran, dans l’est de Cuba, était remplie d’images pieuses de la Vierge de la Charité, patronne de l’île, de Saint Joseph, du Christ et de Saint Lazare. «Ma mère (Lina Ruz) était une croyante pleine de ferveur, elle priait tous les jours, elle mettait des cierges à la Vierge et aux saints et les harcelait constamment de demandes et de faveurs», racontait-il dans une longue interview sur la religion donnée en 1985 au père dominicain Frei Betto. «A côté de ma mère, mes tantes et ma grand-mère étaient aussi croyantes»,...