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Actualités - Chronologie

Pour la Turquie, l'Allemagne a perdu son ancien statut d'ami

Considérée comme une alliée sûre depuis l’époque du Kaiser, l’Allemagne, aux yeux de la Turquie, n’est plus l’amie à laquelle on peut faire confiance pour accéder à l’Europe. Aujourd’hui au contraire, la Turquie voit l’Allemagne comme sa bête noire, qui lui barre la route à chaque occasion. «Un nouveau complot allemand», tempêtait hier la manchette du quotidien «Turkiye». Le journal a accusé Bonn de s’être rangé aux côtés des rebelles kurdes dans leur tentative de faire inscrire de force la question kurde à l’ordre du jour international, après le récent exode d’émigrants vers l’Italie. «Turkiye» a affirmé que les responsables allemands avaient appelé à l’organisation d’une conférence internationale sur le problème kurde, lors d’une réunion sur la crise des émigrants, à Bruxelles cette semaine. L’armée turque combat le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatiste) depuis 1984, un conflit qui a fait au moins 28.000 morts. Le gouvernement allemand a démenti l’information de «Turkiye». Mais cette accusation survient alors que les Turcs sont déjà désabusés à propos de l’Allemagne. Après que l’Union européenne eut refusé le mois dernier d’inclure la Turquie sur la liste des candidats à l’adhésion, le ressentiment turc s’est surtout dirigé vers Bonn. Mais les responsables allemands assurent être toujours au côté d’Ankara. «Cette déception passera», a déclaré hier le porte-parole du ministre allemand des Affaires étrangères Klaus Kinkel, Martin Erdmann. «Plus de deux millions de Turcs en Allemagne et deux millions de touristes allemands en Turquie chaque année forment un pont qui est bien plus solide». Alliés de l’Allemagne lors de la Première Guerre mondiale dès avant l’avènement de la République, les Turcs ont longtemps considéré qu’ils avaient une relation spéciale avec l’Allemagne. Mais la colère causée par le refus de l’UE d’accepter la candidature de la Turquie à rejoindre le club des riches pays d’Europe de l’Ouest a suscité des accusations amères contre Bonn. L’opinion publique turque s’est scandalisée l’année dernière d’informations selon lesquelles le chancelier allemand Helmut Kohl et d’autres personnalités conservatrices européennes étaient peu désireux de voir la Turquie rejoindre l’UE. Peu après, M. Kinkel avait failli annuler une visite à Ankara, en réaction à des propos du premier ministre turc de l’époque, l’islamiste Necmettin Erbakan, selon lesquels les Européens devraient courber la tête de honte pour leur attitude vis-à-vis de la Turquie. Après le sommet de Luxembourg en décembre, le premier ministre Mesut Yilmaz avait accusé M. Kohl de vouloir que l’UE soit «un club de chrétiens». (AFP)
Considérée comme une alliée sûre depuis l’époque du Kaiser, l’Allemagne, aux yeux de la Turquie, n’est plus l’amie à laquelle on peut faire confiance pour accéder à l’Europe. Aujourd’hui au contraire, la Turquie voit l’Allemagne comme sa bête noire, qui lui barre la route à chaque occasion. «Un nouveau complot allemand», tempêtait hier la manchette du quotidien «Turkiye». Le journal a accusé Bonn de s’être rangé aux côtés des rebelles kurdes dans leur tentative de faire inscrire de force la question kurde à l’ordre du jour international, après le récent exode d’émigrants vers l’Italie. «Turkiye» a affirmé que les responsables allemands avaient appelé à l’organisation d’une conférence internationale sur le problème kurde, lors d’une réunion sur la crise des émigrants, à...