Soumis à une pression internationale croissante, le président Suharto s’est engagé lundi aux réformes économiques profondes exigées par le Fonds monétaire international en contrepartie d’une aide exceptionnelle de 43 milliards de dollars. Le chef de l’Etat indonésien a reçu une heure et demie durant le premier directeur adjoint du FMI, Stanley Fischer, Ce dernier s’est dit ravi de cet entretien qui, selon lui, a permis de «tomber d’accord sur la manière de procéder». Suharto a également rassuré au téléphone le premier ministre japonais Ryutaro Hashimoto et le chancelier allemand Helmut Kohl sur le respect des engagements pris auprès du FMI et devait faire de même mardi avec le secrétaire adjoint américain au Trésor Lawrence Summers, que lui a dépêché lundi Bill Clinton. Le déplacement de l’émissaire américain illustre l’inquiétude que suscite dans le monde la pire crise économique qu’ait connue l’Indonésie depuis plusieurs dizaines d’années dans le contexte actuel de tourmente sur les marchés asiatiques. Celle-ci commence à contaminer l’ensemble de la planète puisque, outre les marchés d’Asie, notamment celui de Hong Kong, ceux de Moscou et d’Istanbul, entre autres, commencent à piquer du nez. Paradoxalement, seuls ceux de Séoul et Djakarta se distinguaient lundi en hausse — ce qui peut s’expliquer par les soins dont la Corée du Sud et l’Indonésie font l’objet de la part de la communauté internationale. La crise indonésienne a mis politiquement Suharto sur la sellette. Deux des principaux dirigeants musulmans indonésiens l’ont invité à s’effacer devant quelqu’un mieux à même, selon eux, de régler la crise économique indonésienne. «Il devrait être parti depuis longtemps», a estimé Abdurrahman Wahid, chef du Nahadlatul Ulama, qui compte 40 millions de sympathisants. «Il est temps que Suharto s’efface car c’est une condition préalable pour surmonter la crise multidimensionnelle actuelle», a surenchéri Amien Rais, chef du Muhammadiyah, qui représentent 20 autres millions de personnes. Pas de moratoire sur la dette Les deux leaders sont favorables à l’accession au pouvoir de l’opposante Megawati Sukarnoputri, fille de Sukarno, que Suharto, alors général, avait chassé du pouvoir en 1966, et qui s’est dit prête à assumer le pouvoir. Sukarnoputri, qui impute à Suharto la responsabilité de la crise, a invité le président indonésien à ne pas briguer un nouveau quinquennat en mars, à l’expiration de son sixième mandat. L’Assemblée consultative populaire (MPR), qui élit le président, compte 575 membres désignés par Suharto, que l’opposition accuse de répugner à s’opposer au plan du FMI pour sauvegarder sa mainmise personnelle sur l’économie du pays. Stantley Fisher a cependant déclaré que le chef de l’Etat avait «très clairement» exprimé sa «détermination» à respecter le programme du FMI. «Il n’y a eu aucune ambiguïté dans tout ce qu’il a dit». Le représentant du FMI dit «s’attendre que, dans les prochains jours, le gouvernement d’Indonésie montrera de manière forte son engagement à prendre une série de mesures qui devraient rétablir la confiance dans l’économie». Il n’en a pas dit plus, mais le ministre indonésien des Finances, Mar’ie, a déclaré qu’une annonce serait faite jeudi à propos des pourparlers entre son pays et le FMI. Ces propos et le sentiment prévalant que Suharto écoute enfin les Conseils internationaux ont contribué à la hausse de 2,12% de la Bourse de Djakarta. Le gouverneur de la Banque centrale indonésienne, Sudradjad Djiwando, a exclu lundi tout moratoire sur l’ensemble des dettes publiques et privées indonésiennes. Lors de sa conversation téléphonique avec Hashimoto, Suharto a d’ailleurs confirmé que son pays honorerait ses engagements financiers internationaux. La chute de la roupie indonésienne avait été grandement suscitée par la crainte des marchés des changes que le pays ne soit pas en mesure de faire face à cette dette globale massive de 133 milliards de dollars. (Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Soumis à une pression internationale croissante, le président Suharto s’est engagé lundi aux réformes économiques profondes exigées par le Fonds monétaire international en contrepartie d’une aide exceptionnelle de 43 milliards de dollars. Le chef de l’Etat indonésien a reçu une heure et demie durant le premier directeur adjoint du FMI, Stanley Fischer, Ce dernier s’est dit ravi de cet entretien qui, selon lui, a permis de «tomber d’accord sur la manière de procéder». Suharto a également rassuré au téléphone le premier ministre japonais Ryutaro Hashimoto et le chancelier allemand Helmut Kohl sur le respect des engagements pris auprès du FMI et devait faire de même mardi avec le secrétaire adjoint américain au Trésor Lawrence Summers, que lui a dépêché lundi Bill Clinton. Le déplacement de...