La Grande-Bretagne et l’Irlande, initiatrices du processus de paix en Ulster, ont révélé un nouveau plan de partage des pouvoirs dans la province et exhorté catholiques et protestants nord-irlandais à l’adopter comme fondement d’une paix future. Annoncé quelques heures après la reprise des pourparlers de paix multipartites, ce projet anglo-irlandais porte notamment sur la création d’une Assemblée nord-irlandaise, d’un conseil de liaison ministériel nord/sud en Irlande et d’un nouveau protocole d’accord entre Londres et Dublin. Londres et Dublin espèrent ainsi définir une formule d’autonomie qui satisfasse à la fois les catholiques, partisans de l’unification de l’Irlande, et les protestants, qui plaident pour le maintien de l’Ulster au sein du Royaume-Uni. Ce projet qui doit être discuté plus amplement mardi par les huit partis présents à la table des négociations, envisage aussi de modifier les termes de la revendication sur l’Irlande du Nord dans la constitution irlandaise. La législation britannique définissant l’administration de la province nord-irlandaise devrait aussi être révisée. La prudence reste de mise «C’est l’esquisse d’un possible accord», a déclaré le ministre irlandais des Affaires étrangères, David Andrews, lors d’une conférence de presse, après que le principal parti loyaliste l’UUP (Ulster Unionist Party) et le dirigeant du Parti social-démocrate travailliste (SDLP, catholique) eurent accueilli le projet avec circonspection. «Cette avancée offre une nouvelle base de discussion qui, les deux gouvernements l’espèrent, permettra de progresser», a pour sa part déclaré Mo Mowlan, secrétaire britannique chargée des Affaires nord-irlandaises. Tony Blair, qui est actuellement en visite au Japon a téléphoné à huit reprises ces dernières 24 heures à son homologue irlandais Bertie Ahern pour finaliser ces propositions communes et relancer ainsi un processus de paix mis à mal par un regain de violence en Ulster. Les pourparlers multipartites auxquels participent le Sinn Fein, branche politique de l’Ira, ont débuté en octobre dernier et n’ont depuis guère progressé. Or, Londres et Dublin attendent des résultats avant le mois de mai. L’assassinat de Billy Wright, chef de la Force des volontaires loyalistes (LVF), par des dissidents de l’Ira à la prison du Maze a mis le feu aux poudres. La LVF, organisation paramilitaire qui n’observe pas la trêve décrétée en octobre 1994 par les loyalistes, a depuis lors commis trois assassinats en représailles. Sa dernière victime en date est Terry Enwright, un catholique de 28 ans marié à la nièce de Gerry Adams, qui a été abattu dimanche devant une discothèque de Belfast. Le dirigeant du Parti unioniste progressiste (PUP), David Ervine, qui avait menacé de boycotter les pourparlers, a estimé lundi que l’initiative anglo-irlandaise pouvait relancer le processus. «Le moment est propice, peut-être grâce à l’intervention de Tony Blair durant le week-end, pour se concentrer sur les problèmes», a-t-il déclaré à son arrivée au château de Stormont, près de Belfast. De son côté, Michael McLaughlin, président du Sinn Fein, a déclaré qu’il était encore trop tôt pour se prononcer sur le projet, mais que les siens l’étudieraient attentivement. Le document anglo-irlandais propose notamment un nouvel «Accord britanno-irlandais» qui remplacerait l’accord anglo-irlandais de 1985 que les loyalistes ont toujours contesté, car il accorde selon eux à Dublin un droit de regard trop important sur l’administration quotidienne de la province. Le projet prévoit la création d’un «comité intergouvernemental» composé des représentants des deux gouvernements, de l’assemblée nord-irlandaise et des Parlements en voie de constitution en Ecosse et au Pays de Galles. (Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Grande-Bretagne et l’Irlande, initiatrices du processus de paix en Ulster, ont révélé un nouveau plan de partage des pouvoirs dans la province et exhorté catholiques et protestants nord-irlandais à l’adopter comme fondement d’une paix future. Annoncé quelques heures après la reprise des pourparlers de paix multipartites, ce projet anglo-irlandais porte notamment sur la création d’une Assemblée nord-irlandaise, d’un conseil de liaison ministériel nord/sud en Irlande et d’un nouveau protocole d’accord entre Londres et Dublin. Londres et Dublin espèrent ainsi définir une formule d’autonomie qui satisfasse à la fois les catholiques, partisans de l’unification de l’Irlande, et les protestants, qui plaident pour le maintien de l’Ulster au sein du Royaume-Uni. Ce projet qui doit être discuté plus...