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Actualités - Chronologie

Le Japon presé de relancer son économie

Le gouvernement japonais est pressé de toutes parts de relancer la deuxième économie mondiale, les Etats-Unis et l’Europe estimant que là se trouve une clé pour mettre fin à la crise financière en Asie. Après les Etats-Unis, l’Union européenne a mis à son tour son poids dans la balance pour demander fermement au Japon de relancer sa demande intérieure et d’éviter une reprise économique qui serait tirée par les exportations. L’administration américaine soutient depuis plusieurs mois que la reprise économique au Japon est une condition essentielle pour restaurer le calme en Asie. C’est en substance ce qu’ont dit cette semaine le président de la Commission européenne, Jacques Santer, et son vice-président, Leon Brittan. Ce dernier l’a répété mardi lors d’une conférence de presse conjointe avec le premier ministre britannique Tony Blair. «La situation en Asie peut être améliorée grâce à des politiques macroéconomique appropriées», a-t-il dit, ajoutant que «certains observateurs ici et à l’étranger se demandent si (les mesures fiscales japonaises) sont suffisantes». L’opinion japonaise est elle-même majoritairement en faveur de l’adoption de mesures de stimulation de l’économie japonaise tandis que la popularité du premier ministre Ryutaro Hashimoto est tombée au plus bas depuis son arrivée à la tête du gouvernement il y a deux ans. Selon un sondage publié mardi par le quotidien économique Nihon Keizai Shimbun, 66% des Japonais demandent davantage de mesures de soutien pour faire redémarrer l’énorme machine économique japonaise. Ce sentiment est très largement partagé par les milieux patronaux japonais. Le ministre japonais des Finances, Hiroshi Mitsuzuka, l’a lui-même reconnu lundi à l’ouverture d’une session parlementaire, jugeant la reprise économique japonaise «vitale pour la stabilité des économies asiatiques». Des économistes à Tokyo sont plus nuancés. Ils expliquent qu’un retour à une croissance solide au Japon serait à n’en pas douter un point positif pour le reste de l’Asie mais que la crise asiatique est avant tout financière. «A l’évidence, une croissance économique de 2% cette année au Japon serait la bienvenue. Mais je ne crois pas que ce soit là l’élément déterminant», estime Richard Jerram, économiste chez Bankers Trust Ing Baring. «La vraie question est d’ordre financier. Ces pays en crise ont surtout besoin d’un accès au marché des capitaux et de rééchelonner leurs dettes», ajoute-t-il. «Le Japon est en Asie. Il doit assumer la responsabilité principale pour régler la crise», juge Susumu Kato, économiste chez Barclays de Zoette Wedd. «Pour cela, il nous faut d’abord mettre de l’ordre chez nous. Rétablir une économie saine au Japon sera un premier pas vers le retour de la confiance en Asie mais il faudra d’autres mesures dans ces pays», explique-t-il. Pour Gittler Marshall de SBC Warburg, sauf à rééchelonner les dettes des pays asiatiques, «il n’est pas sûr que le Japon puisse en réalité faire grand-chose à court terme pour le reste de l’Asie». Un redémarrage de la demande intérieure japonaise permettrait au Japon d’importer davantage, y compris de l’Asie, tandis que l’archipel exporterait moins, relèvent ces économistes. Ceci serait donc sur le moyen terme un ballon d’oxygène pour les exportations des pays asiatiques du fait de débouchés accrus au Japon qui représente pour eux l’un de leurs grands marchés. Le Japon est de loin le premier partenaire commercial de plusieurs pays de la région. En revanche, les exportations japonaises concurrencent peu celles du reste de l’Asie, à l’exception notable de la Corée du Sud pour des secteurs comme l’automobile et les semi-conducteurs. (AFP)
Le gouvernement japonais est pressé de toutes parts de relancer la deuxième économie mondiale, les Etats-Unis et l’Europe estimant que là se trouve une clé pour mettre fin à la crise financière en Asie. Après les Etats-Unis, l’Union européenne a mis à son tour son poids dans la balance pour demander fermement au Japon de relancer sa demande intérieure et d’éviter une reprise économique qui serait tirée par les exportations. L’administration américaine soutient depuis plusieurs mois que la reprise économique au Japon est une condition essentielle pour restaurer le calme en Asie. C’est en substance ce qu’ont dit cette semaine le président de la Commission européenne, Jacques Santer, et son vice-président, Leon Brittan. Ce dernier l’a répété mardi lors d’une conférence de presse conjointe avec le...