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Actualités - Chronologie

Conséquence de la crise : le spectre du chômage

La crise économique qui frappe l’Asie orientale aura pour effet de mettre des millions de personnes au chômage, estimaient jeudi experts et dirigeants politiques de la région. La Thaïlande, la première chronologiquement touchée par la crise financière, fait déjà l’expérience d’un taux de chômage élevé, et son gouvernement s’attend à un million de chômeurs supplémentaires en 1998. Selon le ministère du travail, 1,8 million de thaïlandais étaient au chômage à la fin de 1997, et ce chiffre pourrait atteindre 2,8 millions en 1998, soit 5,6% de la main-d’œuvre active du pays, selon une projection de la bank of Thaïland. L’Indonésie, en pleine débâcle économique après quatre mois de tempêtes financières, est frappée par des licenciements massifs. Son gouvernement estimait la semaine dernière à près de deux millions le nombre de personnes ayant perdu leur emploi à cause de la crise, l’agence officielle ANTARA chiffrant pour sa part à 1,1 million le nombre de personnes arrivant sur le marché du travail en 1998 et risquant de grossir les rangs des sans-emploi. Dans la seule industrie textile, 500.000 personnes ont déjà été mises à pied depuis le début de la crise par des sociétés qui ont de plus en plus de mal à payer leurs employés, même au salaire minimum. Le ministère du travail a prédit 6 millions de chômeurs pour 1998, les syndicats officiels avancent quant à eux un taux de chômage national de 11% de la population active, estimée à plus de 90 millions de personnes. En Chine, 11 millions de personnes devraient, selon des prévisions officielles, perdre leur emploi en 1998, du fait de la réforme des entreprises d’état, déficitaires dans leur grande majorité; et Pékin a reconnu jeudi pour la première fois que la crise régionale allait affecter ses exportations. En Malaisie, le vice-ministre de l’Intérieur Tajol Rosli Ghazali a estimé à un million le nombre de personnes menacées par le chômage, et déclaré que les travailleurs immigrés devraient en supporter les conséquences, notamment en cédant leurs emplois à des malaisiens. La Corée du Sud est actuellement frappée par une vague de faillites et de licenciements, et les syndicats ont menacé de lancer un mot d’ordre de grève générale si le gouvernement ne renonçait pas à promulguer une loi facilitant les licenciements massifs. Séoul prévoit pour 1998 un taux de chômage de 5%, affectant 1,5 million de personnes, ce qui constitue un risque de crise socio-politique grave. Au Vietnam, selon des statistiques officielles, des milliers de personnes ont été mises à pied à Ho Chi Minh-ville au dernier trimestre 1997, les sociétés sud-coréennes, hongkongaises, taiwanaises et thaïlandaises qui s’y sont établies ayant subi les contrecoups de la crise économique régionale. Aux Philippines, le président Fidel Ramos a exhorté la main-d’œuvre Philippine expatriée en Asie à chercher un travail dans d’autres régions du monde, au cas où la crise se poursuivrait. Plus de 4 millions de philippins travaillent à l’étranger, principalement en Asie orientale et au Moyen-Orient. Même Singapour, qui apparaît relativement épargné par la crise, s’attend à une augmentation du chômage, estimé à seulement 1,3% en septembre 1997. La crise asiatique affectera l’Australie par le biais du tourisme, un secteur dans lequel Canberra s’attend à un manque à gagner d’environ un milliards de dollars et à une perte de 24.000 emplois. A Hong Kong, le secteur financier, atteint par la chute de la bourse, devrait réagir par des réductions salariales et des licenciements, ceux-ci pouvant atteindre 20% des effectifs en 1998, et, selon les experts, le pire est à venir, un nombre croissant de sociétés s’apprêtant à déposer leur bilan. Le territoire enregistrait l’an dernier un taux de chômage de 2,4%. Seule exception à la tendance générale, Taiwan, dont le taux de chômage devrait se maintenir à 2,7% cette année, selon des estimations officielles. (AFP)
La crise économique qui frappe l’Asie orientale aura pour effet de mettre des millions de personnes au chômage, estimaient jeudi experts et dirigeants politiques de la région. La Thaïlande, la première chronologiquement touchée par la crise financière, fait déjà l’expérience d’un taux de chômage élevé, et son gouvernement s’attend à un million de chômeurs supplémentaires en 1998. Selon le ministère du travail, 1,8 million de thaïlandais étaient au chômage à la fin de 1997, et ce chiffre pourrait atteindre 2,8 millions en 1998, soit 5,6% de la main-d’œuvre active du pays, selon une projection de la bank of Thaïland. L’Indonésie, en pleine débâcle économique après quatre mois de tempêtes financières, est frappée par des licenciements massifs. Son gouvernement estimait la semaine dernière à près...