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Actualités - Chronologie

Les Etats-Unis contraints au rôle de spectateurs réticents

Les Etats-Unis seront contraints au rôle de spectateurs réticents lors de la visite historique, à partir du 21 janvier, du pape Jean-Paul II à Cuba, île ennemie à une centaine de kilomètres à peine de leur territoire. Malgré la succession de neuf présidents américains à la Maison-Blanche depuis l’arrivée au pouvoir de Fidel Castro et la fin de la guerre froide, le dialogue entre les Etats-Unis et la petite île voisine n’a pas progressé d’un iota, sous la pression intransigeante notamment du lobby anticastriste de la communauté cubaine en exil. La politique américaine envers l’île reste déterminée par une volonté d’isolement symbolisée par l’application de l’embargo unilatéral décrété contre l’île il y a plus de 35 ans et renforcé il y a près de deux ans par la loi Helms-Burton, décriée par la communauté internationale. Forcé à la passivité par la visite à Cuba du pape, Washington s’est contenté jusqu’à présent de quelques vagues déclarations générales. «Le Saint Père apportera un message d’espoir au peuple cubain et un message de respect pour les droits de l’homme. Nous espérons qu’après que ce message lui aura été adressé, le gouvernement cubain écoutera» a ainsi déclaré cette semaine avec circonspection le porte-parole du département d’Etat. Les Etats-Unis ne pourront pas toutefois ignorer l’ampleur de l’événement que représente, à leur porte, la visite du pape dans le dernier bastion communiste du continent américain, d’autant plus qu’il sera répercuté à grande échelle par les médias américains. Les principales chaînes de télévision américaines et leurs présentateurs vedettes ont prévu de couvrir l’événement et plus d’un millier de journalistes américains sont attendus à Cuba. Le premier voyage à Cuba du chef de l’Eglise catholique après 16 visites en Amérique latine ne peut que conférer, estiment les analystes, une légitimité à Fidel Castro, affublé d’épithètes peu amènes par le secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright qui l’a qualifié de «dinosaure» et de «honte du continent». «Je n’ai encore rien vu qui m’indique que la Maison-Blanche ait accordé une considération sérieuse et réfléchie à ce grand événement dont nous allons être témoins», indique pour sa part Tad Szulc, écrivain auteur de biographies qui font autorité sur Fidel Castro et Jean-Paul II. «Mais qu’elle le veuille ou non, l’attention de centaines de millions de personnes dans le monde sera fixée sur ces deux leaders charismatiques et c’est un fait politique que les Etats-Unis ne peuvent tout simplement pas ignorer» dit-il. Les Etats-Unis ont accepté toutefois de faire quelques concessions, en autorisant une dizaine de vols charters pour les pèlerins américains, essentiellement d’origine cubaine, désireux de se rendre à Cuba à partir de grandes villes américaines, ainsi que la sortie de bateaux transportant du matériel technique. Si ces gestes n’augurent pas nécessairement d’un réchauffement immédiat dans les relations entre les deux pays, certains responsables américains notent avec intérêt que Fidel Castro «dit des choses qu’il n’a jamais dites auparavant» et a accordé des concessions inédites comme la célébration de Noël pour la première fois depuis 1968. Le président Bill Clinton a récemment laissé échapper quelques commentaires en contradiction avec la ligne dure de l’embargo, suggérant notamment lors d’une interview à NBC en novembre qu’il serait favorable à une «ouverture» à l’égard de Fidel Castro s’il recevait de sa part des signes encourageants dans le sens d’une évolution démocratique. (AFP)
Les Etats-Unis seront contraints au rôle de spectateurs réticents lors de la visite historique, à partir du 21 janvier, du pape Jean-Paul II à Cuba, île ennemie à une centaine de kilomètres à peine de leur territoire. Malgré la succession de neuf présidents américains à la Maison-Blanche depuis l’arrivée au pouvoir de Fidel Castro et la fin de la guerre froide, le dialogue entre les Etats-Unis et la petite île voisine n’a pas progressé d’un iota, sous la pression intransigeante notamment du lobby anticastriste de la communauté cubaine en exil. La politique américaine envers l’île reste déterminée par une volonté d’isolement symbolisée par l’application de l’embargo unilatéral décrété contre l’île il y a plus de 35 ans et renforcé il y a près de deux ans par la loi Helms-Burton, décriée par...