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Actualités - Chronologie

Damien Hirst, roi de l'esbroufe

Damien Hirst, le mauvais garçon de l’art contemporain anglais, s’est rendu célèbre en exposant des carcasses d’animaux conservées dans du formol. Son statut dans le monde artistique est aujourd’hui proche du mythe. Mais l’exposition «Sensation» de la Royal Academy consacrée à la jeune garde britannique, au cœur d’une vive controverse pour des raisons extérieures, devrait être l’épreuve de vérité de sa production. Autrement dit, l’art de Damien Hirst peut-il survivre aux provocations de Damien Hirst, roi de l’esbroufe? Si la diffusion de sa dernière œuvre — un livre en relief passant en revue ses productions — est un élément d’appréciation recevable, l’aura qui entoure l’artiste est peut-être en train de se dissiper. Mille exemplaires avaient été mis en vente sur les étagères de la Dillons Art Bookshop, dans le quartier londonien de Covent Garden. Seuls 320 ont été achetés tandis que la librairie d’art tablait sur 800 à 1.000 ventes. C’est là que Damien Hirst se prête à l’interview. Répondant souvent par monosyllabes à Reuter, il reste loin de sa réputation. «Quelle est la force motrice de votre travail? — Je ne sais pas. Qu’est-ce que vous voulez dire? — Ce qui vous inspire... — La vie. J’ai toujours fait des œuvres qui seraient comme la résultat d’un assemblage de choses. — Qu’est-ce qui vous a décidé à faire ce livre? — J’ai fait pas mal de pièces et j’aimais l’idée d’un livre. C’est une manière de regarder en arrière et de regarder vers l’avenir, plutôt que monter une exposition ou quelque chose dans le genre, rassembler toutes ces pièces dans une salle et, allez, entendre des «Oh, mon Dieu, c’est donc ça!» — N’avez-vous pas dit un jour que vous vouliez mettre un couple faisant l’amour dans du formel? — Oui, j’ai eu cette idée, mais je l’ai abandonnée. Non. Si je la réalisais, ce serait comme un modèle. Je ne me servirais pas de véritables personnes. Je crois que si des spectateurs regardaient des gens dans du formol, ils diraient que ce n’est pas réel. Ils n’y croiraient pas, alors que lorsqu’ils voient des animaux, c’est reparti pour ces «Oh, mon Dieu». Le point d’impact Hirst s’est vu décerner en 1995 le prix Turner, doté de 20.000 livres (32.000 dollars environ). Son livre, intitulé «I Want to Spend the Rest of My Life Everywhere, with Everyone, One to One, Always, Forever, Now» (traduction libre: «Je veux passer le reste de ma vie partout, avec tout le monde, en tête à tête, toujours, à jamais, tout de suite»), permet de décloisonner sa production artistique. Il est bien sûr connu pour ses animaux plongés dans le formol (un requin, un cochon coupé en deux, un agneau — dont le titre est: «Loin du troupeau» — ...). Mais son œuvre ne se limite pas à cela. En feuilletant les pages du livre, on découvre un diagramme expliquant comment se suicider. «Je hais la mort. Je la trouve grossière. J’aime la vie. Je crois cependant que le suicide est la meilleure façon de s’occuper de la vie», écrit Hirst. Quelques pages plus loin, la photographie d’un homme qui a mis fin à ses jours en se tirant une balle dans la tête. «Notez le point d’impact de la balle, sous le menton, avec ces bords noircis et les lacérations considérables du visage», commande la légende. Dans la librairie, certains disent ne rien comprendre à l’œuvre de Damien Hirst. Jay Jopling, le galeriste qui diffuse les pièces de l’artiste, grince quand il entend le mot «interprétation». «Pourquoi vous faut-il lire une signification dans une œuvre d’art?», répond-il. D’autres ont un avis tranché sur les questions que poserait Damien Hirst par le biais de ses œuvres. «On ne fait que jouer selon les règles qu’il nous impose, on nourrit sa machine à publicité, on nourrit le mythe. Mais il n’est pas à la hauteur de son baratin. Je crois que les gens se trompent en prenant ses silences d’ignorant pour de la sagesse», lâche Ari Elton, étudiant en art. (Reuters)
Damien Hirst, le mauvais garçon de l’art contemporain anglais, s’est rendu célèbre en exposant des carcasses d’animaux conservées dans du formol. Son statut dans le monde artistique est aujourd’hui proche du mythe. Mais l’exposition «Sensation» de la Royal Academy consacrée à la jeune garde britannique, au cœur d’une vive controverse pour des raisons extérieures, devrait être l’épreuve de vérité de sa production. Autrement dit, l’art de Damien Hirst peut-il survivre aux provocations de Damien Hirst, roi de l’esbroufe? Si la diffusion de sa dernière œuvre — un livre en relief passant en revue ses productions — est un élément d’appréciation recevable, l’aura qui entoure l’artiste est peut-être en train de se dissiper. Mille exemplaires avaient été mis en vente sur les étagères de la...