Tout est bon à prendre: statues, plaques commémoratives et reliefs. Pourvu que ce soit du bronze. Maintenant, les voleurs s’attaquent aussi aux câbles en cuivre des chemins de fer. C’est ainsi que la Hongrie perd tous les jours une partie de ses monuments. Prix de vente: quelques centaines de forints, soit l’équivalent de cinq à dix dollars. Les pertes, elles, sont autrement plus importantes. Les collectionneurs et ferrailleurs de Budapest ont découvert un nouveau filon: ils pillent les milliers de statues, plaques commémoratives et reliefs en bronze qui ornent la capitale hongroise. Leur lieu de prédilection est l’île Marguerite, sur le Danube au centre de Budapest, où une bonne dizaine de statues d’écrivains et de poètes hongrois ont été volées, ou carrément découpées afin d’être emportées. En fonction de leur poids, ces morceaux de statues se revendent quelques centaines à quelques milliers de forints (200 forints = 1 dollar). Les voleurs n’épargnent rien: si les statues sont trop bien fixées au sol, ils les dépècent. Ainsi, Attila Jozsef, poète des années 30, a perdu sa tête et l’auteur dramatique Imre Madach a été amputé dans un premier temps de ses mains, puis d’un bras, s’indigne Attila Zsigmond, directeur de la Galerie de Budapest, chargée de surveiller les monuments artistiques de la capitale. Une plaque commémorative en l’honneur de l’ancien premier ministre suédois, Olof Palme, tué en 1986, a été volée dans l’allée qui porte son nom, située en forêt de Budapest. Irremplaçables Inscriptions officielles, décorations en bronze de pierres tombales, décorations de grilles de cimetières, voire grilles elles-mêmes, portes de cryptes, tout y passe. Même les tuyaux de gouttières des monuments historiques ne sont pas épargnés. On a même vu disparaître des câbles en cuivre des chemins de fer hongrois (MAV), servant notamment à faire fonctionner les feux aux passages à niveau, ce qui a causé plusieurs accidents mortels. «Le bronze est ensuite coulé dans des fonderies clandestines», note M. Zsigmond, qui, en tant que députe du Parti du peuple hongrois démocratique (MDNP), a récemment demandé au Parlement d’intervenir pour faire cesser ces pillages. «Il est impossible que ni la police ni les ministères ne fassent rien dans cette affaire», ajoute-t-il en demandant un contrôle plus strict. «Comment est-il possible qu’à proximité d’un grand hôtel ou d’un axe très fréquenté, quelqu’un puisse scier une statue en bronze à la main ou avec une machine et que personne ne l’entende? s’emporte-t-il. «Comment est-il possible de voler à l’île Marguerite, qui est gardée, une statue qu’on ne peut transporter qu’avec une grue?» ajoute-t-il. Les dégâts matériels causés par ces vols représentent quelque 20 millions de forints (10.000 dollars), note M. Zsigmond, soulignant que cette somme ne représente pas la valeur réelle de ces œuvres, plusieurs statues étant irremplaçables car leurs moules originaux n’existent plus. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Tout est bon à prendre: statues, plaques commémoratives et reliefs. Pourvu que ce soit du bronze. Maintenant, les voleurs s’attaquent aussi aux câbles en cuivre des chemins de fer. C’est ainsi que la Hongrie perd tous les jours une partie de ses monuments. Prix de vente: quelques centaines de forints, soit l’équivalent de cinq à dix dollars. Les pertes, elles, sont autrement plus importantes. Les collectionneurs et ferrailleurs de Budapest ont découvert un nouveau filon: ils pillent les milliers de statues, plaques commémoratives et reliefs en bronze qui ornent la capitale hongroise. Leur lieu de prédilection est l’île Marguerite, sur le Danube au centre de Budapest, où une bonne dizaine de statues d’écrivains et de poètes hongrois ont été volées, ou carrément découpées afin d’être emportées. En fonction...