Le président Jacques Chirac a souhaité hier l’interdiction au niveau international du clonage et des manipulations génétiques de l’espèce humaine afin d’empêcher des «dérives inquiétantes». «De la maîtrise du feu à la découverte de l’atome, nos savoirs n’ont cessé de démontrer leur ambivalence (…) Au-delà des législations nationales, c’est au niveau international que nous avions besoin de poser des principes rigoureux», a-t-il déclaré. Le chef de l’Etat s’exprimait à l’occasion de l’ouverture de la conférence internationale des Comités nationaux d’éthique du Conseil de l’Europe. «On ne résoudra rien en interdisant certaines pratiques dans un pays si les chercheurs et les médecins peuvent les développer ailleurs. C’est bien au niveau international qu’il fallait interdire le clonage et les manipulations génétiques susceptibles d’altérer les caractères de l’espèce humaine», a-t-il dit. Evoquant le professeur américain Richard Seed qui a annoncé son intention de créer une clinique pour cloner des bébés, Jacques Chirac a estimé qu’«au-delà de l’Europe, il fallait sans doute préparer un consensus international, tant il est vrai que limiter l’encadrement éthique à une seule partie du monde ne saurait (…) prémunir l’humanité des dérives toujours possibles». Dans la perspective du réexamen, en 1999, des lois de bioéthique en France, il a souhaité que cette échéance «soit dès maintenant préparée et que les travaux nécessaires soient lancés». Il a aussi souhaité que la convention du Conseil de l’Europe sur les droits de l’homme et la biomédecine soit «bientôt ratifiée par la France qui signera aujourd’hui même le protocole additionnel sur le clonage». Maîtrise médicalisée Le chef de l’Etat a également soulevé «une autre préoccupation» en matière de médecine et de santé: orienter les «choix en fonction de l’évolution des besoins» et «veiller à l’efficacité de nos systèmes de soins» afin de prendre «en compte les progrès de la recherche au plan mondial et plus largement d’assurer l’accès de tous à la santé et au progrès médical». Il s’agit d’«orienter plus nettement le progrès médical vers une meilleure qualité et une plus grande dignité de vie et vers une autonomie accrue des personnes aux derniers âges de leur existence». Il faut aussi, a souligné Jacques Chirac, «assurer l’égal accès de tous aux progrès médicaux et aux techniques de soins les plus performantes». Il a appelé à cet effet à «une véritable prise de responsabilités civiques et éthiques» afin d’arriver à «une maîtrise médicalisée des dépenses de santé». «C’est tout le sens de la réforme engagée en France voici deux ans. L’optimisation des systèmes de santé constitue en effet la première garantie d’une diffusion rapide des avancées de la médecine», a-t-il dit évoquant la réforme de la Sécurité sociale du gouvernement d’Alain Juppé. Le chef de l’Etat a aussi souhaité que des «choix clairvoyants» soient assumés dans «la mise à disposition de nouvelles techniques et de nouveaux médicaments». «Toute nouveauté n’est pas bonne à prendre (…) s’il est démontré que des traitements plus anciens, moins coûteux et de même effet suffisent». Il a en revanche souligné que «de nouvelles thérapies reconnues comme efficaces, alors qu’aucun traitement n’existe, devront être utilisées immédiatement, fut-ce à un coût élevé», comme par exemple les multithérapies pour le sida. (Reuters)
Le président Jacques Chirac a souhaité hier l’interdiction au niveau international du clonage et des manipulations génétiques de l’espèce humaine afin d’empêcher des «dérives inquiétantes». «De la maîtrise du feu à la découverte de l’atome, nos savoirs n’ont cessé de démontrer leur ambivalence (…) Au-delà des législations nationales, c’est au niveau international que nous avions besoin de poser des principes rigoureux», a-t-il déclaré. Le chef de l’Etat s’exprimait à l’occasion de l’ouverture de la conférence internationale des Comités nationaux d’éthique du Conseil de l’Europe. «On ne résoudra rien en interdisant certaines pratiques dans un pays si les chercheurs et les médecins peuvent les développer ailleurs. C’est bien au niveau international qu’il fallait interdire le...
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